Parce qu’une grande place ne peut pas être brûlée
20. Parce qu’on ne peut l’investir et l’assiéger qu’au moyen d’une armée entière ;
30. Parce qu’elle offre plus de ressources générales pour la défense ;
40. Parce qu’il s’y trouve quelques milliers d’habitants en état de seconder utilement l’armée de défense.
L’on ne peut former le siége régulier d’une telle place qu’avec 80,000 hommes, tandis que 20,000 suffisent pour la défendre durant plusieurs mois.
Jusqu’à une époque pas très-reculée, en ces temps de guerres indolentes et longues, on assiégeait les places fortes et les camps; mais, depuis cette époque, on préfère chercher la destruction on la dispersion des armées sans s'inquiéter des forteresses.
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Quoique ce dernier système soit généralement préférable, on ne peut sans danger l’adopter exclusivement.
On doit agir suivant les circonstances et prendre un moyen terme.
Toutefois quand on réfute un siége inutile, on bloque, on observe la place, de peur que sa garnison ne tombe sur les derrières de l’armée et ne coupe nos communications.
Autrefois, quand on assiégeait une place, on commençait par construire tout autour une ligne de circonvallation et une de contrevallation ; de sorte que l’armée assiégeante s’éparpillait pour garder ces deux lignes.
Aujourd’hui les assiégeants, tout en investissant la place, chose essentielle, se contentent de fortifier leurs positions par des ouvrages détachés; ce qui est préférable à l’ancien système.
On nomme lignes retranchées celles qui, plus éte .dues encore que celles de circonvallation et de contrevallation, tendent à mettre à couvert une partie des frontières d’un état.
Il ne faut pas confondre les lignes avec les camps rétranchés qui sont quelquefois très-utiles, en ce qu’ils peuvent servir de refuge à une armée.
Mais l’on ne doit pas songer à en établir pour couvrir uue place ou en empêcher le siége ; car ce serait exposer une armée à être coupée pour une chose beaucoup moins importante que sa conservation.
De l’occasion stratégique, —Ce n’est pas vaincre que de ne savoir pas profiter de la victoire ; car, dit Guillaume-Louis de Nassau, /a fortune du feu, de la mer et de la guerre nous tourne souvent le dos en un instant.
C’est la peur ou la mollesse, ou le mauvais jugement de la situation qui empêche d’en profiter ; mais quelquefois aussi c’est parce que l’on n’a cherché dans la guerre que la renommée d’un jour, et non Putilité nationale.
Le plus grand profit que l’on puisse tirer d’une bataille gagnée, qui jette la consternation dans la capitale ennemie, est de s’emparer immédiatement de celle-ci.
Mais quand on lui laisse le temps de se reconnaître et d’acqué- 23 *
ere
rir des furces nouvelles, on la met ordinairement à même de reprendre le dessus.
Les politiques mulhabiles s’imaginent, dit Folard, qu'en prenant toutes les places d’une frontière, il faut nécessairement que la capitule tombe et soit soumise au vainqueur, et que c’est lu chose du monde la plus prudente que d’y marcher après ce coup fuit,
Ce raisonnement vaut moins que rien.
l'esprit que tant que la capitale subsiste, on en tire des secours et
Qu'on se mette bien à
des ressources infinies qui surprennent quelquefois. Exemples :
Eu 1854, après la victoire de Alma, si le général françuis avait immédiatement attaqué Sébastopol, son objectif, les défenseurs de cette ville, alors en petit nombre et consternés, se fussent rendus.
Les alliés ont payé cette faute par un très-loug siége où furent engloutis plus de cent mille soldats, et des milliards.
En avril 1859, le général Guilay, se trouvant à la tête d’une armée autrichienne formidable, devait promptement marcher sur Turin, dont il se serait aisément emparé avant l’arrivée de l’armée française,
Ensuite il devait tomber sur les tronçons épars de celle-ci qui venait à la hâte, sans liaisons, ni munitions, ni artillerie.
Il eut pu alors, en occupant Nori, couper ses communications entre Gênes et Alexandrie, et la mettre dans une affreuse déroute.
Mais Napoléon ayant eu le temps de se réunir, Guilay se fit rejcter sur la défensive, et enfin se fit battre à Magenta et à Solférino.
Des diversions.—Souvent les grands détachements ont été battus, ou ils ont donné à l’ennemi le loisir d’écraser l’armée durant leur absence.
Ces exemples les ont fait proscrire à tort, car ils sont indispensables :
lo. Pour opérer des diversions ;