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II. LE CONTREFORT

Le contrefort qui jouera un rôle des plus importants dans le style gothi-

Fig. 35. Vue intérieure de la crypte remplit encore

d' Anderlecht (fin du xie siècle). • dans le style roman

Fig. 34. Coupe d’une travée A. Arête de la voûte. — B. Arc doubleau. — C. Supports.

L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE

qu’une fonction très accessoire. Sa présence ne sera nécessaire que le jour où il y aura voûte, par conséquent poussée sur les murs. Le plafond en bois qu’on rencontre généralement dans les édifices romans, n’exige aucun contrefort; il est posé horizontalement sur les murailles, de sorte qu’il n’exerce sur celles-ci qu’une pression verticale, incapable de compromettre leur stabilité.

Fig, 36. Type do pilastre servant de contrefort dans le style roman.

irn’en est plus de même le jour où le plafond est remplacé par une voûte dont la poussée menace de faire crouler les murs. On invente alors le contrefort, sorte d’étançon ou appui en maçonnerie qui s'adosse à l'extérieur du mur.

Dans le style roman, les murs sont épais, les ouvertures petites, si bien que même dans le cas où il existe une voûte d’arêtes, l’appui extérieur qui consolide le mur n’exige encore qu’un faible développement. Un simple pilastre, étroit et peu saillant, comme l’indique la fig. 36, suffit à la résistance.

Toutefois ce pilastre peut être considéré comme le prototype du contrefort.

Il évoluera et deviendra

Fig. 37. Pilastre et arcature. Église de N.-D. de la Chapelle (déb. xiii® s.).

LE STYLE ROMAN

une des caractéristiques constructives du style gothique.

Le pilastre se rencontre tout d'abord à l’extérieur de l’abside; c’est en effet cette partie de l’édifice qui est voûtée la première. Il se répète de distance en distance et contourne le chœur. Les différents pilastres sont reliés par de petites arcades ou arcatures, qui servent de soutien à la corniche du toit (fig. 37).

Plus tard, les pilastres apparaissent le long des parois de la tour, et cela dans le but évident de renforcer celle-ci. La tour primitive de l’église deN.-D.

de la Chapelle, qui existe encore en partie à l’intersection du chœur et du transept, est flanquée de pilastres de ce genre (fig. 38).

Enfin, les contrefortspilastres se rencontrent aussi le long des murs principaux d’une église. On n’en trouve plus d’exemple à Bruxelles, mais ils ont existé jadis à l’église de l’hôpital Saint-Jean, construite au début duxiii® siècle et démolie en 1845. Grâce à Schayes nous en avons conservé l’image (fig. 39).

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