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OBSERVATIONS SUR LA STRUCTURE DU CORPS HUMAIN

corps humain étant l’ouvrage le plus parfait de la nature et ce qu’il y a de plus difficile à imiter fidèlement, le peintre qui l’adopte comme but de ses œuvres doit en apprendre les proportions ; il lui est donc indispensable de connaître l’anatomie, qui se divise en ostéologie et en myologie.

L 'ostéologie nous apprend à connaître les os, qui soutiennent cette machine mouvante et animée qu’on appelle le corps humain; la myologie nous rend compte des différents muscles qui lient ensemble toutes les parties de cette machine et servent à la mouvoir et à l’affermir dans toutes sortes d’attitudes.

Quand vous saurez bien la perspective et l’anatomie, et que vous connaîtrez suffisamment la forme de chaque corps, appliquez-vous

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à considérer dans toutes les occasions l’attitude et les gestes des hommes dans toutes leurs actions. Par exemple, lorsque vous allez à la promenade et que votre esprit est plus libre, remarquez les mouvements de ceux que vous voyez, soit qu'ils s’entretiennent familièrement, soit qu’ils contestent ensemble et se querellent ou qu’ils en viennent aux mains. Observez ceux qui sont autour d’eux et qui tâchent de les séparer ou qui s’amusent à les regarder, et dessinez sur-le-champ ce que vous aurez remarqué. Il faut pour cela avoir toujours avec vous un portefeuille et des tablettes.

Le sentiment de ce qui est beau est comme le sentiment de ce qui est bon; c’est une sorte de conscience qui apprécie les rapports physiques, comme l’autre conscience apprécie les rapports moraux.

On rend beaucoup plus fidèlement la nature, lorsqu’on la voit agir sous le voile dont elle se couvre. Plus un peintre est instruit de l’anatomie, plus le voile est transparent pour lui ; son coup d’œil savant saisit et interprète toutes les formes et son pinceau les transporte avec autant d’esprit que de vérité dans ses compositions.

Pour atteindre à la parfaite ressemblance du corps humain, pour le caractériser dans scs diverses altitudes et ses diverses parties, dans cette tendance commune qui le dirige par un mouvement d’ensemble, dans celte harmonie et cet accord au moyen desquels les parties molles, par leur flexion ou leur extension, leur compression jou leur gonflement, les parties dures, par leur direction, leur saillie plus ou moins prononcée, semblent concourir toutes à une action déterminée; pour composer cet ensemble parfait, qui les lie et les unit par une intention générale, que l’on démêle et qui s’aperçoit jusque dans les plus petits détails ; pour saisir celte intention, combien est nécessaire la connaissance de tout le jeu musculaire et de toute la charpente osseuse! Que de choses le pinceau ne peut rendre, si le scalpel anatomique n’a pas d’abord dévoilé aux yeux du peintre tout le mécanisme de l'économie animale! Au lieu de cette marche libre et sûre de l’artiste qui l’a étudiée avec soin,

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que de tâtonnements pénibles, que d’essais infructueux, lorsque, dans l’exécution, on ignore l’action précise d’un muscle, sa longueur, sa forme, ses proportions par rapport au tout!

La nature a distingué le premier âge par des caractères qui lui sont propres.

Dans la première jeunesse, les enfants ont tous la tête un peu grosse, relativement aux autres parlies; leurs joues paraissent enflées; leurs mains sont potelées; les bras, les cuisses et les jambes ont beaucoup d’embonpoint. A cet âge, les fibres musculaires sont séparées les unes des autres par un tissu cellulaire très lâche et fort abondant, ce qui fait que les muscles ont peu de relief et que les membres sont peu déliés.

Dans l’adolescence, la stature du corps est plus allongée et plus mince; les membres sont plus grêles; les muscles commencent à se dessiner, les contours à devenir plus exacts et les proportions plus marquées.

Dans la femme, la stature est plus petite, le cou est plus allongé, le bas de la poitrine paraît plus étroit, les jambes plus fortes, les pieds plus petits, les bras plus potelés, les muscles bien moins apparents, les membres plus arrondis, leurs contours plus agréables, les traits du visage plus fins, la peau plus blanche et plus délicate.

En même temps que la connaissance des os conduit à celle des proportions, la connaissance des muscles mène à celle de l’ensemble.

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