‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 19 sur 143 · OUEST · texte numérisé non relu

OUEST

Fig. 53. Tour de l’église Ste- Anne à Auderghem (xii® s.).

Fig. 54. Tour de l’église de Woluwe-Saint-Lambert (xii® siècle).

LE STYLE ROMAN

murs. Celle que nous voyons à la fig. 2 est percée dans le mur sud. Dans ce même mur nous remarquons une porte romane cintrée, mettant le chœur directement en communication avec Textérieur.

La toiture s’avance un peu au delà du parement du mur et s’appuie sur une corniche faite d’un quart de rond.

La tour est intéressante par la forme des fenêtres-ouïes de l’étage supérieur (fig. 53). Les étages inférieurs sont éclairés par une simple meurtrière. Le rez-de-chaussée est voûté. Quand à la porte d’entrée, elle s’est trouvée dès l’origine dans l’axe de la tour et par conséquent de l’oratoire, dispositif qui déroge aux principes que nous avons fait connaître à propos de la tour-donjon

I. Cf. Iemaire, Guide descriptif de la chapelle Sainte- Anne que nous avons signalé ci-dessus, page 17, note. — Aux archéologues qui voudraient étudier plus avant le style roman brabançon du xii® siècle, nous signalons le groupe intéressant des églises de la Voere, Vossem, Leefdael, Sainte- Vérone et Berthem. Voir le syllabus de notre cours sur V Archéologie des environs de Bruxelles et surtout l’excellent ouvrage du chanoine Lemaire sur les Origines du style gothique en Brabant.

Fig. 55. Sceau de la juridiction de l’église de Sainto-Gudule à Molenbeek-Saint-Jean (xiii® siècle).

Fig. 56. Tombeau de sainte Alêne à l’église de Forest, d’après Wauters (xii® siècle).

LE STYLE ROMANO-OGIVAL

Au début du XIII® siècle, un arc nouveau fait son apparition. On l’appelle communément mais improprement ogive. C’est un arc brisé que nous ferons connaître en détail plus loin. Cet arc brisé n’écarte pas tout de suite l’arc en plein cintre qui caractérise le style roman. En architecture, comme en d’autres, domaines, rien ne se fait par soubresaut; ici, comme ailleurs, l’évolution s’accomplit rationnellement, sans rupture violente avec le passé. On conserve les formes prédominantes de l’art roman, mais on y mêle l’arc nouveau — l’arc brisé dit ogive — et on aboutit à un style de transition entre l’architecture romane et l’architecture gothique ou ogivale. Ce style de transition s’appelle aussi style romano-ogival, expression claire et nette, qui évoque aussitôt devant l’esprit le double élément dont se compose le style de transition.

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