‹ Traité d'aquarelleChapitre 127 sur 215 · LES CIELS ORAGEUX · texte numérisé non relu

LES CIELS ORAGEUX

Les ciels orageux, ces grands drames de la voûte céleste, nous impressionnent beaucoup ût, qu'on nous permette de le dire, nous sont particulièrement sympathiques. Ces effets, que Rembrandt a traduits avec tant de force et dont il est resté le maître, ont en nous un admirateur passionné, et nous ressentons une émotion plus vive devant un Hobbema ou unRuysdael que devant un Claude Lorrain; non pas que nous n’admirions ce dernier, mais notre tempérament nous pousse de préférence vers les scènes fantastiques et puissantes ; elles excitent plus notre enthousiasme que les paysages ensoleillés et calmes.

L’aquarelle, comme nous l’avons déjà dit, est d’une exécution plus rapide que l’huile; mais il ne faut pas s’exagérer les moyens qu’elle met à notre disposition. Quelque habile qu’on soit, quelque effort de volonté que l’on fasse, l’élude de la forme exacte d’un ciel orageux est impossible; on peut saisir la scène principale, les rapports de lumière, bien diviser ses groupes et ses distances (fig. 80 et 127 ; mais comment reproduire les formes ravissantes qu’offrent à certains jours orageux les ciels d’été? Tout ce qu’on peut faire, c’est de s’efforcer d’en approcher aussi près que possible et de s’estimer heureux, si l’on arrive à l’à peu près.

COUP D’OEIL suri LA NATURE.

Page 1