L’ÉTÉ
Le printemps a fait place à l’été; la tunique de gaze diaprée d’or dont les bourgeons encore à demi fermés enveloppaient la cime des arbres s’est changée en un riche et solide manteau; à la frôle élégance des formes de la jeunesse a succédé la majestueuse ampleur delà maturité. La nature est alors dans toute sa force et d’un aspect général plus sévère qu’au printemps. Elle offre au peintre des teinles moins variées; le vert des feuillages s’accentue, se colore et s’enveloppe peu à peu d’un ton gris; mais à aucune autre époque de l’année les arbres ne se présentent avec plus de majesté dans leur ensemble. L’unité de ton, même, contribue à la grandeur imposante des aspects de cette saison. La force, la puissance caractérisent l’été dans l’ensemble et dans les détails : point d’écarts ou d'excentricités dans les colorations, et le calme imposant de ces groupes majestueux pourrait même parfois devenir monotone, si le soleil ne venait, x point nommé, animer cette solide nature et faire jaillir des feuilages des cascades d’étincelles phosphorescentes, qui semblent ancées par les facettes de mille diamants.
Malgré ses beautés, l’été est peut-être l’époque la plus difficile i rendre pour le peintre, par la simplicité des lignes et l’unité des ons; mais c’est la vraie saison du dessinateur, qui peut chercher ;t suivre les formes variées des feuillages, dans les détails, la silhouette et l’ensemble.
En été, l’excessive chaleur dujourrend à ce moment le travail fort lénible et souvent impossible ; c’est donc l’instant de faire des études u soir. Vers la fin du jour, la nature s’enveloppe de demi-teintes nystéi’ieüsesqui laissent deviner les formeset les objets sans trop les adiquer etdonnent aux ensembles une harmonie grave et douce, d’un harme quelquefois supérieur àcelui des plus brillants effets lumineux.
Dans ces elfcts du soir, on ne distingue plus que trois masses rincipales : le ciel, généralement clair et brillant, sur lequel se étacbent en vigueur les fabriques ou les arbres qui meublent le teiiin ; enfin, le terrain, dont la masse offre une valeur beaucoup moins >rte que les ai’bi'es et beaucoup plus puissante que le ciel.
COUP D'OEIL SUR LA NATURE