L’AQUARELLE DE FIGURE
C’est au commencement de ce siècle que l’aquarelle de figure a réellement commencé à prendre possession d’elle-même. Elle eut vers 1830 pour chefs de file les Fragonard, les Bonington, les Chariot et une pléiade d’artistes de talent qu’il serait trop long d'énumérer ici. Un peu plus tard, le goût des albums doubla les succès artistiques de l’aquarelle do figure d’une vogue mondaine en partie motivée par le petit format auquel les aquarellistes avaient jusqu’alors, pour la plupart, limité leurs œuvres, ce qui permettait de placer sur les tables de salon des musées complets et des plus intéressants, formés d’œuvres charmantes, bien souvent de chefsd’œuvre.
Avec le temps le goût des albums s’affaiblit; beaucoup des artistes éminents qui avaient traité le genre en maîtres avaient disparu; enfin, l’œil des jeunes vit plus grand de cadre et de touche et, sans rien préjuger ici ni comparer les divers talents de l’époque ancienne et de l’époque nouvelle, on doit reconnaître que le genre se modifia, se renouvela complètement.
Depuis la guerre de 1870, l’aquarelle a largement reconquis le rang qu’elle mérite et auquel elle a droit à côté de sa sœur la peinture à l'huile ; aussi aujourd’hui la voyons-nous se révéler dans toutes ses manifestations diverses et prendre une large place dans l’art. Elle ne se contente plus du modeste petit format quart de feuille et de compositions gracieuses ; elle emprunte la feuille entière et aborde la nature dans tous ses effets; elle n’est plus timide et prétentieuse; elle charpente la nature largement et a pour devise la sincérité.
Voulons-nous apprécier et juger de sa puissance, jetons un coup d’œil sur les œuvres de Fortuny, de Henry Régnault, de Leloir, et nous serons convaincus alors de l’autorité de ce genre de pein-
ture.
LA FIGURE