‹ Traité d'aquarelleChapitre 137 sur 215 · LA SÉPIA · texte numérisé non relu

LA SÉPIA

(Voir f]g. 85, 86, 122, 126, 129 et 131.)

La sépia, genre charmant, très cultivé par les anciens, s’exécute comme l’aquarelle proprement dite, mais avec une seule couleur, la sépia, qui donne son nom au genre. La sépia est, par cette raison, le meilleur genre à étudier pour le débutant, qui n’a poiut alors à se préoccuper du mélange de différentes couleurs, mais simplement de l’emploi de l’eau en plus ou moins grande quantité, selon les teintes qu’il veut obtenir. De cette manière, il apprendra vile l’art du lavis et l'emploi des teintes selon les valeurs. Comme il devra faire un certain nombre de sépias avant de passer à l’aquarelle, s’il n’avait pas de modèle de ce genre, il pourrait prendre un dessin bien mis à l’effet et exécuter une sépia d’après ce dessin. Enfin, à défaut de la couleur appelée sépia, il pourrait faire un lavis dans des conditions de travail tout à fait identiques avec du noir d’ivoire. Ce serait surtout le cas, s’il copiait un dessin; carie noir d’ivoire en rendrait parfaitement les tons dans leurs divers accents et leurs dégradations.

Il y a deux espèces de sépias : la sépia naturelle, qui est d’un beau ton brun noir, et la sépia colorée, qui n’est autre que la sépia naturelle mise au feu, ce qui en change le ton en un ton plus rouge et plus chaud, fort beau également, mais moins fin que celui de la sépia naturelle.

Pour la sépia, comme pour l’aquarelle, un bon dessin est indispensable. Le papier à employer est le même.

Dans l’exécution, il faut, surtout au début, procéder par l’ombre, méthode qui offre, particulièrement pour ce genre, une réussite presque certaine.

COUP D'OEIL SUR LA NATURE

LE soin

Sépia naturelle (fig. 85).

Cette sépia, dont l'effet représente une fin de jour, offre dans son ensemble quatre notes essentiellement différentes : 1° le ciel, d’un ton clair; 2° le fond en demi-ton clair et vaporeux, noyé dans la lumière du ciel ; 3° le village avec sa coloration forte ; 4° les terrains, : if dont le demi-ton coloré sert à faire valoir les autres plans.

Exécution par le ton local.

Commencer parle ciel. Le ciel fait, il reste la partie terrestre. B Si habile que l’on soit, le difficile, dans l’exécution par le ton local, < c’est de ne pas perdre son dessin sous la teinte, afin de pouvoir bien • placer les tons et les modeler à leur place. Voici ce qu’il est très fl utile de faire : placer çà et là quelques masses, quelques points, ! croisées ou cheminées, qui seront pour l’enveloppe générale des! points de repère destinés à guider le peintre.

Pour l’exécution, commencer par le village du fond, puis, pas- j saut au village du second plan, prendre la teinte la plus claire et >( envelopper le village complètement d’un ton qui ne soit pas trop ! mouillé; essuyant ensuite le pinceau sur le bord du verre, prendroH de la couleur plus ou moins forte et, toujours en la délayant sur la j palette, en envelopper bien également le pinceau et glisser des » teintes sur l’église, sur les chaumières; enfin, modeler le village le 1 plus possible; peut-être ce modelé ne sera-t-il pas complet du pre- 1 mier coup; mais, en continuant l’exécution, on trouvera l’occasion À d’y revenir. Avant que la teinte du village soit complètement i sèche, placer la teinte du terrain en l’unissant à celle du village et le modeler. Laisser sécher le tout, faire une teinte légère et la repasser sur le premier et sur le second plan, en profitant de l’humi- ll dité de cette teinte pour compléter le modelé du village et du terrain. La sépia étant sèche de nouveau, placer les détails sail- I lants et les fermetés. Remarquer que la note vibrante claire est dans ■ le ciel et la note sombre sur les chaumières.

ff

-:Vfaün

Fi.sr. R6.

LA SEPIA.

Page 1