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manœuvres décisives sur les communications de l’ennemi. Si Paris eût été fortifié en 1814, le mouvement de l’empereur sur Saint. Dizier aurait probablement assuré le succès de la campagne.
Telle est la préparation de l’échiquier.
Puis vient la concentration de l’armée. Celle-ci se réunit en arrière de la frontière qu’elle doit défendre. Afin d'éviter toute surprise, afin de laisser l’ennemi dévoiler ses projets, elle s’établit à deux ou trois marches en arrière, ne plaçant que des avant. gardes sur la limite extrème du pays.
La première période comprend tous les mouvements relatifs à la défense du premier objectif.
On peut, dans cette période, livrer bataille si l’on trouve une occasion favorable et une position assez forte pour arrêter l’ennemi, Mais généralement celui-ci est encore trop rapproché de ca base, il a encore trop de supériorité numérique et morale, il a encore trop d’élan, pour courir de si grandes chances. Il vaut mieux se retirer sur sa deuxième ligne de défense, en manœuvrant avec ordre, avec méthode, avec fermeté, en ne recherchant que les combats d’arrière-garde, en laissant l’adversaire s’affaiblir, s’user, se fatiguer et en attendant le moment où l’équilibre se trouvera rétabli entre les deux armées, et où l’on pourra tenter avec succès la chance des armes.
Ce fut là le principe d’une des campagnes défensives les plus célèbres : celle de Wellington en 1810.
Cette défensive n’exclut pas les mouvements offensifs partiels, qui relèvent le courage des troupes, et qui empêchent le découragement.
C’est le cas aussi de mettre en action les moyens de résistance indirecte dont nous avons déjà parlé :
10. En soulevant la population sur les derrières de l’armée offensive ; en l’organisant en partisans, en levées en masse ; en la faisant soutenir par les garnisons des places fortes ;
20. En dirigeant sur les communications de l’ennemi des corps détachés, comme celui d’Augereau en 1814 ;
30. En se jetant enfin avec la masse de ses forces sur les derrières de l’armée offensive pour lui couper sa ligne de retraite et d’approvisionnements, tandis qu’on la contient en tête par un corps secon-
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Enfin, supposons que l’ennemi arrive devant l'objectif définitif de l’échiquier, capitale, grande place forte, camp retranché. L’armée défensive s’y est solidement établie ; elle appelle ses dernières ressources ; elle met en œuvre les derniers moyens de résistance du pays.
Elle peut alors arrêter l’ennemi par une bataille défensive où elle met les chances de son côté, ou bien elle peut l’arrêter par une résistance passive comme celle de Wellington en 1810,
Le succès de la campagne défensive est alors assuré et la retraite de l’ennemi devient très difficile.
Mais si, au contraire, l’ennemi est vainqueur, s’il occupe l’objectif définitif après la ruine de toutes les forces de la défense, il faut céder à la fortune, demander une armistice, puis la paix et accepter les conditions du vainqueur.
Ces conditions comportent des cessions de territoire et des contributions en argent.
Voilà la marche générale des opérations de la guerre défensive.
Nous terminous ici la stratégie, c’est-à-dire l’étude des mouvements et manœuvres qui ont lieu sur le théâtre des opérations.
Nous avons vu que la stratégie indique les points principaux de l’échiquier sur lesquels on doit porter ses efforts, qu’elle montre en même temps des lignes sur lesquelles on doit s'appuyer ou se mouvoir, enfin qu’elle détermine la marche générale des opérations d'une campagne.
C’est évidemment la partie la plus importante de l’art de la guerre, mais comme on a déjà eu aussi l’occasion de le dire, c’est en même temps la plus difficile, parce qu’elle opère loin de l’ennemi, au milieu d’une incertitude complète, parce que presque tous les calculs auxquels elle donne lieu ne sont basés que sur des hypothèses, enfin parce qu’en stratégie il faut savoir à la fois tout deviuer et ‘cat prévoir.
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De la grande tactique des positions militairos.
Les opérations stratégiques dont nous nous sommes occupé ont amené les armées en présence. Liies arrivent sur le champ de bataille.
Elles se disposent à combattre.
Elles se trouvent alors dans de nouvelles conditions. Elles vont agir d’après de nouveaux principes. L’ensemble de ces principes constitue la grande tactique.
L’art de la grande tactique est de disposer et de faire mouvoir les troupes sur le champ de bataille.
Elle comprend :
lo. L’étude des positions militaires, c’est-à-dire du terrain sur lequel les armées vont s’engager ;
20. L’examen des ordres de bataille, c’est-à-dire des dispositions suivant lesquelles les armées se rangeront pour combattre ;
30. L’étude des marches tactiques, c’est-à-dire des moyens employés pour faire mouvoir les armées lorsqu’elles se trouvent en présence ;
40. Enfin, l’étude des batailles elles-mêmes, c’est-à-dire l’étude des principes suivis pour foire combattre les troupes.
Telle est la grande tactique.
Les opérations du champ de bataille suivent les opérations stratégiques.
Elles leur succèdent.
Comme nous l’avons vu précédemment, une armée part de sa
base, marche le long de sa ligne d’opérations, et se dirige vers l'objectif qu’elle veut atteindre. Elle manœuvre alors autour de
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l'armée défensive qui couvre cet objectif pour chercher à la déposter, Sielle 4 y réussit pas par des manœuvres stratégiques, elle a recours à la tactique et elle livre bataille.
Les opérations tactiques succèdent donc aux opérations stratégiques et forment généralement le dénouement d’une période de campagne ou d’une campagne.
Des positions militaires. —On appelle position l’espace de terrain a sur lequel une armée s’établit et où elle trouve des conditions favo- AR rables pour ses projets ultérieurs. Re t
Une armée qui exécute une marche stratégique prend position tous les soirs pour passer la nuit. MR | |
Si elle veut livrer bataille elle occupe une position. x fi j}
Nous avons parlé précédemment de l’influence du terrain sur les eu opérations tactiques et du rôle que pourraient jouer ses divers ÿ Û accidents, hauteurs, bois, défilés, villages, maisons isolées, ravins, cours d’eau, marais, etc. $ 34
Parmi ces accidents, les uns comme les hauteurs, les bois, les &.: FOR villages, sont favorables et ajoutent à la force des troupes. Une HE armée doit chercher à les rencontrer sur le terrain qu’elie occupe. | TS
Les autres, ravins, défilés, marais, bas-fonds, sont défavorables ; nue ils empêchent ou ils gênent les mouvements des troupes. Une Er CR Q s Q 6 AS (1 armée doit par conséquent chercher à les rencontrer sur le terrain MN 1 (4 \
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qu’elle réserve à l’ennemi, sur le terrain que l’ennemi doit parcourit pour arriver à elle.
Les positions militaires se rencontrent en grand nombre sur les théâtres d’opérations, puisque ceux-ci sont de vastes surfaces géo- NN graphiques qui présentent une grande quantité d'accidents de toutes espèces.
“ On peut prendre 200 positions dans un espace de deux ‘ieues “ carrées, dit Frédéric dans une instruction à ses généraux.”
La difficulté est de les reconnaître et de les occuper convenable- Lee ment,
Quoi qu’il en soit les positions militaires doivent toujours remplir une première condition, c’est de mettre hors d’insulte l’armée qui les occupe.
Si nous considérons maintenant les positions relativement à la manière dont elle sont constituées, nous les diviserons en trois classes :
lo. Les positions à limites tranchées ;