EMPLOI DE LA GOUACHE
L aquarelliste doit, sans hésiter, employer tous les moyens qui sont à sa disposition pour rendre les effets que la nature lui présente.
Malgré toute son habileté, le peintre ne peut presque jamais réserver toutes les lumières exactement. Or, à l’heure où se résume 1 effet et où son attention se concentre sur un point, apparaissent
subitement des éclats de lumière qu’il n’avait pas encore observés et qui ne dureront que quelques secondes; il faut donc qu’il emploie un moyen rapide pour atteindre ces lumières qui, seules, compléteront son œuvre. Qu’il prenne alors du blanc de gouache aussi épais que possible, qu’il le mêle avec la couleur que lui indique la lumière, et qu’il pose cette gouache à l’endroit voulu, soit sur un ton foncé, soit sur un demi-ton. Peut-être en résultera-t-il quelque dureté, quelque brutalité même, mais l’effet sera saisi.
La gouache doit être posée hardiment, c’est-à-dire bien juste à la place choisie d'avance par l’œil; sans quoi elle est discordante; on ne risque rien d’ailleurs d’en exagérer la lumière, attendu qu’en séchant elle baisse de ton.
Il y a deux manières de poser la gouache : la première, et selon nous la meilleure, c’est de délayer cette gouache avec la couleur qui doit donner le ton que l’on veut obtenir; la seconde, moins employée, c’est de poser le blanc seul à l’endroit de la lumière ou à tout autre plan où l’on veut vivement obtenir un ton; cette gouache, bien sèche, représente le papier; alors, à l’aide de glacis passés rapidement, on lui donne la coloration de la nature.
PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE L'ART
Il vaut beaucoup mieux, quand cela est possible, poser la gouache sur des endroits déjà enlevés au chiffon; de celte manière, elle risque moins de noircir ; pourtant, employée assez épaisse, elle est solide, même sur les parties colorées.
Le meilleur blanc pour gouacher est le blanc de zinc, appelé par les Anglais blanc de Chine. On le vend en tubes (fig. 67) ou en flacons (fig. 68). 11 est admirablement broyé et d’un excellent usage.