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Renard, et, une fois placée, elle n’osait bouger de peur de tomber dans la confusion. Les lignes de l’armée étaient pour ainsi dire inflexibles ; elles étaient formées de bataillons parfaitement alignés et qui semblaient soudés les uns aux autres. Elles obéissaient à un seul commandement et le bataillon isolé n’avait aucune initiative.
Cet ordre de bataille varie avec le terrain et avec les circonstances.
L'on peut dire qu’il y a autant d’ordres de bataille qu’il y a de positions différentes. Ce n'est plus comme chez les Romains,
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dont l’ordre de bataille peu étendu était toujours le même et convenait à toutes les circonstances.
Aujourd’hui il n’y pas d’ordre de bataille complètement systématique.
Cependant cn reconnait un ordre de bataille primitif, fondamental, un type qui s'applique à un terrain nu et parfaitement horizontal, qui forme une disposition d’attente, d’organisation, de campement, et qui se modifis ensuite suivant la position de l’adversaire, suivant la compositiva1 de son armée, suivant les formes du terrain, suivant le but que l’on se propose, et suivant les diverses attaques que l’on veut tenter ou repousser.
Classification des ordres de bataille, —Il y a des ordres de bataille offensifs et des ordres de bataille défensifs, suivant le but que l’on se propose, suivant la pensée générale qui doit présider à engagement.
L'ordre de bataille défensif n’exclut pas l'offensive sur certains points ; et de même l’ordre de bataille offensif n’exclut pas la défensive.
Les ordres de bataille peuvent être :
lo. Parallèles, lorsque ies deux armées en présence peuvent engager à la fois le combat sur toute l’étendue de leur front ;
20. Obliques, lorsque la ligne de bataille est oblique, par rapport a celle de l’ennemi ;
30. Echelonnés, c’est l’ordre le plus fréquemment employé aujourd’hui.
Une armée peut être échelonnée sur l’une de ces ailes ; ce qui arrive dans les attaques d’ailes.
Elle peut être échelonnée sur les deux ailes, et présenter une lvrme concave ; ce qui arrive dans les attaques sur les deux ailes.
Elle peut être échelonnée sur le centre et présenter une forme convexe.
Enfin une armée peut être échelonnée sur le centre et sur une aile,
Principes de la formation des ordres de bataille, —Chez les Romains la légion présentait les trois lignes de troupes que l’on trouve encore aujourd’hui dans les armées.
En première ligne les hastaires, en seconde ligne les princes: en troisième ligne les triaires.
La deuxième ligne soutenait sière et était destinée à re. nouveler l’engagement.
La troisième ligne servait de réserve.
Tels sont encore les principes modernes.
Aujourd’hui les ordres de bataille présentent encore trois lignes. Il y a d’abord une première ligne formée de bataillons déployés.
Il y a ensuite une seconde ligne placée hors de la portée des petites armes, et se tient prête à voler au secours de la première, et à la remplacer en la faisant écouler derrière elle, pour lui donner le temps de se reposer et de se reformer.
Cette deuxième ligne est formée de bataillons déployés ou de bataillons en colonne, suivant que l’on a plus ou moins à craindre le feu de lartillerie ennemie.
Enfin en troisième ligne, il y a une réserve; on a remarqué qu'un général en chef restait spectateur impuissant des événements imprévus du champ de bataille, s’il ne conservait pas des troupes fraîches pour accourir au soutien d’une ligne en désordre, pour empêcher l’ennemi de tourner les ailes, de prendre les lignes en flanc ou par derrière, pour alimenter le combat sur un point important, pour frapper un coup décisif, pour profiter d’un succès, on enfin pour couvrir la retraite.
On en a conclu l'utilité d’une réserve, placée au repos et hors de la sphère du combat.
C’est ainsi que les triaires romains mettaient le genou en terre et s’abritaient sous leurs boucliers.
Aujourd’hui on tient les réserves à 1000 ou 1200 mètres de la ligne de bataille, ou bien on les met à couvert derrière un obstacle favorable. Elles sont généralement formées de colonnes en masse, par régiment ou par brigade. Une réserve comprend les trois armes ; c’est en quelque sorte une petite armée placée sous les ordres directs du général en chef, à la tête de laquelle il se tient hors du combat, prêt à profiter de la bonne fortune ou à corriger la mauvaise.
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Après avoir divisé ainsi un ordre de bataille en trois lignes, dans le sens de la profondeur, on le fractionne encore en trois parties, dans le sens du front, et l’on y reconnaît un centre et deux ailes ; quelquefois, pour une petite armée, deux ailes seulement.
Le fractionnement, dans le sens de la profondeur, en deux ou trois lignes, est indispensable pour que l’armée n’occupe pas trop d'espace, qu’elle puisse plus facilement se déployer et manœuvrer, enfin pour qu’elle présente plus de solidité.
Le fractionnement dans le sens du front est indispensable pour que les lignes ne soient pas obligées de se mouvoir tout d’une pièce, et encore pour mieux assurer le commandement de chacune des parties de l’armée.
Par rapport à la place des différentes armes:
L’infanterie forme le centre ;
La cavalerie sur les ailes ;
L’artillerie forme les batteries placées entre les intervalles des troupes.
Modifications apportées aux ordres de bataille primitifs par les formes du terrain. — Les formations que nous avons indiqué ; sont les formations habituelles et primitives des corps d’armée e. des armées, en faisant abstraction des formes du terrain.
