‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 46 sur 143 · MILIEU ARTISTIQUE · texte numérisé non relu

MILIEU ARTISTIQUE

Une période aussi riche déjà que le xiii® siècle bruxellois devait stimuler maint talent, et c'est certainement à Bruxelles meme que se rencontrèrent les tailleurs de pierres et les maçons, et sans nul doute aussi les architectes, qui se chargèrent de la construction et de l'ornementation de nos monuments gothiques. Mais leurs noms sont profondément ignorés, comme le sont en général ceux des artistes qui ont édifié en Belgique les édifices du xiii® et du début du xiv® siècle. Çà et là, dans les chartes bruxelloises de cette lointaine époque, on rencontre la mention d'un lapicida, d'un tailleur de pierre, et nous pouvons présumer qu’à l'exemple des menuisiers, des ébénistes et des briquetiers, les maçons, les tailleurs de pierre, les ardoisiers et les sculpteurs constituaient déjà des groupements professionnels. Il n'en est fait cependant aucune mention expresse en 1306, lorsque pour la première fois les artisans se mirent en lutte ouverte contre les patriciens et essayèrent de créer des corporations.

Quoi qu'il en soit, les artisans de la construction en pierre doivent avoir existé nombreux dans une ville aussi prospère et aussi riche que Bruxelles, mais qu'ils vivent isolément, sans conscience corporative, ou qu'ils soient groupés déjà dans des loges, toujours est-il qu'il ne peut être question encore d'une école d’art bruxelloise au xiii® ni même au début du XIV® siècle. Nos artistes travaillent sous l’impulsion de maîtres étrangers, tournaisiens, flamands et français. Comme tous les compagnons du Moyen Age, ils font sans doute leur « tour de France », visitant les chantiers les plus renommés de leur temps. Tournai, Soissons, Chartres, Amiens, Reims et Paris. Ce n’est qu'un siècle plus tard que nous pourrons saluer l'avènement en Brabant d’une véritable école d'art locale qui aura son centre à Bruxelles.

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