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L’ogive en tiers-point

Fig. 62, Tracé d’une ogive

En les traçant, on aura remarqué que l’écartement de l’arc varie suivant le point auquel on place le compas. Très souvent ce seront les besoins de la construction qui commanderont le degré d’écartement de l’ogive.

en tiers-point.

LE STYLE ROMANO-OGIVAL

Remarque importante. Ces arcs ne se succèdent pas chronologiquement d’une façon rigoureuse, en ce sens qu’on n’applique pas tout d’abord, et exclusivement, l’ogive obtuse; puis, abandonnant celle-ci, l’ogive aiguë; puis, successivement l’ogive équilatérale et l’ogive en tiers-point, chacune de ces ogives écartant systématiquement sa devancière. Du tout. Dans le style gothique on rencontre à toutes les époques les différents arcs à la fois, mais comme Tun d’eux est préféré à un moment donné aux autres il imprime au style gothique un caractère particulier. C’est ainsi que l’ogive aiguë, appelée à lancette ou lancéolée, caractérise le style gothique primaire, tandis que l’arc en tiers-point est par excellence l’arc du style gothique secondaire.

Dans le style romano-ogival nous rencontrerons de préférence les deux premiers types d’arc en ogive, Vogive obtuse, dans la voûte par exemple, et l’ogive aiguë dans la fenêtre et principalement dans ses subdivisions.

D’oü vient l’arc en ogive} Cet arc est connu en Orient dès le V® siècle et il est appliqué en Occident, mais exceptionnellement, au XI® siècle. On le trouve, par exemple, dans les constructions normandes ou arabes de la Sicile. Mais à partir du XII® siècle il devient de plus en plus fréquent en France et finit par écarter complètement le plein cintre roman.

Que signifie le mot ogive? Nous avons dit tantôt que l’expression ogive, en tant qu’elle s’applique à l’arc brisé, est impropre. Ogive est une variante de l’adjectif augif, augive, qui dérive du verbe latin augere qui veut dire augmenter, renforcer. En réalité le vocable arc augif désigne, à l’origine, la nervure qui vient s’appliquer en saillie sur l’arête nue de Tare de la voûte, dont elle renforce ainsi — augmente — — là résistance, peu importe que la voûte soit faite d’arcs en pleins cintres ou d’arcs brisés qui s’entrecroisent.

Le mot ogive a donné lieu a une grande discussion dans laquelle nous ne désirons pas entrer ici. Bien qu’il semble démontré que Vogive soit réellement la bande — nous dirons la nervure — qui s’applique sur Tarête nue d’une voûte, il n’en est pas moins vrai que dans la pratique le mot a dévié de son sens primitif. Après avoir désigné Tare brisé lui-même, décrit par deux arcs augif s ou ogives qui s’entrecroisent dans la voûte, il a fini par s’appliquer à tout arc brisé quelconque, indépendamment de toute relation avec les ogives (ou nervures) de la voûte. C’est pourquoi, pour une raison pratique, afin de ne pas troubler une notion que tout le monde com-

L’ARCHITECTUEE DU MOYEN AGE

prend et accepte, nous continuerons à nous servir de l’expression ogive pour qualifier Varc hrisé qui recouvre une porte, une fenêtre ou une arcade. Ainsi nous dirons Varc en ogive de la fenêtre, l’ogive de la fenêtre, cette fenêtre a deux ogives géminées recouvertes d’un arc en plein cintre, les ogives inscrites dans une arcature, etc. Par contre en parlant des moulures en saillie, recouvrant et renforçant les arêtes d’une voûte, nous dirons, non pas ogives, mais nervures.

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