‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 127 sur 143 · INFLUENCES EXTÉRIEURES · texte numérisé non relu

INFLUENCES EXTÉRIEURES

Ce fut l’Italie qui se lassa la première des exagérations du style baroque et provoqua un retour sincère aux principes de l’architecture gréco-romaine. Toutefois, ce ne fut pas l’Italie qui nous influença, mais la France, particulièrement féconde en productions architectoniques. Les styles Louis XIV, Régence, Louis XV, Louis XVI, Directoire, Empire, s’y succédèrent rapidement. A chaque règne correspondait un style particulier. Ces styles furent systématiquement introduits dans le pays, dès le début du xviii® siècle, au grand dam de notre architecture nationale qui lut sacrifiée. Le style Louis XIV apparut à Bruxelles au lendemain du bombardement de 1695. Corneille Van Nerven construisit dans ce style, en 1706, l’aile de l’hôtel de ville située du côté de la rue de l’Amigo, et nous le soupçonnons fort d’être l’auteur de la façade de la maison du Cygne, la seule et unique façade Louis XIV qui ait été élevée à la Grand’ Place. Après lui, tous les architectes bruxellois s’inspirèrent exclusivement des œuvres françaises. Des maîtres français, et non des moindres, vinrent même les instruire sur place, tel Barnabé Gui- i mard qui travailla à Bruxelles pendant vingt ans environ, de i 1765 à 1785. Le néo-classicisme, qui fut pratiqué avec tant j d’ampleur et de distinction en France, passa directement de | France en Belgique. L’architecture française, d’ailleurs, ! dominait l’Europe entière, si bien que les maîtres venus chez I nous d’autres pays que de la France, ne firent qu’imiter leurs | collègues français. Faulte, de Vienne, en construisant la i Chapelle royale imita celle de Versailles, et Servandoni, de ' Florence, en transformant les palais d’Arenberg et d’Ursel, ' fut plus français qu’italien.

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