‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 106 sur 143 · TYPES D’ÉTUDE · texte numérisé non relu

TYPES D’ÉTUDE

La première église, élevée à Bruxelles dans le style italoflamand, fut Véglise des Jésuites, en 1617, sur les plans de Jacques Francquart, né à Bruxelles en 1577 et décédé en 1652 Ce monument, qui fut démoli en 1811-1812, passa de

I. Parmi toutes les églises élevées par les Jésuites dans les Pays- Bas, celle de Bruxelles, de 1617, fut la deuxième en date. La première lut celle d’Anvers, commencée en 1615. Jusque-là les Jésuites avaient continué à appliquer le style gothique traditionnel, comme le démontre fort bien le père Braun, qui a écrit sur le style soi-disant jésuite en

L’ARCHITECTURE ITALO-FLAMANDE

son temps pour un chef-d’œuvre et servit de modèle à différentes églises. Nous en donnons une reproduction d’après Sanderus (fig. 288).

Il nous reste trois églises remarquables de style italo-flamand, Saint- Jean-Baptiste au Béguinage, Notre-Dame des Sept Douleurs aux Riches-Claires, Notre-Dame de Bon Secours. Nous pouvons y ajouter la façade de l’ancienne église des Augustins qui sert actuellement de façade à la nouvelle église de la Trinité, rue du Bailli, ainsi que V église des Brigittines dont la façade, bien que modeste, ne manque pas d’intérêt.

1. Saint -Jean-Baptiste au Béguinage. Cette église fut commencée en 1657 achevée en 1676. Nous ignorons jusqu’à présent le nom de l'architecte. On a attribué pendant longtemps la paternité de cette œuvre à Wenceslas Coebergher. A tort, croyons-nous, non pas parce que Coebergher était mort depuis vingt-trois ans au moment où l’église du Béguinage fut commencée, car on aurait pu exécuter des plans laissés par lui, mais parce que le style de cet édifice diffère profondément du style des églises que cet architecte construisit. On a mis également en avant le nom de Luc Fay d’herbe, mais jusqu’ici sans preuves (p. 274 et fig 290).

2. Notre-Dame des Sept Douleurs aux Riches- Claires. La première pierre de cette église conventuelle fut posée le 1®^ septembre 1665. D’aucuns assurent que Luc Fayd’herbe de Malines (1617-1697) en fut l’architecte.

3. Notre-Dame de Bon Secours. Nous savons avec certitude que les plans de Léon Van Heil furent écartés au profit de ceux de Jean Cortvrindt, dont la vie nous est fort peu connue. Cet édifice, d’inspiration italienne, est remarquable. Il fut commencé en 1664 et achevé en 1694. Fortement endommagé par le bombardement de 1695, il fut restauré presque immédiatement après la catastrophe b

4. Façade de l’église des Augustins. On écrit et on répète que Wenceslas Coebergher en fut l’architecte. Or, il

Belgique un livre intéressant. Citons, d’après cet auteur, les églises gothiques de Tournai (1601, avec portail de 1603); de Valenciennes (1601-1613); de Gand (1606-1619); de Lille (1606-1610); de Courtrai (1607); de Mons (1608-1617) etc. Cette énumération prouve que les Jésuites n’inventèrent pas le style baroque, pratiqué d’ailleurs avant eux par des laïques, tels que Francquart et Coebergher. Ils contribuèrent simplement à sa diffusion.

I. Voir le Guide illustré de Bruxelles. Monuments civils et religieux, 2® édition, p. 345.

semble démontré que la paternité de cette œuvre doit être restituée à Jacques Francquart l

Cette église, commencée en 1620 et achevée en 1642, est exempte encore de cette ornementation exubérante qui caractérise le développement du style baroque en Belgique. Ici, comme à l’église des Jésuites, Francquart s'inspira directement des modèles italiens. Son art se rapproche à cet égard de celui de Wenceslas Coebergher qui construisit, de 1607 à 1615, également en imitation parfaite des églises baroques italiennes, l’église conventuelle des Carmélites thérésiennes, rue de Namur, qui fut malheureusement démolie en 1785. Rien d’étonnant, dès lors, qu’on ait confondu les œuvres de ces deux artistes. Tous deux séjournèrent longtemps en Italie, Francquart à Rome et Coebergher à Naples, et c’est là qu’ils étudièrent l’architecture nouvelle sous la direction des maîtres italiens les plus renommés (fig. 287 et 304).

La façade de l’ancienne église des Augustins, remarquable par la justesse de ses proportions, était condamnée à disparaître lors de la construction de la Place De Brouckère. On réclama sa reconstruction en un autre endroit et l’État la céda, en 1893, à la fabrique d’église de la Trinité, qui s’en servit comme façade de la nouvelle église paroissiale qu’elle faisait édifier, rue du Bailli.

5. Eglise des Brigittines. La façade de cette église, quoique de proportions modestes, présente un certain intérêt pour l’étude de l’architecture italo-fl amande à Bruxelles. Elle fut élevée en 1662, nous ignorons par quel architecte.

U église du Béguinage peut être considérée comme une églisetype du style italo-flamand non seulement à Bruxelles mais aussi en Belgique. Elle se distingue par son ornementation, par le caractère de ses pignons, par son plan. On y retrouve les principes gothiques traditionnels, mêlés aux principes de la Renaissance. C’est à ce titre surtout qu’elle est significative.

Par contre, V église des Augustins se rapproche très fort du type italien dont, en réalité, elle ne se distingue pas spécifiquement. Id église de N.-D. de Bon Secours très italienne aussi de conception, mais elle trahit néanmoins dans certains détails la nationalité de son auteur. Quant à V église des Riches Claires, jadis conventuelle, elle semble occuper une situation intermédiaire tant par son plan que par l’ordonnance de ses pignons (ci- après § 15).

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