GALERIE OU TRIFORIUM
Le triforium est une galerie intérieure, à paroi ajourée, qui se trouve au-dessus des arcades de la nef principale, et qui parfois continue dans le transept et dans le chœur. C’est une sorte de chemin de ronde qui permet de circuler autour de l’église et d’en surveiller la partie élevée. Les architectes en ont fait en même temps un ornement. On croit que cette galerie trouve son origine dans la tribune des églises romanes. En effet, dans les églises romanes d’une certaine importance les bas-côtés comportaient parfois deux étages. Le deuxième étage s’ouvrait dans la nef principale et était muni d’une balustrade. L’application de la voûte aux bas-
Fig 92. Vue générale de l’église de N.-D. de la Chapelle. Le chœur et le transept sont de style romano-ogival, de la première moitié du XIII® siècle.
Fig. 93. Vue du chœur de l’église de N.-D. de la Chapelle. (Première moitié du xiii® siècle.) D’après le cliché Becker.
Fig. 94. Portail romano-ogival du transept sud de l’église de N.-D. de la Chapelle (reconstitution de 1860).
LE STYLE ROMANO-OGIVAL
côtés fit disparaître cet étage, mais on conserva au-dessus des arcades de la grande nef une galerie très étroite qui permettait de faire le tour de l’église.
Les nefs de l’église romano-ogivale de N.-D. de la Chapelle ont disparu, nous l’avons dit déjà, dans l’incendie de 1405, de sorte que nous ignorons s’il existait une galerie ou triforium entre les arcades de la grande nef et les fenêtres supérieures qui éclairaient celle-ci. Quant au chœur qui nous a été conservé, il est contourné d’une galerie dont la structure est intéressante. Ce n’est pas à vrai dire un triforium, mais un chemin de ronde placé à la hauteur de la cimaise (fig. 90). Un faisceau de trois colonnettes annelées, descendant jusqu’au sol et séparé du mur de l’étage par un vide, alterne avec
Fig. 95. Essai de reconstitution de l’église romano-ogivale de N.-D. de la Chapelle (première moitié du xiii^ siècle), d’après De Bruyn.
une simple colonne isolée, dont la base se confond avec la cimaise. A cette colonne isolée correspond une colonne engagée dans la paroi du mur. Sur ces deux colonnes repose une sorte d’entablement. L’arc-doubleau vient s’appuyer sur la colonne antérieure isolée, tandis que la nervure de la voûte finit dans l’angle au-dessus de la colonne engagée. Le faisceau à triple colonnette remplit les mêmes fonctions. L’arc-doubleau repose sur la colonnette centrale, les nervures sur les
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
colonnettes latérales, disposées quelque peu en retraite sur la colonnette centrale. On peut circuler entre les colonnettes et le mur, et faire ainsi le tour du chœur. C'est une espèce de déambulatoire surélevé et étroit.
L'intérieur du chevet du chœur de l'église de Sainte- Gudule est d'une architecture analogue. On y retrouve une galerie identique à celle que nous venons de décrire (fig. 91), nouvelle preuve de la parenté évidente qui existe entre les deux églises.