L’ARC
La caractéristique dominante du style roman est Y arc en plein cintre, d’où le nom de style à plein cintre donné parfois au style roman.
Cet arc est formé par un demi-cercle retombant sur des piédroits (fig. 12). Lorsque les retombées du demi-cercle sont prolongées par des verticales, on dit que l’arc est surhaussé (fig- 13)-
Construction de Parc. Apprenons à connaître la construction d’un arc ainsi que les conditions qui assurent sa stabilité.
Pour bander un arc on prend un appareil provisoire en charpente qui a la forme d’un cintre. Sur cet appareil qui sert de support momentané, on dispose des blocs de pierre taillés en coin, afin de pouvoir les ranger convenablement et les serrer les uns contre les autres. Ces blocs prennent le nom de claveaux. Les premiers qu’on pose sont les sommiers. Le dernier, qui est le claveau supérieur, doit claver c’est-à-dire fermer l’arc, et de ce chef il s’appelle clef.
Consultez la figure 14. L’arc est fait d’une série de pierres, taillées en forme de coin, aussi la largeur vers l’intérieur estelle moindre que vers l’extérieur. Les pierres sont numérotées I à 13 et toutes s’appellent claveaux. Cependant les pierres I et 13 qui sont les premières qui ont été posées, prennent plus spécialement le nom de sommiers. Enfin, la pierre 7 joue un
rôle spécial. Elle ferme la série des claveaux et les tient serrés les uns contre les autres.
C’est la clef. Seule, elle se trouve dans un axe absolument Fig. 12. Fig. 13. vertical.
Arc en plein cintre. Arc en plein cintre t >
surhaussé. L arc que nous
venons de construire, présente une face verticale ou tête, qui est marquée dans le dessin par la lettre A. Il montre aussi deux surfaces cylindriques, l’une convexe, l’autre concave.
LE STYLE ROMAN
Fig. 14. Dessin montrant la théorie de la construction de Tare en plein cintre.
La ligne semi-circulaire extérieure ou convexe prend le nom à’ extrados. Nous l'indiquons par la lettre B. La ligne semi-circulaire intérieure ou concave s'appelle intrados, c'est-à-dire dos qui est en dedans (intra), tandis que l'autre est en dehors (extra). L'intrados est marqué C. Nous nous servirons souvent de ces expressions dans la suite et il importe de les retenir.
Enfin, Tare n'est pas suspendu dans le vide mais s'appuie sur un massif vertical. Entre l'arc et le massif, il y a généralement un coussinet appelé imposte (lettre D).
Poussée de Parc. Dès qu'on enlève le cintre sur lequel on a disposé les claveaux et qu'on livre ceux-ci à leurs propres forces, l'arc exerce une poussée. Les claveaux-sommiers (fig. 14, nos I et 13), posés horizontalement sur les supports, sont au repos. Ils n'exercent aucune poussée. Les claveaux les plus rapprochés, maintenus dans une position plus ou moins horizontale, restent également en place. Ainsi 4 et 10 peuvent encore se maintenir, mais il n'en est plus de même des claveaux 5 et 9 par exemple, qui tendent à glisser et à se frayer un passage en écartant leurs voisins. Les pierres 6 et 8, placées pour ainsi dire verticalement, exercent tout particulièrement une action dans ce sens. Heureusement le claveau 7 intervient et remplit l'office de clef. Les claveaux sont pressés vivement les uns contre les autres.
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
et comme ils neutralisent réciproquement leur action, ils concourent tous à la stabilité de l’arc. La force qu’ils déploient glisse le long de l'arc, décrit une courbe — la courbe des pressions — et se perd dans la maçonnerie qui sert de support. Celui-ci doit être en état de résister à la poussée, car on conçoit facilement que s’il devait céder, Tare s’effondrerait.
L’idée de poussée reviendra souvent au cours de notre étude, notamment quand nous parlerons de la voûte.