Les gués
4o. Les points favorables à l’établissement des ponts militaires.
Pour les ponts il y en a de différentes sortes, savoir : ‘
Les ponts permanents en maçonnerie.
Les ponts à culée et piles en maçonnerie avec tabliers en bois. Les ponts de bois.
Les ponts suspendus.
Les ponts de bateaux.
Enfin les ponts à culées et piles en pierres, avec voûtes en fer.
Telles sont les principales espèces de ponts, et la première chose à indiquer dans la reconnaissance de ce moyen de passage est évidemment la nature de sa construction.
On signale ensuite sa largeur, sa longueur, la disposition et la construction de ses arches relativement à la navigation, ses abords, la manière de le défendre sur l’une et sur l’autre rive, celle de s’en assurer la possession, enfin la manière de le détruire.
Après les ponts, comme moyen de passage, viennent les pontsvolants. Il y en a de deux espèces, les bacs et les trailles.
Pour les bacs, le cable est immergé. Il est attaché sur les deux rives et plongé dans l’eau. Le bac est attaché en deux points à ce câble et il se hâle d’un bord à l’autre.
Pour les trailles, le cable est tendu au dessus de l’eau. Un second câble et une poulie servent à y attacher le bateau de transport.
Au moyen d’un gouvernail, on place celui-ci à 450. dans le courant et il passe ainsi d’une rive à l’autre.
Nous avons maintenant les gués.
Ce sont des parties du cours d’eau où le fond se relève et permet le passage.
La profondeur d’un gué ne doit pas dépasser 1 mètre pour l’infanterie, 1m. 30 pour la cavalerie et Om. 80 pour les voitures d'artillerie.
168 T4AITÉ D'ART
Il faut de plus pour qu’un gué soit ban, que l’accès en soit facile, que la vitesse du courant y soit modérée, que le fond soit uni et ferme.
Quand il s’agit de rechercher un gué, il fant d’abord prendre des renseignements auprès des habitants, faire suivre les deux rives et voir si des chemins avec traces de roues ne viennent pas y aboutir en se correspondant ; faire entrer des cavaliers dans l’eau pour sonder avec leurs lances ou avec des perches ; enfin on peut descendre le courant dans une nacelle à l’arrière de laquelle on attache une sonde de la profondeur voulue pour le gué.
Quand on a reconnu l’existence d’un gué, il faut en étudier les abords, la largeur, la direction, la qualité, etc.
Sous le rapport de la direction, les gués peuvent être perpendiculaires ou obliques au courant. Ils se trouvent de préférence dans les endroits où les rivières s’élargissent. Dans les rivières rapides, très-sinueuses et où les rives ne sont pas résistantes, on peut les chercher entre deux coudes opposés.
Sous le rapport de la qualité, la bonté d’un gué dépend de h nature de son fond. Celui-ci peut être de sable, de vase, de gravier ou de roche. Le meilleur fond est celui de gravier, quand il présente une certaine solidité.
En même temps il faut signaler les moyens à employer pour assurer le passage des troupes. Ces moyens consistent à mettre des repères sur la rive, pour indiquer la ligne à suivre ; à planter des piquets de distance en distance le long du gué, et à les réunir par une corde pour servir de garde-fou ; à recommander aux hommes de fixer la rive où ils doivent aborder, et non pus l’eau qui pourrait les entraîner ; enfin à placer de la cavalerie au-dessus du gué pour rompre le courant et au-dessous pour rattraper les
hommes qui viendraient à être entraînés, etc.
Il faut indiquer encore les moyens de rompre le gué, si on en voulait interdire l’usage à l’ennemi.
Pour cela, on peut creuser un fossé dans la largeur du gué, où des trous en quinconce. On peut barrer le gué avec des pieux assez serrés et à fleur d’eau. On peut l’embarrasser avec des herses de laboureurs dont on place les chevilles en-dessus, ou bien
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Si, dans une reconnaissance, on trouve un gué rompu, on indique les moyens de le réparer en enlevant les divers obstacles dont nous venons de parler, en comblant les trous, en jetant des fascines par dessus les herses et les chausse-trapes, etc.
Enfin il reste encore à étudier les points favorabies à l’établissement des ponts militaires.
