LA FERME
Dessin à la plume complété par un léger lavis d’encre de Chine (fig. 84).
L’aquarelliste appelle souvent à son secours le travail de la plume, qu'il complète par un léger lavis d’encre de Chine, d’encre ordinaire ou même de sépia. La plume, en écrivant rigoureusement la forme des détails, donne plus rapidement à l’ensemble l’aspect d’un croquis terminé; si maintenant on enveloppe ce croquis linéaire d’un ton local quelconque, toujours en observant strictement les plans et les valeurs, il faut bien reconnaître que ce lavis peut devenir pour l’aquarelliste et même pour le peintre un excellent et précieux renseignement.
La figure 84 présente dans cette donnée un dessin type mis à l’effet par l’encre de Chine. On remarquera d’abord l’unité de composition. Les nuages s’accordent avec l’ensemble par les oppositions et par la direction générale. La première partie du ciel est colorée; la seconde partie présente un nuage demi-teinté qui détache la coloration du coteau et le fait par conséquent s’enlever en valeur sur le ciel. La ferme se dessine en demi-ton sur le fond. Le terrain formant le premier plan est meublé par un chemin dont les sillons profonds indiquent le passage de lourdes voilures dans une terre molle et argileuse. La note brillante claire est sur le mur blanc et fuyant de la ferme et la note colorée est donnée par le dessous du pont. L’ombre portée par le bord du toit sur la partie éclairée de la ferme indique que cet effet est pris de deux à trois heures.