LA PHOTOGRAPHIE
Comme nous l’avons déjà dit, le peintre de nos jours a sur ses devanciers l’immense avantage de pouvoir so renseigner par la photographie : il est s.i facile, pour une œuvre importante, de faire photographier son modèle dans la pose où l’on veut le représenter, de se servir de cette photographie pour placer sûrement son dessin dans sa feuille de papier, puis, lorsque le modèle ne pose plus, de corriger, de compléter son œuvre avec l’excellent modèle que la lumière a donné !
La photographie est aujourd'hui d’un grand secours pour les peintres; c'est par son aide que les œuvres ont plus que jamais ce sentiment de la nature et cette force do modelé qui caractérise l’école moderne. Il y a pourtant cette restriction à faire, que l’homme do talent, le maître seul peut liro une photographie ; pour l’élève, c’est un livre fermé, qui ne pourrait que l’égarer.
Faut-il se réjouir de l’appui que présente la photographie au peintre? Oui et non. Oui, parce que, constamment renseigné par la photographie, il dessine plus juste, que les détails sont mieux frappés, que sur un dessin aussi parfait la couleur s’applique avec plus do fermeté et que, dans la représentation vivante, tout y gagne, vérité de mouvement, vérité d’ensemble, vérité de couleur. Non, parce que la rigidité de la photographie trouble l’esprit de l’aquarelliste dans la poésie de son interprétation, et que, si d'un côté le dessin a gagné comme justesse, de l’autre l’artiste a perdu une partie do son individualité, l’interprétation humaine est troublée par l’intervention trop directe et trop rigide de la nature fixée sur le papier.
Fig. 163,
LA FIGURE