Mais ces formations primitives se modifient suivant les divers accidents du sol. Elles se ploient à la nature et à la constitution de la position militaire que l’on occupe.
Les modifications principales qu’elles subissent sont les suivantes :
lo. Les alignements en ligne droite jraticables sur des terrains de manœuvres, ou sur des plaines rases, sont rarement de mise à la guerre.
Le front de bataille devront donc suivre les sinuosités du terrain.
Si on ne consultait que l’alignement, ces sinuosités pourraient arrêter l’effet des armes, ou soumettre la troupe aux feux dominants de l'ennemi. 11 faut donc briser la ligne de bataille suivant les accidents du sol.
Cette ligne présentera des saillants et des rentrants. Elle doit autant que possible fournir des flanquements sur les points d’attaque,
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se rapprocher de la forme bastionnée, et enfin ne pas présenter d’angles de moins de 120°.
On a vu des ordres de bataille demi-circulaires, en raison des formes du terrain et des circonstances où l’on se trouvait.
20. Le parallélisme des deux lignes de l’ordre de bataille n’est pas observé rigoureusement. La deuxième ligne s'éloigne on se rapproche de la première, suivant les abris qu’elle rencontre.
Elle est plus ou moins oblique suivant la forme du terrain.
Quelquefois, en arrière des points d’attaque, la deuxième ligne présente deux directions obliques, formant un rentrant, de manière à recevoir les colonnes de l’ennemi par des feux croisés.
30. Dans les pays, et quand celles-ci sont assez élevées, on descend Ja ligne de bataille à mi-côte, de manière à profiter de la pente.
On la place sur la courbe horizontale qui permet le mieux de voir les abords et de dominer l’ennemi.
La deuxième ligne est alors un peu en arrière de la crête.
La réserve e: , sur le plateau ou sur les revers des hauteurs.
On profite pour établir et abriter la première ligne, de tous les ressauts de terrain, gradins, bermes, etc., qui se trouvent à mi-côte,
40. Dans les endroits où le front de bataille traverse un bas-fond dominé par deux hauteurs voisines, on peut laisser une lacune dans l’ordre de bataille, en plaçant à droite et à gauche des batteries qui empêcheront l’ennemi de s’engager dans l'intervalle.
50. Quand certaines parties de la position sont d’un diffcile accès, on peut n’y placer qu’une seule ligne de troupes, ou même seulement dss tirailleurs.
En arrière de certains points, au contraire, qui ont une grande importance, derrière une hauteur, un village, on peut tripler ou quadrupler les lignes d’infanterie de manière à prononcer des retours offensifs.
60. La cavalerie qui est placée aux ailes, quand le terrain est découvert, est ramenée derrière l’infanterie, quand les ailes sont appuyées à des obstacles et que le terrain ne lui est plus favorable.
To. Enfin pour l'artillerie, l'emplacement de ses batteries peut aussi être modifié et porté, suivant le terrain, plus en avant ou plus en arrière, plus à droite ou plus à gauche.
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ET D'HISTOIRE MiLITAIRES,. 301
Des ordres de bataille défensifs.—Les conditions que doivent remplir les ordres de bataille défensifs sont analogues à celles que doivent remplir les positions défensives.
Ce sont les suivantes :
lo. La première ligne de l’ordre de bataille sera couverte par des obstacles qui lui permettront d'arrêter le premier eflort de l'ennemi ;
20. Les troupes seront convenablement liées, c’est-à-dire qu’il n'y aura pas de lacune entre elles, dont l’ennemi pourrait profiter ; 30. Les flancs seront couverts et ne pourront pas être tournés ;
to. L’artillerie aura tout son effet défensif ;
50. L'intérieur de l’ordre de bataille présentera une liaison intime dans le sens de la profondeur, entre la seconde ligne et Ia première, entre celles-ci et les réserves ;
60. La proportion des troupes sur chaque point sera en rapport avec l’importance de ce point ;
T0. L'aspect général de l’ordre de bataille, ainsi que celui de la position, seront tels que l’ennemi dans sa reconnaissance ne puisse pas distinguer le véritable point d'attaque, que tous les points lui mraissent également forts, ou bien que celui qui lui paraît le plus faible ne le soit réellement pas et que le général ennemi y soit trompé ;
80. Une armée défensive ne doit pas étaler immédiatement son ordre de bataille en présence de l’ennemi. Ce serait le moyen de
permettre à celui-ci de juger immédiatement de la force de l’armée,
de ses dispositions, de ses fautes, et de se mettre en mesure d’en,
profiter.
Il faut dans un ordre de bataille défensif qu’une partie notable de l’armée reste en réserve de manière à ne prendre la disposition définitive que d’après celle de l’armée offensive ; on pourra alors opposer manœuvre à manœuvre, on pourra disputer d'adresse et de rapidité.
De sorte que, par suite des considérations précédentes, un ordre de bataille défensif présente un rideau de troupes déployées et garnissant le front de la position, tandis que le reste de l’armée est disposé en colonnes, prêtes à renforcer les parties attaquées, ou à
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prononcer des mouvements offensifs contre les flancs des corps d’attaque de l’ennemi.
Telles sont les conditions générales que doivent remplir les ordres de bataille défensifs.