I. Guide illustré de Bruxelles. Monuments religieux, p
LE STYLE ROMANO-OGIVAL
Que faut-il entendre par arc hrisél C'est un arc composé de deux segments de cercles qui se coupent au sommet.
Tracez un demi-cercle (fig. 58) à l’aide d’un compas, puis un deuxième demi-cercle en plaçant le compas à l’une ou à l’autre extrémité de la corde ; vous obtenez un arc brisé.
L’ogive n’est employée au début que timidement. Lorsqu’elle doit franchir une certaine distance, dans la voûte par exemple, le sommet en est à peine marqué. On dit alors que l’ogive est obtuse.
Les centres de l’arc obtus sont très rapprochés du centre de la corde du demi-cercle ou plein cintre. Prenons le point central de la figure 60 qui est le centre d’un demi-cercle. Si je place le compas tantôt au point A, un peu à gauche du
Fig. 59. Tracé d’un arc en ogive aiguë ou lancéolée.
point central, tantôt au point B, les segments des arcs que je tracerai se couperont au sommet en décrivant une ogive obtuse.
C’est principalement dans la fenêtre, comme nous le verrons tantôt, que l’ogive se manifeste comme caractéristique du style de transition. Elle y recouvre des divisions intérieures assez étroites qu’abrite un arc en plein cintre faisant office d’archivolte. Dans ce cas, comme l’espace qu’elle recouvre est étroit, elle est plus pointue et annonce déjà V ogive à lancette ou lancéolée qui caractérisera le style gothique primaire.
Si je prends comme centre un point en dehors de la corde d’un cercle, j’obtiendrai un arc aigu (fig. 59). Ainsi, je trace un demi-cercle. Ensuite, je place mon compas à un point en
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
dehors de la corde de ce cercle, le segment du deuxième demi-cercle rencontrera le segment du premier demi-cercle en un point donné et j’obtiens une ogive aiguë. Précisément parce qu’elle est aiguë, on l’appellera lancéolée ou à lancette à raison de sa similitude avec la pointe d'une lance.
Fig. 6o. Tracé d’un arc en ogive obtuse.
Fig. 6i. Tracé d’un arc en ogive équilatérale.
Il y a d’autres variétés d’arcs en ogive : V ogive équilatérale et V ogive en tiers-point.
Prenez un triangle équilatéral (fig. 6i A-B-C). Les angles de la base A-C, serviront de centres au compas et l’arc brisé que vous obtiendrez sera dit équilatéral.
Enfin, si vous divisez la corde (fig. 62) en trois parties égales, et si vous placez le compas sur le troisième point opposé au point extrême de la corde, c’est-à-dire aux points 2 et 3, vous décrivez une ogive en tiers-point. Si vous partez du point 3, ce point sera tiers-point par rapport au point I qui est le point extrême de la corde. Réciproquement le point 2 est tiers-point par rapport au point extrême /j. L’ogive est appelée ogive en tiers-point parce que la pointe du compas est placée sur le troisième point diviseur de la corde.
Les différentes opérations auxquelles nous venons de nous livrer, nous ont fait connaître quatre espèces d’arcs en ogive: