LE CHOIX DES PINCEAUX
Tüpffer a dit : « Voyez ces pinceaux à la mine roturière, qui ont un air lourd et ventru, comme un grossier ourson, et qui à l'usage sont généralement fins, moelleux, suaves et du meilleur ton. Vous
LE MATÉRIEL
rencontrerez de même dos pinceaux faits de fine martre, élégants, bien pris, bien peignés, qui à l’usage sont bêtes, lourds, sans intelligence et grossiers comme des balais. »
TôpITer a raison : le pinceau le plus élégant n’est pas toujours le
Fig. 12. Fig. 13. Fig. 14. Fig. 13.
meilleur, et le pinceau en fine martre n’est pas toujours celui qui offre les qualités les plus désirables.
Le hasard est pour beaucoup dans le choix d'un pinceau; tel pinceau, qui est lourd et grossier au début, devient fin et élégant à l’usage; ses poils se resserrent, s’affermissent et se lient au travail que l’on exécute; tel autre, qui paraît d’une forme irréprochable,
LES PINCEAUX
devient lourd et pâteux; pourtant l’œil exercé, aidé de l’expérience, peut discerner le lion d’avec le mauvais: c’est ce que nous allons nous efforcer de faire comprendre.
Quand vous choisissez des pinceaux, ne permettez jamais qu’on les trempe dans l’eau sous prétexte de vous aider dans votre choix ; car, seraient-ils mauvais, une fois imbibés, ils feraient tout de suite parfaitement la pointe, et il vous serait alors impossible de les apprécier.
Prenant le pinceau bien sec, passez plusieurs fois et vivement le doigt sur la pointe : s’il résiste au doigt et qu’il conserve une forme relativement pointue, comme celle du n° 1 (fig. 12), il est réellement bon. Si, au contraire, sa forme devient irrégulière et que sa pointe s’étale et s’élargisse en prenant des directions différentes, commelen°2 (fig. 13),laissez-le : il est mauvais. Si, enfin, après avoir passé le doigt dessus, il s’incline à droite ou à gauche, comme le n° 3 (fig. 14), il est d’un usage tout à fait impossible; nous disons tout à fait , car le n° 2, que nous signalons comme mauvais, pourrait s’améliorer avec le temps; ses poils, qui s’ébouriffent en ce moment, finiraient peut-être par se serrer; mais, nous le répétons, le pinceau qui se courbe sous le doigt est tout à fait mauvais.