LE MATES
Aquarelle par le ton local (fig. 133 et 134).
PREMIÈRE PRÉPARATION (fig. 133).
Après avoir fait un bon dessin, effacer légèrement et faire le ciel, en posant d'abord les légers nuages gris bleutés; glisser ensuite dans cette partie humide les bleus du fond du ciel.
Le ciel une fois sec, passer une large teinte grise assez mouillée sur l’église et les chaumières et modeler dans l'humidité en glissant les demi-tons, les teintes foncées et les teintes vertes du fond.
Après avoir laissé bien sécher le premier plan, le second elle troisième, prendre un ton très clair gris bleuté et, partant de nouveau de l’église, couvrir toute l’aquarelle de cette légère teinte, dont il faut profiter pour glisser de nouveau des leinlcs qui doivent compléter la première préparation déjà à peu près faite, mais qu’on réussit rarement du premier coup. Continuant de profiter de la teinte humide, modeler la maison couverte de tuiles, puis les murs, le bout de terrain, le treillage et enfin l’eau.
Notre modèle représente l’extrémité d’un petit village au bord delà Manche; c’est donc l’eau de la mer qui vient, en baignant les murs du vieux quai, former le premier plan du motif. Ainsi que les rivières, la surface de la mer reflète les tons du ciel; mais, par sa valeur propre, elle augmente un peu la force des tons bleus en leur donnant parfois des chatoiements légèrement laqués.
Si le reflet du village ne transparaît pas au-dessous de l’eau, cela tient à l’agitation plus ou moins forte, mais constante, du flot, agitation qui se produit surtout sur les côtes du nord et de l'ouest. Le pinceau doit exprimer cette agitation par des touches lâches et un peu entre-croisées en forme d’accent circonflexe.
La première préparation faite, laisser sécher, puis passer à la seconde partie du travail.
COUP D'OEIL SUR LA NATURE
SECONDE ET DERNIÈRE PHASE (fig. 134).
La première préparation réussie dans les conditions indiquées par la figure précédente, il faut terminer l’aquarelle et lui donner du corps. Cette partie flottante obtenue par le modelé dans l’eau doit se compléter, s’affermir par des teintes, des vigueurs, des détails et le complet établissement des valeurs. Le peintre a ici comme toujours la ressource des moyens complémentaires, tels que l’emploi du pinceau, de l’estompe, de la peau de daim et du grattoir. Nous conseillons pour ce genre d’aquarelle faite d’après nature le papier Whatman triple force ou double force; si au contraire l’aquarelle est faite dans l’atelier, il faut employer le whatman mince et la feuille de zinc.