RAISINS NOMS ET RAISINS BLANCS
Aquarelle (fig. 158 et 159.)
PRÉPARATION PAR LE TON LOCAL (fig. 138.)
Après avoir fait un bon dessin, légèrement mis à l’elfet, pour distinguer la masse des raisins noirs d’avec celle des raisins blancs, effacer un peu et commencer à peindre en passant la demi-teinte claire sur les raisins noirs. Dans cette demi-teinte se presser de glisser des tons et desjîolorationsplus ou moins fortes, pour obtenir tout de suite le relief. Ce travail fait, opérer de même pour les raisins blancs, et des raisins passer aux feuillages. En divisant ainsi méthodiquement l’exécution, on est plus maître du modelé dans l’eau.
Si l’on avait oublié de réserver les blancs des raisins, on les obtiendrait facilement avec la peau do daim (voir page 49) ou avec le grattoir (voir page 52), en rétablissant la fermeté du papier avec le brunissoir (voir page 53).
EXÉCUTION FINALE (fig. 139.)
Le premier ensemble terminé et considéré seulement comme préparation, il s’agit de l’harmoniser, c’est-à-dire de donner à certaines parties de la finesse, d’augmenter sur d’autres points la force du modelé ou bien encore de l’atténuer.
Presque toujours le premier état ou préparation présente le motif sous un aspect général de tons trop lumineux et trop entiers. Il faut donc chercher les accidents de reflets ou d’ombres qui peuvent donner lieu à des modifications habiles des premières teintes : telle est ici l'ombra portée, dont le peintre doit profiter pour, en l’atténuant un peu, la passer sur l’ensemble du groupe, en se bâtant, pendant qu’elle est encore mouillée, de glisser, selon la coloration
LES FLEURS ET LES FRUITS
du modelé, ici des teintes jaunes, là des tons gris, plus loin des vigueurs, enfin de varier la force de l’ombre elle-même selon son plan et l’objet sur lequel elle s’étend.
On laisse alors sécher l’aquarelle, puis on observe, par comparaison avec le modèle et beaucoup mieux avec la nature, si on l’a sous les yeux, si quelque groupe no vient pas trop en avant ou si des contours ne sont pas restés trop fermes; mouillant alors légèrement le pinceau, on doit estomper toutes les parties qui ne sont pas à leur place, voiler les unes, adoucir les autres, puis retrouver quelques demi-teintes ou lumières à l’aide de la peau de daim ; en un mot, ne négliger aucune des ressources connues de l'aquarelliste pour harmoniser et terminer l'étude.