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LE PLAN

Le plan adopté dans la construction des églises romanes est le plan hasilical. Ce plan est ainsi appelé parce qu’il reproduit le plan de la basili-

Fig. 2. Vue générale de l’église romane de Sainte- Anne à Auderghem, (xii® siècle.)

Le plan basilical est propre aux oratoires rhénans et c’est l’école germanique rhénane qui nous l’a transmis.

Nous distinguons deux types différents de plan basilical :

1° Un type basilical simple ne comprenant qu’une salle rectangulaire, terminée par une salle plus petite, de moindre largeur que la salle principale et construite dans Taxe de celle-ci. La grande salle servait aux fidèles; la petite salle terminale abritait le maître-autel et était réservée aux clercs.

L’endroit occupé par l’autel affectait trois formes distinctes : il était rectangulaire, comme la grande salle ellemême, ou bien arrondi au chevet ou bien encore à pans coupés.

Quand la partie terminale était simplement rectangulaire, elle formait à elle seule le chœur (voyez la fig. 3, b). Quand elle était arrondie au chevet, elle se subdivisait en deux tronçons : la partie antérieure constituait le chœur proprement dit, tandis que la partie postérieure arrondie prenait le nom à’ abside (voyez la fig. 4, B et c). Il en était de même quand le chevet du chœur était à pans coupés (fig. 5, B et c).

Le chœur (B) était l’endroit où se tenaient les chantres et

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où évoluaient les officiants. L’abside abritait l’autel principal ou maître-autel. Celui-ci était placé à une petite distance du mur, de manière à pouvoir le contourner (fig. 3 C, fig. 4 et 5, D).

Dans la grande salle (A), à l’entrée du chœur, à droite et

Fig. 3. Plan basilical avec chœur rectangulaire. A. Salle rectangulaire réservée aux fidèles.

— B. Chœur rectangulaire. — C. Maître-autel. — D, D. Autels latéraux. — E. Tour-clocher. — F. Entrée latérale.

Fig. 4. Plan basilical avec chœur rectangulaire et abside arrondie. A. Salle rectangulaire réservée aux fidèles. — B. Chœur.

— C. Abside en hémicycle. — D. Maître-autel. — E, E. Autels latéraux. — F. Tour-clocher. — G. Entrée latérale.

à gauche, s’élevaient deux autels latéraux (fig. 3 D, fig. 4 et 5, E).

La grande salle était séparée du chœur par un grand arc appelé arc triomphal. L’entrée était latérale, et c’est même là une des caractéristiques propres aux églises romanes.

Enfin, en tête du plan s’élevait la tour-clocher (fig. 3, E, fig. 4 et 5, F), dont nous parlerons ci-après au paragraphe 18,

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p. 48. Cette tour, fermée sur les trois faces extérieures, ne communiquait avec l’église que vers l’intérieur.

Tel est le plan basilical simple. Nous en trouvons une application dans la chapelle de Sainte- Anne, à Auderghem ^ (fig. 6). Nous découvrons immédiatement dans le plan de cet oratoire les parties essentielles du plan basilical : la grande salle rectangulaire; le chœur du type rectangulaire; le maître-autel et les autels latéraux; enfin, la tour.

D’après les principes de la construction romane, l’entrée aurait dû être latérale; or, ici, elle est percée dans le mur antérieur de la tour, dans l’axe même de l’édifice. C’est une exception à la règle.

2° Plan basilical a trois nefs.

Le plan en simple rectangle était d’ordinaire celui des petits oratoires; quand les besoins du culte exigeaient une salle plus vaste, on divisait celleci en trois parties dans le sens de la longueur.

On appelle nefs les trois divisions longitudinales d’un édifice. La partie du milieu, généralement plus élevée que les parties latérales et éclairée dans le haut par des fenêtres, est la grande nef ou la nef principale. Les deux autres sont dénommées nefs latérales ou has-côtés ou simplement collatéraux. Ceux-ci sont non seulement plus bas que la nef principale, mais aussi plus étroits. Généralement la nef latérale mesure la moitié de la grande nef.

La nef principale est séparée des

Fig. 5. Plan basilical avec chœur rectangulaire et abside à pans coupés. A. Salle rectangulaire réservée aux fidèles. — B. Chœur. — C. Abside à pans coupés.— D. Maître-autel.

— E. E. Autels latéraux. — • F. Tour-clocher. — G. Entrée latérale.

nefs de droite et de gauche par des

piliers ou des colonnes, de sorte qu’il est possible de circuler librement dans les trois parties de l’édifice. Prenons la fig. 7

I. D’après le chanoine R. Lemaire, Guide descriptif de la chapelle Sainte-Anne à Auderghem. Bruxelles, Vromant, 1918, avec illustrations. L’auteur, qui a dirigé les travaux de restauration, date cet édifice du début du xi® siècle.

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qui nous montre dans A la grande nef; dans B, B, les bascôtés, ceux-ci séparés par des piliers de la partie centrale.

Pour distinguer les collatéraux entre eux, on dit collatéral droit ou has-côté droit, collatéral gauche ou has-côté gauche. Le collatéral droit est celui que nous trouvons à notre droite

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Fig. 6. Plan de l’église Sainte- Anne à Auderghem (xiie siècle).

