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LE MILIEU HISTORIQUE

A part les troubles politiques de 1719 et l’occupation de i Bruxelles par les Français de 1746 à 1748, le xviii® siècle fut pour la capitale des Pays-Bas une période de calme et de : prospérité relative. L’administration de Charles de Lorraine,

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gouverneur général des Pays-Bas au nom de Marie-Thèrése (1744 à 1780), fut particulièrement heureuse. Ce fut sous le gouvernement de ce prince que notre ville se transforma profondément et qu’on construisit notamment le superbe quartier de la place Royale et du Parc.

L’interdiction faite aux Pays-Bas Autrichiens de se livrer directement au grand commerce international empêcha les Bruxellois de faire de grandes entreprises commerciales avec l’Amérique et le Levant. Ils s’orientèrent vers le commerce intérieur et le commerce de commission, et trouvèrent dans ce trafic une source abondante de bénéfices. Bruxelles fut relié alors par de magnifiques chaussées aux villes voisines, le canal de Willebroeck fut amélioré et un entrepôt ou magasin de transit fut édifié en 1779. L’industrie manufacturière se développa en raison directe de l’expansion commerciale. Si l’industrie textile ne parvint pas à s’épanouir par suite de la concurrence de la France et de l’Angleterre, d’autres industries, par contre, se développèrent avec succès, le carosse à vitres, la dentelle, célèbre à l’étranger, l’imprimerie d’étoffes de coton, les pannes unies et ciselées, les toiles cirées, la verrerie, les raffineries de sucre et de sel, les savonneries, la faïencerie, l’industrie du livre, etc.

Malgré cette situation économique satisfaisante, le XVIII® siècle ne fut, toutefois, ni un siècle d’art ni une époque de grandes constructions. La restauration de la ville, au lendemain du bombardement de 1695, avait forcé bon nombre de bourgeois à recourir à l’emprunt, de sorte que les premières sommes gagnées dans une industrie renaissante servirent à purger des hypothèques et à constituer des réserves. Ce ne fut que dans la seconde moitié du xviii® siècle, surtout dans le dernier quart de ce siècle, que d’importants travaux furent entrepris, la Place Royale, les rues environnant le Parc, le palais de Charles de Lorraine, la place Saint-Michel. Deux églises cependant, l’église des Minimes et celle du Finistère, datent des premières années du xviii® siècle, la première de 1700, la seconde de 1713.

La fin du xviii® siècle fut pour notre ville une période troublée. La Révolution brabançonne, l’effondrement de l’ancien régime, les tâtonnements d’un régime nouveau, créèrent une atmosphère peu favorable aux grandes entreprises. La prospérité revint avec l’Empire. Déjà sous le Consulat un relèvement économique s’était manifesté. Un arrêté du 13 messidor an IX (2 juillet 1802) avait ordonné l’établissement d’une bourse de commerce. Napoléon s’intéressa vivement

à l’essor de l’ancienne capitale des Pays-Bas. Par son décret de i8io, il prescrivit la démolition des anciens remparts et la construction d’une ligne de boulevards; par différents autres décrets il favorisa l’industrie et la navigation. Malgré tout cependant, aucun travail important ne fut entrepris ni même commencé sous son règne. Les premiers grands édifices bruxellois du xix® siècle datent de la période hollandaise, de 1815 à 1830. Ce fut alors, en effet, qu’on commença la construction des boulevards entre la porte de Laeken et la porte de Hal, qu’on créa le jardin Botanique et qu’on éleva les différents palais que nous avons signalés déjà. Ce ne fut, toutefois, qu’après 1830, lorsque la Belgique eut définitivement conquis son indépendance, que Bruxelles s’épanouit brillamment et devint une des plus belles capitales de l’Europe.

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