Ces points doivent remplir les conditions suivantes :
lo. La forme de la rivière doit présenter un rentrant, de manière à pouvoir faire converger les feux de l’artillerie sur le débouché du pont ;
20. La rive occupée doit dominer la rive ennemie, de manière à donner un commandement favorable ;
30. Les rives doivent être assez douces pour permettre l’embarquement et le débarquement, dans les barques légères qui transportent continuellement des troupes dans un passage de rivière ;
40. T1 doit y avoir à proximité les uns des autres plusieurs points de passages favorables, afin de pouvoir donner le change à l’ennemi ;
50. Le point choisi doit être à portée de bonnes routes, pour faire arriver le matériel des troupes ;
60. Il doit y avoir des affluents sur la rive amie pour mettre les bateaux à l’eau et préparer des parties de pont. Ces affluents doivent être au-dessus du point de passage. Et s’il y en a du côté de l’ennemi, ils doivent être au-dessous du même point, afin que le pont soit à l’abri des corps flottants ;
To. Enfin la rivière doit présenter une ou deux îles qui diminuent s largeur et par suite les difficultés de l’opération.
Une île peut alors servir de place d’armes, de point de refuge, de lieu de dépôt.
Il est rare que l’on trouve un point qui réunisse toutes ces conditions ; mais on choisit celui qui en réunit le plus grand nombre et l’on tâche de suppléer à celles qui manquent.
On termine la reconnaissance d’un cours d’eau en parlant de son emlouchure.
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Les rivières se jettent dans les fleuves ; les fleuves se jettent dans la mer. Quelquefois ces embouchures ne présentent pas d’accidents remarquables ; mais souvent ils s’en présentent qu’i est bon de signaler. Ce sont des deltas, des bancs, des barres d’eau, etc.
T'els sont les différents détails à donner dans la reconnaissance d’une rivière ou d’un fleuve.
e& cañnaux.—Après les fleuves et les rivières, nous trouvons encore, comme eau courante, les canaux.
Les canaux peuvent servir de lignes de défense ou de lignes d’approvisionnement.
Il y a deux espèces de canaux :
Les canaux latéraux ;
Les car:aux à points de partage.
Lu reconnaissance d’un canal portera sur tout ce qui est relatif à leur tracé, leur construction, largeur, profondeur, leur volume d’eau, etc. Il donne également des détails des écluses et de leurs manæuyres.
On indiquera ensuite son profil et l’on examinera ses propriétés défensives.
On étudiera les emplacements des écluses, ainsi que les moyens de les protéger ou de les détruire.
Si les canaux servent à irriguer les terrains environnants, or examinera le moyen de les saigner ou de les détourner par des prises d’eau.
Enfin l’on s’occupera de la navigation, en indiquant la forme des bateaux employés, leurs dimensions, le nombre que l’on pourrait en réunir et les moyens de traction en usage.
Des eaux stagnantes.—Les eaux stagnantes sont des lacs, des marais ou étangs, des tourbières et des inondations.
Des lacs, —Les lacs peuvent faire partie de lignes de défenses. Ils servent de moyens de communication.
Dans la reconnaissance d’un lac, on indiquera sa forme, ses dimensions, la nature de ses eaux, la conformation de ses rives, les villes et villages situés à portée, les routes et chemins qui les
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Des marais.— Les marais sont des eaux stagnantes qui présentent moins de profondeur que les lacs.
Généralement ils reposent sur un terrain vaseux ; ils sont couverts d'herbes ; à certainesépoques de l’année, les eaux baissent et quelques parties restent à sec.
Les étangs sont généralement des marais artificiels.
Il faut tenir compte de la présence des marais de deux manières. Au point de vue des opérations, et au point de vue sanitaire.
Au point de vue des opérations, les marais peuvent faire partie de défense ou appuyer une position d’armée.
Dans la reconnaissance d’un marais, on donne à peu près les mêmes détails que pour un lac. On indique particulièrement la cause qui le produit, la nature du terrain sur lequel il est situé, et enfin s’il est praticable à certaines époques.
Au point de vue sanitaire, on recherche s’il n’est pas malsain à certains moments, quelle est la nature des maladies qu’il produit, etc.
