LA PORTE
La porte accompagne l'évolution de la fenêtre. Sa structure est identique. Distinguons donc, ici encore, les deux périodes de développement du style roman :
A. Dans la première période de développement du
style roman (xi® et xii® siècles).
La porte est une ouverture relativement étroite, recouverte d'un plein cintre retombant sur des piédroits, dépourvue de tout ornement. Nous trouvons à l'église de Sainte- Anne à Auderghem un exemple de porte romane simple du xii® siècle (fig. 47).
Nous voudrions ajouter que pendant cette première période la porte n'est pas nécessairement cintrée. Elle peut être recouverte d'un linteau qui est souvent triangulaire (fig. 50). Le linteau peut se rencontrer aussi, mais exceptionnellement, dans la fenêtre, et c'est le cas à la crypte d'Anderlecht (fig. 42). Cette remarque montre une fois de plus le parallélisme de structure entre la fenêtre et la porte.
B. Dans la deuxième période de développement du
style roman (xii® et xiii^ siècles).
A ce type de porte extrêmement simple succède la porte romane de la dernière période. La porte dite du prévôt que nous trouvons dans le chœur de l'église de N. D. de la Cha-
Fig. 47. Porte de la chapelle Sainte- Anne à Auderghem (xii® siècleh
Fig. 48. Porte romane dite Porte du Prévôt dans le chœur de N.-D. de la Chapelle (début du xiii® siècle).
Fig. 49. Porte romane extérieure de l'ancienne église de Laeken (xiiie siècle).
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
pelle, en est un très beau modèle. Elle date du début du xiiie siècle. Prise à part elle est romane, mais replacée dans son milieu elle appartient à*^un édifice romano-ogival (fig. 48) .
Plusieurs grands arcs ou archivoltes recouvrent la baie
de la porte. Ils sont simplement moulurés ou bien affectent la forme d’un tore. On distingue nettement le grand arc plein cintre intérieur qui s'appuie sur des impostes reposant sur les chapiteaux des colonnettes.
Dans le tympan un tore décrivant un trilobé.
Dans les angles, des colonnettes où nous retrouvons les caractéristiques connues de la colonne romane de la dernière époque : chapiteaux à crochets avec astragale en forme de tore reliant le chapiteau au fût; base faite de deux tores; socle circulaire et comme tel plutôt exceptionnel (fig. 25 et 29).
La porte de l’ancien chœur de l’église de Laeken a également l’aspect roman et se rapproche de très près de celle de l’église de la Chapelle. Voir la fig. 49 et analyser en guise de récapitulation les archivoltes, les impostes, les chapiteaux à crochets, les bases et les socles, tout en les comparant à la fig. 48. Les piédroits du fond de la porte avec leurs impostes sont romans, si bien que si on enlevait les archivoltes et les colonnettes de la partie antérieure, on aurait une entrée du type roman simple. Remarquons que le chœur de l’église de Laeken, de 1275 environ, relève dans toute sa partie supérieure du style gothique primaire, au moment où ce style franchit le stade romanoogival, preuve de la persistance des formes romanes à une époque où dans les villes on pratiquait déjà exclusivement le style ogival.
Fig. 50. Porte romane à linteau (xii® siècle).
LE STYLE ROMAN