‹ Traité d'aquarelleChapitre 167 sur 215 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Rien, dit-on, ne ressemble autant à la vieillesse que l’extrême jeunesse. Rien, de même, ne rappelleautant l’automne que le printemps.

Pour le peintre, pour l’aquarelliste, le printemps ollre une fraîcheur de coloration qui caractérise par un charme indéfinissable celte riante époque de l’année où la nature se couvre d’un vêlement resplendissant de fraîcheur et de jeunesse.

Au printemps, les couleurs sont tendres et brillantes à la fois; les verts sont faits avec les couleurs les plus éclatantes peut-être qui se trouvent sur la palette : c’est le triomphe de la gomme-gutte, du chrome clair, du jaune indien, du vert Yéronèse. Le ciel même est à ce moment d'une si grande limpidité que nos tons les plus brillants, le cobalt, le bleu de Prusse, suffisent à peine à en faire comprendre la transparence cl l’éclat. Les feuilles, au moment où elles vont se développer, offrent des tons violacés si éclatants qu’ils rappellent parfois les ardentes colorations de l’automne; les rouges les plus intenses, les garances, les vermillons de Chine, sont appelés à donner leur note étincelante dans ce grand concert; encore n arrivent-ils qu’à nous présenter une pâle et faible idée de cette immense fête de la nature où tout est poésie et soleil.

Le printemps est une des plus merveilleuses saisons d’étude pour le peintre; mais qu’il se hâte, car elle passe vite, et nulle autre ne lui offrira ces finesses de ton, ces transparences de coloration (pii donnent tant de charme aux effets de printemps.

C’est surtout aux bords des rivières, dans les plaines, quo le peintre pourra trouver à ce moment ses plus brillantes études.

Page 1