MANIÈRE DE PEINDRE UN BOUQUET D’APRÈS NATURE
Parmi les mille moyens différents que peut suggérer au peintre son inspiration et qui doivent nécessairement être laissés à sa libre appréciation, voici celui que nous croyons le meilleur, le plus simple, et aussi le plus généralement employé.
Le bouquet, composé aussi simplement que possible (si nous ne parlons plus ici aux élèves tout à fait débutants, il est bien entendu que nos conseils s’adressent à ceux qui en ont encore besoin), le bouquet, disons-nous, sera posé sur une table ou placé dans un
LES FLEURS ET LES FRUITS
vase de forme élégante, mais sans aucune ornementation, pour laisser toute l'importance aux fleurs. On devra chercher ensuite, avec une grande attention, la place où la lumière frappera les fleurs du premier plan, de manière à en faire mieux valoir la beauté, celte lumière déterminant l’effet du bouquet. Ces dispositions étant bien prises, faire le dessin sur une feuille de papier Whatman qui aura dû être préparée d’avance et de dimensions en rapport avec
Fig. 152.
celles du bouquet. Comme nous venons de le dire, le dessin doit être sérieusement traité, exact de lignes d’abord, puis indiquer sans dureté les ombres portées et les ombres naturelles.
Prendre enfin le pinceau, peindre bravement tout l’ensemble du bouquet et terminer dans la séance, si c’est possible; sinon, fixer au moins par quelques touches Informe et l’effet des principales fleurs du premier plan, ne plus s’en occuper, et continuer à modeler l’ensemble du bouquet.
Nous venons de dire les services que peut rendre la photographie dans les cas où l’œuvre a une grande importance et où
LES FLEURS
l’on peut craindre, ce qui, par malheur, arrive fréquemment, que certaines fleurs, se flétrissant ou se déformant rapidement, arrivent à détruire l’harmonie du groupe; mais, pour cela, il faut avoir un photographe sous la main, et, condition essentielle à observer, il faut que l'instrument soit placé au point précis où doit être le peintre et surtout à la hauteur de ses yeux. On ne saurait trop répéter qu’à ce point de vue une bonne photographie est un précieux auxiliaire et qu’elle forme pour l’interprétation des fleurs, dont le temps modifie le développement, un document de premier ordre. Il est bien entendu que le conseil d’employer la photographie comme dessinateur adjoint dans une œuvre importante s’adresse uniquement à celui qui, déjà sûr de son crayon, connaît en outre bien les fleurs et les a déjà longuement étudiées et dessinées. Pour le débutant, l’usage de la photographie serait au contraire une grave erreur.