Fig. 7. Type basilical à trois nefs.

A. Nef principale. — B. Nefs latérales avec bas-côtés ou collatéraux. — C. Chœur. — D. Abside. — E. Maîtreautel. — F. G. Autels latéraux. — H. Tour. — I. Entrées.

quand nous entrons dans une église; le collatéral gauche, celui que nous avons à notre gauche Le dispositif du chœur reste conforme au dispositif que nous avons appris à connaître. Les entrées sont latérales et la tour se trouve toujours en hors-d’œuvre, en tête du monument.

I. En déterminant ainsi la droite et la gauche d’un monument, nous nous plaçons à un point de vue pratique. Nous estimons que l’être animé l’emporte sur un objet inanimé et qu’il est inutile de compliquer les choses en prêtant une âme à un édifice et en l’assimilant arbitrairement à un être humain.

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Nous retrouvons dans une église suburbaine de Bruxelles, celle de Woluwe-Saint-Lambert, le type basilical à trois nefs, bien que le plan primitif ait été agrandi et les murs latéraux reconstruits (fig. 8).

Nous devons faire remarquer, de crainte qu’on ne perde de vue les principes généraux, que l'entrée latérale que nous remarquons dans le mur sud de la tour, fut percée en 1725, date à laquelle disparut l’entrée latérale qui existait dans le mur du collatéral.

30 Le plan en croix latine. Ce plan apparaît à la fin de l’époque romane, c’est-à-dire à la fin du XII® et au XIII® siècle.

Entre le chœur et la grande salle divisée en nefs vient se placer transversalement une partie nouvelle qu’on appelle le transept. Les bras de ce transept dépassent les murs des bas-côtés et simulent ainsi une croix. C’est la forme en croix dite croix latine qui sera et restera le plan par excellence des églises chrétiennes pendant tout le moyen âge. Le chœur correspond à la tête de la croix, les bras du transept aux bras de la croix, la grande nef au montant.

De même que nous distinguions tantôt les collatéraux en collatéral droit et en collatéral gauche, de même nous distinguons les bras du transept en hras droit du transept (celui qui est à notre droite quand nous regardons le chœur) et en hras gauche du transept (celui qui est à notre gauche quand nous fixons le même point) . Enfin, l’espace compris entre le chœur et les premiers supports de la nef principale s'appelle le carré du transept.

Toutes ces notions deviendront claires si on inspecte le plan de la figure 9 que voici : le transept y est indiqué par la lettre C; c’est la partie qui coupe transversalement l’église. Les lettresE et E' marquent, l’une, le hras gauche du transept.

Fig. 8. Plan de l’église de Saint - Lambert, à Woluwe. A. Tour (xii® siècle). — B Parties reconstruites en 1725. — C. Agrandissement récent (xixe siècle). — D. Piliers romans supprimés.

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Tautre, le hras droit. Enfin la lettre D montre remplacement de ce qu’on est convenu d’appeler le carré du transept. Les autres parties du plan nous sont connues : A, le chœur avec sa subdivision en chœur proprement dit (a) et en abside (b) ; — B, la nef centrale; — G, le bas-côté; — H, l’entrée latérale; — F, la tour.

Comme exemple de plan en croix latine appliqué à une

Fig. 9. Plan en forme de croix latine.

église romane, signalons l’église de Saint-Clément à Watermael, malheureusement défigurée par des remaniements maladroits (fig. 10, d’après Lemaire).

Il n’est pas certain toutefois que l’église romane de Watermael fût à l’origine une construction en croix latine. Peutêtre bien était-elle bâtie, comme l’église voisine de Woluwe- Saint- Lambert, suivant le plan basilical à trois nefs.

Pour terminer l’étude du plan de l’église romane, il nous reste à parler du plan de la crypte d’ Anderlecht, de la fin du XI® siècle. Ce plan s’éloigne du type courant du plan basilical à trois nefs (fig. ii). L’abside est à trois pans et la salle rec-

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tangulaire est divisée en cinq parties. Trois de ces parties correspondent aux nefs traditionnelles; les deux autres sont une sorte de bas-côtés extrêmes.

La partie réservée à Tautel servait à la fois de chœur et à’ahside.

La crypte était destinée à supporter le chœur de l’église supérieure.

Orientation des églises. En

principe le chœur est orienté vers Vest. On se sert souvent des points cardinaux pour désigner les différentes parties d’une église.

Au lieu de dire bras droit du transept, collatéral gauche, on dit bras sud du transept; collatéral nord.

Cette façon de s’exprimer est

Fig. 1 1 . Plan-terrier de la crypte de l’église Saint-Pierre à Anderlecht (fin du XI® siècle).

même plus scientifique que celle que nous avons adoptée et elle a le mérite d’éviter cette fastidieuse discussion entre la

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Fig. io. Plan de l’église de Watermael (xii^ siècle).

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droite et la gauche d’un monument. Par contre elle oblige le visiteur à rechercher les points cardinaux, ce qu’un chacun ne fait pas avec la même facilité.

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