LA TOUR
La tour des églises romanes des xi®-xii® siècles se trouve en tête de la nef principale, à l’occident, et c’est là un dispositif emprunté au style rhénan, nouvel indice, remarque avec raison le chanoine Lemaire, de l’influence de l’Ecole germanique sur notre primitive architecture brabançonne.
La tour est carrée et massive, construite en hors d’oeuvre, sans porte extérieure, conformément au plan que nous avons décrit ci-dessus (fig. 3 à 10).
Elle est divisée en deux ou trois étages. Le rez-de-chaussée seul est voûté et éclairé par une étroite fenêtre. Aux étages on trouve des ouvertures tellement exiguës qu’elles ressemblent à de véritables meurtrières. Enfin, dans l’étage supérieur, nous avons les fenêtres-ouïes. Les étages supérieurs n’avaient pas de voûte; ils étaient séparés l’un de l’autre par un plancher en bois.
Les tours de Woluwe-Saint- Lambert, de Saint-Clément à Watermael et de Sainte-Anne à Auderghem répondent à ce type. La porte d’entrée qu’on trouve aux églises de Water-
LE STYLE ROMAN
mael et de Woluwe a été percée à une époque moderne. Il importe donc d’en faire abstraction (fig. 54).
La tour romane des xi^-xii® siècles, généralement bâtie sur une motte, était fortifiée. C’est qu’elle servait de donjon aux villageois qui s’y retiraient en cas d’attaque. Le cimetière qui entourait l’église était également fortifié. Protégé par un rempart de terre ou par une ceinture de grosses pierres superposées, il pouvait résister à un premier assaut. En cas d’échec, les assiégés se retiraient dans l’église et en dernier lieu dans la tour-donjon où ils attendaient patiemment le départ des assiégeants ou l’arrivée de secours. Voilà pourquoi la tour n’avait aucune ouverture extérieure. Elle était fermée sur trois de ses côtés. Par le quatrième côté elle correspondait avec l’intérieur de l’église. D’ici on communiquait avec la premier étage par une échelle mobile ou bien par une tourelle placée dans l’angle de la tour et destinée à abriter l’escalier conduisant à l’étage.
Rappelons que le rez-de-chaussée seul était voûté et que les étages n’avaient qu’un simple plancher en bois. L’église elle-même avec ses murs épais, ses fenêtres étroites et placées bien haut au-dessus du sol, ressemblait à une véritable forteresse.
L’église de Sainte-Anne à Auderghem est un type d’oratoire roman qui synthétise les notions que nous venons d’exposer (fig. 53).
Elle se compose de trois parties : une grande salle rectangulaire, du type basilical ; — un chœur également rectangulaire ; — une tour clocher ( le plan en est reproduit à la fig. 6). La nef est éclairée par trois fenêtres cintrées, étroites et ébrasées, dont la fig. 41 donne un spécimen.
Le chœur compte trois fenêtres, une dans chacun de ses