LA FENÊTRE
A. Dans la première période de développement du style roman (xi^ et xii® siècles).
La fenêtre romane est une ouverture cintrée, étroite, ébrasée et privée d’ornements.
On dit qu’une ouverture ou baie est ébrasée quand elle s’élargit — s’ébrase — vers le parement extérieur ou intérieur du mur. La fig. 40 est un exemple de fenêtre romane qui est ébrasée vers l’extérieur, comme l’indique le plan.
La fig. 41 reproduit une fenêtre romane de la chapelle de Sainte-Anne à Auderghem. Elle, aussi, est légèrement ébrasée, mais contrairement à la fenêtre de la fig. 40, le seuil n’est pas en glacis mais horizontal ; de plus les deux pleins cintres qui
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Fig. 38. Tour romane avec pilastres. Église de N.-D. de la Chapelle (début du XIII® siècle).
40 L'ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
Fig. 39. Contreforts - pilastres à l’église de Saint- Jean au Marais, démolie vers 1845 (Schayes. II, 44).
circonscrivent la baie ne sont pas concentriques ; le plus petit a son centre plus bas.
Grâce à Tébrasement, la lumière pénètre et se répand plus facilement à l’intérieur de l’église.
La fenêtre romane est placée à une certaine hauteur du sol, les églises servant de lieux de refuge en cas de danger, comme nous le dirons plus loin, en parlant de la tour. La fig. 2 indique la place occupée par les fenêtres dans un édifice roman.
La crypte de l’église d’Anderlecht nous fournit deux exemples de fenêtres romanes grossièrement percées dans l’épaisseur du mur et largement ébrasées vers l’intérieur. Elles diffèrent entre elles au point de vue de la construction
Fig. 40. Fenêtre romane ébrasée à Woluwe-Saint-Lambert avec plan (xii® siècle).
LE STYLE ROMAN
(fig. 42). L’une est cintrée et répond au type générai de la fenêtre romane; l’autre s’écarte du type et a l’aspect d’une véritable meurtrière. Deux bourrelets ou coussinets soutiennent un linteau ou pierre posée horizontalement ; le glacis ou seuil de l’ouverture est fort en pente.
Au-dessus de la crypte, on éleva au xii® siècle une église romane qui disparut au xv® siècle. Heureusement une fenêtre de cette construction a été retrouvée dans le mur oriental du bras droit du transept. Elle est d’une grande simplicité et dépouvue de tout ornement (fig. 43).
Fig. 42. Fenêtres romanes de la crypte de l’église d’Anderlecht (fin du XI® siècle).
L’étage supérieur des tours romanes est éclairé par des fenêtres doubles ou géminées qu’on appelle ouïes. C’est par ces baies que se répand au loin le son de la cloche.
La fig. 44 montre le type des ouïes que nous rencontrons à l’église de Woluwe-Saint-Lambert. Elles consistent en deux ouvertures cintrées juxtaposées. Chaque ouverture compte deux cintres dont l’un est en retraite sur l’autre.
Les ouïes de la tour de l’église Sainte-Anne à Auderghem sont d’une construction plus intéressante (fig. 45). Un plein cintre unique abrite deux petits pleins cintres. Les extrémités de ceux-ci retombent d’un côté sur une imposte, de l’autre sur une colonnette centrale à chapiteau cubique. C’est un type de fenêtre romane à arcades géminées, dont nous reparlerons plus loin (p. 76).