‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 49 sur 143 · I. Op. dipl. IV, 256. Henne et Wauters, III · texte numérisé non relu

I. Op. dipl. IV, 256. Henne et Wauters, III

LE STYLE GOTHIQUE PRIMAIRE

Le plan cependant se complique, surtout du côté du choeur, par la construction d’un déambulatoire et par l’adjonction de chapelles latérales.

A. Déambulatoire. Le mot latin deamhulare veut dire aller tout autour, d’où le mot déambulatoire ou pourtour. On entend par là un portique qui contourne le chœur. Ce dispositif se rencontre dans les églises d’une certaine importance, par exemple dans les églises collégiales, c’est-à-dire celles qui sont sièges d’une communauté de chanoines.

La fig. 96 nous présente le déambulatoire de l’église de Sainte-Gudule. On voudra bien ne s’arrêter qu’à la partie construite au cours du xiii® siècle et indiquée par les lettres A et B. Le déambulatoire y est délimité, d’un côté, par les colonnes du chœur B, de l’autre par les colonnes en faisceau des chapelles H et I.

B. Chapelles latérales. Dans le déambulatoire s’ouvraient primitivement huit chapelles latérales qui rayonnaient autour du chœur et symbolisaient la couronne d’épines du Sauveur. A gauche, les chapelles de Saint-Pierre, du Saint- Sacrement, de Sainte-Catherine et de Saint-Nicolas; dans le fond, dans l’axe même du chœur, la chapelle de Sainte-Marie-Madeleine; à gauche, les chapelles de Sainte- Anne, de la Trinité, et de Saint-Luc. Toutes disparurent, à l’exception de la chapelle du fond, lors de la construction en hors-d’œuvre de la chapelle du Saint-Sacrement, en 1534, et de la chapelle de la Vierge en 1649.

Le nombre des chapelles latérales s’accrut au fur et à mesure que le culte des saints se développa. Dans la basilique chrétienne primitive il n’y avait qu’un seul autel, placé dans le chœur ou dans l’abside. A ce premier autel vinrent s’ajouter bientôt deux autels latéraux, placés de part et d’autre de l’autel central qui devint ainsi le maître-autel, l’un dédié au culte de la Vierge, l’autre au saint protecteur du temple. Les saints se multipliant sans cesse et sollicitant de plus en plus la vénération des fidèles, il fallut trouver un endroit pour abriter leur autel. On en arriva à l’idée de percer l’épaisseur des murs et d’y construire des chapelles. Celles-ci firent d’abord leur apparition autour du chœur; puis, finirent par s’aligner tout le long des murs collatéraux. La première église, à Bruxelles, qui connut le système des chapelles rayonnantes autour du chœur fut précisément l’église collégiale de Sainte-Gudule, la plus importante de toutes.

L'ARCHITECTURE DU MOYEN AGE

La construction, en 1534 et en 1649, deux énormes chapelles latérales, en remplacement des huit petites chapelles rayonnantes, brisa le plan primitif. Une miniature de la fin du xv® siècle est la seule représentation que nous possédions de l’édifice tel qu’il était avant l’adjonction des grandes chapelles au xvi® et au xvii® siècle (fig. 97).

Fig. 98. Plan-terrier de l’église de Forest.

A. Partie romane (xi®-xii® s.).

— B. Partie ogivale primaire (xiii® s.). — Chapelle Sainte- Alêne (xv® s.). — D. Chapelle de la Vierge (xvi® s.). — E. Chapelle de Saint- Joseph (xvi® s.).

— F. Partie du xvii® siècle. — G. Tour (xiii® s.). — H. Maison dite Geesthuys (xvi® s.).

une série de chapelles late gothique primaire, comme ]

Remarquons en terminant que le déambulatoire et les chapelles rayonnantes qui apparaissent à Bruxelles au xiii® siècle, ne sont pas des éléments propres à l’architecture gothique primaire. On les trouve déjà dans le style roman des grandes basiliques rhénanes, à Aix-la-Chapelle par exemple, dont le plan semble avoir servi de modèle au plan de Sainte- Gudule tel qu’il fut primitivement conçu. On peut supposer, en effet, que la collégiale devait figurer un édifice à pans coupés avec déambulatoire et chapelles convergentes. Lorsqu’on modifia le plan, dans la seconde moitié du xiii® siècle, et qu’on décida de l’achever dans le style gothique primaire, on remplaça le pourtour roman par un déambulatoire ogival.

On conserva le chevet du chœur existant, tout en l’adaptant aux nécessités nouvelles; on le prolongea à droite et à gauche du déambulatoire, par aies construites dans le style chœur lui-même.

Le plan de Véglise de Forest est devenu méconnaissable. Un œil averti et attentif y découvrira toutefois la croix latine primitive. On retrouve dans la fig. 98, littera B, le chœur à trois pans coupés ainsi que la nef principale. Lesbras du transept (D et E) ont été modifiés et élargis, surtout le bras gauche sur l’emplacement duquel on éleva la chapelle de la Vierge.

LE STYLE GOTHIQUE PRIMAIRE

L’église de Forest n’avait pas à l’origine de chapelles latérales, à part la chapelle romane primitive de Sainte-iUène (littera A).Elle affectait la forme d’une simple croix latine. On remarquera que la tour (G) se trouve toujours à l’ouest, en tête de l’église, comme dans les églises romanes que nous avons décrites; peut-être appartient-elle à une construction plus ancienne qui disparut, lorsqu’on reconstruisit l’oratoire dans la seconde moitié du xiii® siècle

Quant à V église de N.-D. de Laeken, elle était également bâtie en forme de croix latine. La tour était située à l’intersection du chœur et du transept. L'édifice a disparu en iqoq, sauf le chœur qui fut heureusement conservé.

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