‹ Traité d'art et d'histoire militaires [microforme]Chapitre 3 sur 156 · IT · texte numérisé non relu

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Liaison entre l’art et l'histoire militaires.

On peut comprendre l’origine de l’art de la guerre de la manière suivante :

Cet art ne fut probablement d’abord que le récit des événements.

Ce récit devint bientôt de la critique par l’eximen des moyens employés. Puis, de cette critique, on déduisit un ensemble de principes, de règles, de thévries et de méthodes qui forment aujourd’hui l’art militaire proprement dit.

Comme dans toutes les sciences expérimentales, l’observation des faits précéda donc la théorie, et c’est de l’histoire du passé que l’on tira l’enseignement de lavenir.

Il y a par suite une liaison intime entre l’art et l’histoire militaires ; ces deux parties de la science se soutiennent, s’appuient, se complètent mutuellement ; elles doivent marcher ensemble.

Un cours complet d’art et d’histoire militaires devrait présenter d’abord une histoire abrégée des campagnes anciennes et modernes, et en déduire ensuite, comme conséquence, les principes de la guerre.

On trouverait les éléments de cette histoire dans les diverses relations déjà faites, dans les bulletins des généraux, dans leurs rapports, leur correspondance, leurs ordres, leurs instructions, particulièrement dans leurs mémoires.

Presque tous les généraux ont laissé des mémoires, depuis

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Xénophon et César jusqu’à Turenne, au prince Eugène, à Frédéric, au prince Charles, enfin à Napoléon.

Mais ce travail, cette histoire des campagnes anciennes et modernes, est une œuvre de longue haleine qui demande un temps considérable ; ne pouvant l’entreprendre ici, nous y suppléerons par quelques exemples historiques.

Nous allons voir maintenant ce que c’est que la guerre, et comment nous définissons l’art d’en diriger les opérations, et quelle est l’importance de cet art.

Nous jetterons ensuite un coup d’œil rapide sur ses développements successifs et sur sa marche à travers les siècles.

De la guerre,

Le droit des gens, interprété par la diplomatie, règle les rapports entre les nations, de même que le droit civil règle les rapports entre les individus.

Mais quelquefois l’un et l’autre sont impuissants pour arranger certains différends ; alors les particuliers se battent en duel et les nations se font la guerre.

“ La vie des états, dit Montesquieu, (Esprit des lois, liv. 10, chap. ‘“ 2,) est comme celle des hommes. Ceux-ci ont le droit de tuer “ dans le cas de défense naturelle ; ceux-là ont le droit de faire la “ guerre pour leur propre conservation.”

On a défini la guerre, un duel sur une grande échelle ; le duel est, en effet, une lutte entre deux individus.

La guerre est une lutte entre deux nations.

La guerre est le résultat des passions et des intérêts deshommes.

Quand on consulte l’histoire, on la trouve à presque toutes les pages, à presque toutes les époques, et pendant de longues périodes.

On la voit éclater dans ies moments où on l’attend le moins.

Il n’est pas probæble que les siècles futurs soient, plus que ceux qui les ont précédés, complètement à l’abri de la guerre.

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La philosophie réprouve la guerre ; mais elle ne saurait en détruire l’usage, parce qu’elle ne saurait détruire les passions et les intérêts qui l’amènent, c’est-à-dire l’ambition, l’amour de la gloire, la jalousie, l’instinct de la conservation, le désir de la vengeance, l’amour-propre, et enfin les intérêts du commerce et de industrie.

Ce sont là les causes qui produisent :

10. Les guerres d’invasion amenées par l’esprit de conquête, comme celle d'Alexandre er Asie, de Louis XIV en Hollande ;

20. Les guerres nationales qui ont pour objet de repousser les conquérants ;

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