L’ARC
Nous avons vu que dans le style romano-ogival l’arc brisé dit ogive n’est appliqué qu’accessoirement à la fenêtre ou à la voûte. L’arc principal reste toujours l’arc en plein cintre. Vers 1250, révolution du style roman en style ogival pur s’accomplit. L’arc en ogive refoule complètement l’arc cintré et devient l’élément essentiel de la nouvelle architecture. Il recouvre les portes, les fenêtres, les arcatures et trouve dans la voûte une application hardie qui assure définitivement le succès du style ogival.
Fig. 99. Arc aigu ou lancéolé théoriquement tracé.
Fig. ioo. Arc aigu ou lancéolé dans son application.
D’obtuse qu’elle est dans le style de transition, l’ogive prend une forme élancée. Son sommet devient un véritable angle aigu qui ressemble à la pointe d’une lance, d’où le nom à’ ogive lancéolée ou à lancette. Nous la connaissons déjà (p. 59 et fig. 59) et nous savons qu.’elle est formée de deux arcs dont les centres sont situés en dehors des points de retombée de ces arcs sur la corde. Les fig. 99 et 100 juxtaposées montrent,
I. Voir le Guide illustré de Bruxelles. Monuments religieux, 2® éd. p. 298 avec figures.
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
l’une, Tare lancéolé ou aigu, théoriquement tracé, l’autre, le même arc dans son application pratique.
Cependant ne croyons pas que l’ogive obtuse du style romano-ogival devienne toujours aiguë dans le style gothique primaire. Souvent encore elle reste obtuse. L’arc de la première travée du chœur ogival primaire de l’église de Sainte- Gudule, de la seconde moitié du xiii® siècle, est tellement obtus encore qu’il se confond presque avec l’arc en plein cintre. Celui de la deuxième travée affecte la même forme, tandis que l’ogive de la troisième travée, attenante au transept et construite certainement en dernier lieu, est au contraire aiguë, curieux et intéressant exemple de l’évolution de l’ogive dans une seule et même partie d’édifice. La fig. 138 nous donne une idée de l’écartement très grand encore de l’ogive.