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L’AQUARELLE DE FLEURS MODERNE

Reléguant dès à présent au vestiaire des antiques tous les noyens subtils qui ne donnent jamais que l’illusion du talent à eux qui n’en ont pas en réalité, Y aquarelliste moderne ne cherche ilus qu’une chose, n’a plus qu’un seul but : l’imitation de la nature

LES FLEURS ET LES FRUITS

avec toute la sincérité possible. Le peintre sait classer les procédés fondamentaux et les connaissances indispensables à l’harmonie de lignes, de couleurs et d’effet qui doit caractériser l’œuvre d’un maître, et, dût son exécution n ôtre pas à la hauteur de son inspiration, dût son pinceau le trahir, on retrouvera dans la charpente de l’œuvre même la moins importante les principes de construction qui sont la force première de l’école moderne : 1° l’harmonie de lignes de la composition, dont chaque détail ou groupe secondaire doit être distribué pour concourir à un ensemble d’une simplicité gracieuse ; 2° l’effet, c’est-à-dire l’art d’éclairer le modèle pour que l’œil du spectateur soit naturellement attiré vers le point intéressant du groupe, sans diffusion papillotante de la lumière ni obstruction de parti pris; 3° un dessin fait sincèrement d’après une composition ainsi établie, de sorte que le trait seul non seulement puisse faire comprendre la forme dans ses mille replis, mais encore donne l’impression de la diversité des colorations individuelles des fleurs et de la situation de leur plan dans l’ensemble; 4° la sincérité delà couleur.

Le peintre de fleurs trouve aujourd’hui pour le groupe et l’effet un point d’appui sérieux et utile dans la photographie. Quel que soit le haut dédain avec lequel on la considère parfois, force nous est bien d’avouer, au moins tout bas, les très grands services qu’elle peut rendre aux peintres, surtout pour les fleurs, aux contours de forme si fugitive. La plaque photographique, miroir sensible, saisit aussi vite que la pensée l’aspect de ces contours, l’inclinaison de ces tiges, les fixe pour jamais, en détermine instantanément l’effet, le modelé, le rendu, et reste ainsi pour le peintre un guide précieux, un renseignement, plus encore, un enseignement; car elle a reproduit comme un écho sincère les défectuosités possibles de lignes ou d’effet que l’œil même de l’artiste n’avait pas d’abord aperçues.

LE PAPIER

Pour ce genre nouveau, plus large et plus ferme, il ne saurait plus être question de vélin, et le métier proprement dit se trouve réduit à sa plus simple expression. Il suffit d’avoir : 1° une feuille de bon papier; 2° un bon, un très bon pinceau, assez gros, à la fois ferme et souple, permettant un travail large et au besoin les quelques retouches finales; 3° des couleurs moites bien broyées en tablettes.

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