‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 137 sur 143 · I 14. LE TOIT · texte numérisé non relu

I 14. LE TOIT

j La toiture est à deux versants et recouvre l’édifice tout j entier. C’est dans les combles que s’abritent les voûtes et j aussi le dôme, qui a perdu les vastes proportions des cou- I pôles du XVII® siècle.

1 15. la FAÇADE

I I. La façade de l’église des Minimes ne connaît plus la superposition des ordres qui caractérisait le style italo-flamand. Elle est délimitée dans toute sa hauteur par des colonnes et des pilastres uniques (p. 288).

La façade se compose d’une partie centrale en saillie et de j deux ailes (fig. 309). La partie centrale est ornée de deux ' superbes colonnes corinthiennes engagées, reposant sur des piédestaux et supportant un entablement, couronné d’un j fronton cintré. Les ailes ont des pilastres de même style, avec entablement et piédestal.

Fig. 313. Type de temple grec remis en honneur par les néo-classiques.

2. Dans le style néo-classique les colonnes cessent d’être un simple ornement. Elles reprennent leurs fonctions de supports et deviennent la façade elle-même. Elles forment un péristyle et soutiennent un entablement avec fronton. La façade ainsi comprise est la reproduction d’un temple grécoromain (fig. 313), prototype de la façade de l’église de Saint- Jacques sur Coudenberg.

Cette façade, œuvre de l’architecte français Barnabé Guimard, se compose de six colonnes corinthiennes, cannelées et rudentées, posées sur des piédestaux élevés Ces colonnes supportent un entablement surmonté d’un fronton triangulaire à modillons embrassant toute la largeur du portique. Celui-ci est réuni à l’édifice par une voûte en berceau, ornée de caissons à rosaces. Avant la transformation de l’église, qui était mononef, en église à trois nefs, il n’y avait qu’une seule entrée, l’entrée du milieu, dont l’arc retombe sur des piédroits. Les entrées latérales, rectangulaires avec corniche horizontale, donnaient accès aux dépendances qui s’étendaient départ et d’autre de la mononef (voir le plan-terrier,

fig- 307)-

Le rôle de la colonne dans l’évolution de l’architecture classique est curieux à observer. Nous avons vu que la Renaissance transporta les colonnes de l’intérieur à l’extérieur du temple et qu’elle s’en servit pour orner la façade. Elle les superposa d’abord, mais bientôt elle leur substitua une colonne unique, embrassant toute la hauteur de l’édifice. Il suffisait, dès lors, d’isoler ces colonnes uniques, de les détacher du mur, pour réaliser par une transition naturelle, sans soubresaut, l’idée du portique gréco-romain.

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