Des inondations, —Elles sont naturelles ou factices. En tout cas, on indique la cause, la nature du terrain sur lequel elles reposent, les écluses qui les retiennent et la manière de les détruire, ou bien les moyens de les saigner pour en produire lécoulement.
Pour rendre cette étude complète il faut y joindre encore les détails suivants relatifs aux côtes maritimes :
On indique leur nature : dunes, sables, falaises ou rochers.
Puis les anses et les ports, les caps et les promontoires sur lesquels on peut établir des batteries pour protéger le cabotage, le moment des marées, les points favorables aux descentes, enfin l'ensemble du système de défense de la côte.
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Reconnaiïssances des positions militaires
Nous avons déjà dit qu’on entendait par position militaire une surface de terrain présentant à l’armée qui s’y établit les moyens d’y combattre avec avantage.
L’occupation des positions et par suite leur reconnaissance sont des opérations fréquentes à la guerre.
Un officier chargé de reconnaître une position doit l’examiner sous trois points de vue.
lo. Au point de vue stratégique, pour savoir si elle atteint bien le but pour lequel on l’occupe ;
20. Au point de vue tactique, pour savoir si elle est bien en rapport avec la force et l’organisation de l’armée qui doit s’y établir;
30. Enfin, au point de vue topographique, pour connaître sa forme, ses accidents et le parti que l’on peut en tirer.
Sous ce dernier point de vue, on examine successivement les différentes parties de la position :
1o. Le front, qui doit être appuyé par des points forts et dont l’étendue doit être en rapport avec l'effectif de l’armée ;
20. Les flancs, qui doivent être couverts par des obstacles ;
30. L'intérieur, qui sera praticable à toutes les armes et présentera une profondeur suffisante ainsi que des abris ;
40. Les abords, qui seront découverts pour ne pas gêner les feux de la défense, mais qui cependant présenteront des obstacles inertes, fossés, marais, canaux, pour arrêter l’ennemi et pour le retenir sous les coups des défenseurs ;
5o. Les derrières, qui doivent être disposés de manière à favori: ser le mouvement de retraite, quand celui-ci deviendra nécessaire.
L’officier chargé de reconnaître une position examinera donc les diverses parties que nous venons d’énumérer.
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Pour bien juger de l’ensemble de la position, après l’avoir parcourue en détail, il devra se porter sur le terrain destiné à l’ennemi
de manière à se placer à son point de vue. Il verra ainsi la
manière dont la position se présente à l’assaillant et il pourra préjuger ses manœuvres et ses attaques.
Enfin, il faut indiquer si la position est dominée à portée de ‘anon, ce qui la rendrait intenable, puis quels sont les endroits à portée des troupes, où l’on trouvera de l’eau et du bois; quels sont les travaux de fortification qui pourraient être nécessaires pour renforcer certaines parties ou corriger certains défauts de la position, etc.
Nous joignons à la reconnaissance des positions les reconnaissances précédaut l’établissement des avant-postes.
On cherche et détermine ies emplacements de ses grand’gardes. Celles-ci doivent être placées de telle manière qu’elles puissent voir au loin, surveiller l'ennemi et l’arrêter pendant un moment,
Les points les plus avantageux seront donc à cheval sur les débouchés qui conduisent à la position ou très-près de ces débouchés. Ils domineront les lieux environnants et offriront des abris pour les défenseurs.
Quand le terrain présente, sur le point choisi, un obstacle, par exemple un bouquet de bois, l'infanterie se place en avant, la cavalerie en arrière, parce que l’obstacle permet à l’infanterie de rétrograder en combattant et qu’il donne à la cavalerie le temps de se mettre en défense.
En même temps on cherche sur le terrain que l’on parcourt, et à demi-distance entre la position et les grand’gr:ues, quelques points intermédiaires pouvant servir de postes de soitien.
S'il en trouve, il les fait occuper et fortifier de manière qu’ils couvrent la position, qu’ils puissent recueillir les avant-postes et retarder les attaques de l’ennemi.
Tels sont les principes généraux des reconnaissances précédant l'établissement des avant-postes.
Lorsque les grand’gardes sont établies, leurs commandants reconnaissent à leur tour les environs et déterminent les emplacements des petits postes et des sentinelles ou vedettes.
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