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L’HIVER

Comme nous 1 avons dit déjà, toulcs les saisons sont belles. L’hiver même offre, dans ses divers aspects, des beautés de premier ordre, quand, laissant de côté son long cortège de pluies et de brouillards, le soleil de décembre vient briller d’un pâle éclat et faire étinceler le givre sur les branches noircies de nos arbres; ou quand la plaine, revêtue d’un manteau de neige d’une blancheur éclatante et mate, se détache dans de lointains horizons sur un ciel d’un noir lourd et bistré. Il y a certes à étudier, devant cette fantastique nature, des effets d’une originalité puissante, d’une sévérité âpre et sauvage, d’un caractère étrange et grandiose.

Les effets d’hiver sont, entre tous, ceux qui doivent être saisis et rendus sur le vif; mais que de difficultés à vaincre! Heureux ceux à qui il est possible d affronter les dangers de cette rude saison et qui en ont à la fois le courage et la force.

L’une des plus grandes difficultés pour le peintre, lorsqu’il veut représenter la neige, c’est de trouver juste la valeur des différentes colorations selon leur distance, et de bien établir les rapports du ton du ciel avec la coloration des ombres naturelles ou portées ; aussi peu d’effets de neige sont-ils complètement réussis, surtout par l’aquarelliste, pour qui le froid et l’humidité sont des obstacles souvent insurmontables. Cependant, si imparfaite que soit l’œuvre faite sur nature à cette époque, elle ne peut manquer d’un grand charme de souvenir, quand on revoit au coin du feu, ou par un beau jour d’été, ce ciel plombé sillonné par les corbeaux et cette plaine neigeuse où nul être vivant ne se montre que sous quelque enveloppe qui le rend méconnaissable.

Les couchers de soleil sont, en hiver, d’une splendeur sans égale : rien ne cache l’astre à son déclin et, au moment de disparaître, il s’entoure d’un manteau ou d’un voile aux colorations les plus riches et les plus diaprées.

L’hiver est aussi particulièrement propice aux études de terrains. A cette époque, les terrains, dépouillés de leur manteau de verdure, laissent apercevoir toute la richesse pittoresque de leurs brisures capricieuses et de leurs mille ondulations.

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