L’AUTOMNE
Aquarelle faite chez soi (fig. 138 et 139.)
DESSIN ET POCHADE (fig. 138).
Nous sommes au mois de novembre, à quatre heures de l'aprèsmidi, c’est-à-dire à la lin d’une journée neigeuse; le soleil n'a pu percer les nuages, le bas du ciel est blafard et l’aspect général est triste; le vent est froid et l’on comprend que l’artiste, après avoir terminé sa pochade, a dû rentrer chez lui en grelottant. Le chasseur seul peut encore parcourir les vallons naguère si remarquables par la réunion de ces beaux arbres, de ces terrains si curieusement caillouteux et embroussaillés, en avant de ce gracieux coteau. Que le soleil se montre seulement un instant, et ce site prendra l’aspect gai et charmant tant aimé des poètes et des promeneurs; mais, au contraire, ici le soleil est caché derrière des masses pressées de brumes neigeuses qui forment au paysage comme un linceul de plomb ; l’aspect est triste et froid. Ce n’est plus l’heure de l’artiste, c'est celle du trépas du pauvre lapin. Ces saisons avancées ne per- | mettent pas souvent de faire des aquarelles, surtout dans de grandes ! proportions; aussi est-on obligé de recourir à certains moyens facilement pratiques pour se rendre maître du monstre.
C'est à une époque moins avancée, à la fm de septembre que J nous avons fait le dessin représenté ici. Reportant ce dessin sur une feuille de papier à aquarelle, nous sommes retourné le 8 novembre : faire une pochade de ce même site sur nature, et nous n’avons pu ; terminer qn avec peine ce travail cependant rapide. C’est avec les documents ainsi réunis que nous avons fait l'aquarelle représentée | par la figure 139.
EXÉCUTION DE L’AQUARELLE PAR LE TON LOCAL (fig. 139.)
Faire le ciel, le coteau, les arbres, les terrains. Ces quatre parties ont dans leur ensemble quatre valeurs essentiellement différentes.
Le travail de l’aquarelle terminé, compléter l'œuvre par des touches fermes ayant la vigueur voulue selon les plans où cette retouche est nécessaire.
.'Automne.
L’ANNÉE DU PEINTRE. ggS