REMARQUES DIVERSES
Reynolds a dit : « Le peintre qui consulte souvent la natun renouvelle ses forces ; il n’oubliera pas facilement les règles d< l’art, qui sont simples et en petit nombre; la nature est line, subtil»
PRINCIPES GENERAUX
et infiniment variée; il n’est pas ail pouvoir de la mémoire de conserver tout ce qu’elle présente ; il est par conséquent nécessaire d’avoir sans cesse recours à elle; il n’y aura pas de fin à l’instruction de l’artiste et, plus sa vie sera longue, plus il approchera de la véritable et parfaite idée de l’art. »
Bien peindre, a dit Fromentin, c’est bien dessiner ou bien colorer, et la façon dont la main agit n’est plus que l’énoncé définitif des intentions du dessinateur ou du peintre. Si l’on examine les exécutants sûrs d’eux-mêmes, on verra combien la main est obéissante, prompte à bien dire sous la dictée de l’esprit.
Le peintre d’aquarelle, pendant ses premières années d’études, doit être sincère devant la nature, naïf, et peindre surtout simplement : cette naïveté et cette sincérité, en effet, conduisent à la connaissance intime de la nature. Que cette science alors lui serve, non plus à copier naïvement, mais à interpréter savamment, tout en paraissant naïf.
« Le grand art, disait Harding, est de dissimuler l’art », c’est-àdire de dissimuler la science employée à vaincre la difficulté.
Trop de sincérité n’est pas l'art. L’art, c’est l’exaltation de la vérité et du mensonge ; l’un, habilement combiné avec l’autre, fait les harmonies vibrantes qui charment l’œil.
Etre vrai dans les notes brillantes et inexplicable dans les notes sombres : voilà l’art.
PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE L’ART
Le procédé doit paraître avoir été ignoré par le peintre, dont la vraie science est de faire valoir les beautés de la nature en négligeant les parties insignifiantes, pour avoir un tout intéressant.
Raphaël Mengs s’exprime ainsi sur le même sujet : « Les ouvrages de l’art qu’on appelle en général de bon goût sont ceux où les objets principaux sont bien exprimés ou ceux qui sont exécutés d’une manière facile, de sorte que le travail s’y trouve caché; ces deux genres plaisent également, parce qu'ils nous donnent une haute idée de l’artiste qui les a faits. Ou croit qu’il n’a rien ignoré en faisant le choix des objets principaux ou qu’il a su beaucoup en travaillant ses ouvrages avec tant de facilité. >'
Léonard de Vinci a dit : « Un peintre ne doit jamais s’attacher servilement à la manière d’un autre peintre, parce qu'il ne doit pas représenter les ouvrages des hommes, mais ceux de la nature, laquelle est d’ailleurs si abondante et si féconde en ses productions qu’on doit plutôt recourir à elle-même qu'aux peintres, qui ne sont que ses disciples et qui donnent toujours des idées de la nature moins belles, moins vives et moins variées que celles qu'elle en donne elle-même, quand elle se présente à nos yeux. »
Cependant, ainsi que le dit Dufresnoy, « ce n’est pas assez que d’imiter de point en point et d’une manière servile toute sorte de nature; il faut que le peintre en prenne ce qui est le plus beau, comme l’arbitre souverain de son art, et (jue, par le progrès qu’il y aura faits, il en sache réparer les défauts et n’en laisse point échapper les beautés fuyantes et passagères. »
Le figure 77 résume ce que nous avons dit sur le clair-obscur, l’effet, la lumière, l’harmonie, etc.