TYPES D’ÉTUDE
Nous distinguerons dans l’étude du style néo-classique à Bruxelles deux périodes :
I. Une période préparatoire à l’avènement du style néoclassique ou, si l’on veut, une période de transition entre le style italo-flamand du xvii® siècle et le style néo-classique
I. A. ScHAYES, Histoire de V architecture en Belgique, IV, p. 217.
proprement dit. Pendant cette période, qui s’étend de 1700 à 1760 environ, l’exubérance du décor italo-flamand se calme et il s’opère un retour à une application plus saine et plus rigoureusement constructive des principes de l’architecture classique. La superposition des trois ordres est généralement remplacée par un système de colonnes ou de pilastres,
délimitant toute la hauteur de la façade. On a donné à cet ordre le nom 6! ordre colossal.
Appartiennent à cette période de transition :
A. L’église des Minimes, dont la première pierre fut posée en 1700 et qui fut terminée en 1715, sauf toutefois la façade dont une des tours resta inachevée.
L’architecte est malheureusement inconnu. Le père Philibert Bressand qu’on cite parfois comme étant l’auteur des plans, ne fut, semble- t-il,
Fig. 305. Plan de l’église des Minimes (1700). que le directeur
des travaux.
B. L’église de N.-D. au Finistère, commencée en 1713. Interrompus, les travaux furent repris vers 1730. Le rezde-chaussée seul de la façade fut achevé ainsi que l’intérieur de l’église. Le nom de l’architecte nous est également inconnu. L’étage, assez disgracieux, date de 1828.
2. La période néo-classique proprement dite, allant de 1760 à 1840 environ. Les colonnes géantes, appliquées au mur, sont isolées et on arrive tout naturellement à l’idée du portique grec. Parmi les constructions civiles, nous pouvons citer le palais du Roi avant sa transformation en 1904, le théâtre
L’ARCHITECTURE NÉO-CLASSIQUE
de la Monnaie, l’ancien palais de Justice, tous ornés d’une colonnade ou péristyle.
Parmi les églises, il n’y en a qu’une seule qui appartienne à la période néo-classique, l’église de Saint-J acques-sur- Coudenberg, que nous choisirons comme type d’étude. La façade est l’œuvre de Barnabé Guimard, un Français, qui exécuta, en 1767, la fontaine de la place de la Chapelle et créa peu de temps après, le superbe quartier de la place Royale et du Parc. Les travaux furent commencés en 1776 mais ils furent bientôt suspendus. On les reprit en 1785, et l’architecte Antoine Payen (1749-1798) fit les plans du corps même de l’église, qui fut consacrée le 29 octobre 1787. Suys ajouta, en 1849, campanile octogone à pilastres corinthiens, ainsi que la coupole en cuivre que nous y voyons aujourd’hui (fig. 316), en remplacement d’un campanile en bois qui avait été élevé au-dessus du portique au commencement du xix^ siècle (fig. 315).