‹ Traité d'architecture dans son application aux monuments de BruxellesChapitre 74 sur 143 · II. LE CONTREFORT ET L’ARC-BOUTANT · texte numérisé non relu

II. LE CONTREFORT ET L’ARC-BOUTANT

lo Le contrefort. Dans les églises importantes dont les collatéraux sont bordés de chapelles, le système du contrefort se modifie. Les murs séparatifs des chapelles remplissent

Fig. 149. Coupe d’une travée du chœur et des collatéraux de l’église de Sainte-Gudule, montrant la disposition intérieure des contreforts à l’endroit des chapelles latérales (xiv® siècle).

L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE

désormais le rôle de piliers butants; du côté extérieur de rédifice, on ne voit plus qu’un simple pilastre saillant.

Ce système est celui que l’architecte a appliqué au collatéral droit de l’église de Sainte-Gudule. La coupe d’une travée, fig. 149, permet de se rendre compte de cette disposition nouvelle.

Aux endroits marqués A et B, s’élèvent les colonnesmaîtresses de la nef centrale. Le pointillé indique les croisées d’ogives de la voûte ainsi que les arcsdoubleaux, En C et en D, de part et d’autre de l’entrée de la chapelle latérale, s’élève un massif de colonnes engagées. On reconnaîtra en C et en D les trois colonnes cylindriques engagées dont nous avons donné une coupe à la fig. 148. Ces massifs sont reliés au mur principal extérieur E, F, par un mur transversal qui sépare les chapelles. C’est ce mur qui remplit le rôle de contrefort, tandis que du côté extérieur, aux points G et H, il n’y a plus qu’un simple pilastre.

Le pilastre est divisé en étages, séparés par une moulure en guise de larmier.

Fig. 1 50. Pilastre-contrefort du collatéral droit de l’église de Sainte-Gudule (xiv® siècle).

LE STYLE GOTHIQUE SECONDAIRE

Dans le style gothique rayonnant il est saillant depuis la base du mur (fig. 150). Au stade suivant du style gothique, c’està-dire au stade flamboyant, il ne le sera plus qu’à partir du seuil des fenêtres (par exemple au collatéral gauche de l’église de Sainte-Gudule, fig. 212) ou même il ne le sera plus du tout (par exemple aux collatéraux de l’église de N.-D. de la Chapelle, fig. 92).

Il va sans dire que ce pilastre fait corps avec le contrefort intérieur, de sorte qu’il n’y a, en réalité, qu’un seul et même pilier de résistance.

Si le mur séparatif s’arrêtait à la naissance de la voûte de la chapelle latérale, il serait incapable de résister à la poussée formidable qu’exerce la voûte très élevée de la nef principale. Il faut donc de toute nécessité qu’il se prolonge au-dessus des combles de la chapelle, entre les gâbles. Le contrefort se compose ainsi de deux parties : une partie invisible de l’extérieur — c’est le mur séparatif des chapelles latérales — et une partie visible, celle qui se dresse au-dessus des chapelles entre les gâbles.

La gravure (fig. 124) nous donne une idée de la disposition du contrefort; le dessin (fig. 150) la précise.

2® Le pinacle. Au-dessus de la partie visible du contrefort s’élève un pinacle ou clocheton. Ce n’est plus l’édicule massif du style gothique primaire (fig. 116) mais un gracieux achèvement surmonté d’une flèche, dont les rampants sont ornés de crochets feuillus et le faîte couronné d’un joli fleuron. La fig. 15 1 nous en montre l’élégante silhouette.

Fig. 1 51. Pinacle couronnant les pilastres du collatéral droit de l’église de Ste - Gudule (xiv® siècle).

Non seulement les arêtes de sa flèche polygonale sont ornées d’une série de feuilles stylisées en guise de crochets, mais sa masse est rendue plus légère par les panneaux trilobés qui la décorent et par la niche avec statue qui parfois

L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE

Page 1