‹ Traité d'art et d'histoire militaires [microforme]Chapitre 92 sur 156 · En d'opérati Pays riché des trou r’obligen · texte numérisé non relu

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Tel est le mouvement d’hommes et de matériel qui a lieu sur une ligne d’opérations.

Les bases secondaires établies de distance en distance servent de séjour et de repos aux troupes et aux ronvois.

Une ligne d’opérations doit remplir certaines conditions.

Il y en a trois principales :

La viabilité ;

La sûreté ;

Et la richesse.

lo. Sous le rapport de la viabilité, il faut que la ligne d’opérations présente un assez grand nombre de voies de communication pour que les mouvements des troupes et le transport du matériel r’éprouvent pas de difficultés.

On cherche surtout pour le matériel les rivières navigables et les canaux.

Aujourd’hui on recherchera particulièrement les chemins de fer qui transportent tant c'e choses en si peu de temps ;

20. La deuxième condition que doit remplir une ligne d’opérations est la sûreté.

Sous ce rapport, le front de l’armée est couvert par les buses successives qui, comme nous l’avons dit, servent de parallèles et donnent de la consistance à la marche.

Les flancs doivent, en même temps, être appuyés à des obstacles naturels, tels qu’un cours d’eau, une chaîne de montagnes, qui mettront la ligne d’opérations à l’abri des entreprises de l’ennemi.

Quand l’un des flancs est découvert, on serre alors la ligne d’opérations de l’autre côté et on établit des troupes sur le flanc exposé, face à l'ennemi, de manière à le contenir ;

30. Enfin la troisième condition que doit remplir une ligne d'opérations est la richesse. C’est-à-dire qu’elle doit traverser un pays riche, offrant toutes les ressources nécessaires à la subsistance des troupes, de manière que des nécessités d’administration v’obligent pas à modifier les dispositions purement militaires.

Voilà les trois conditions principales que doit remplir une ligne d’opérations.

Examinons maintenant les rapports qui doivent exister entre la ligne et la base d’opérations.

La ligne d’opérations d’une armée peut se rattacher à sa base de trois manières : à son centre, ou bien à l’une de ses extrémités.

Elle peut de plus être perpendiculaire ou oblique par rapport à cette ligne.

La position la plus favorable est d’être perpendiculaire sur le centre. C’est évidemment alors que l’ennemi doit éprouver le plus de difficultés pour couper l’armée de sa base.

Si nous supposons, au contraire, la ligne d’opérations oblique extérieurement à l’extrémité de la base, l’ennemi pourra plus facilement en couper l’armée en tournant, par exemple, son aile intérieure.

De plus, avec cette direction oblique, les divers débouchés qui composent, par leur ensemble, la ligne d’opérations, présentent des longueurs inégales, et l’on trouvera, par suite, quelques difficultés pour faire marcher les colonnes à même hauteur.

Sous le rapport de la longueur, plus la base est étendue, plus la ligne d'opérations peut s’allonger sans danger, parce que l’armée est liée à sa base par un grand nombre de routes et que, par suite, il est difficile de l’en couper.

Quand la longueur de la ligne d’opérations n’est plus en rapport avec l'étendue de la base, les communications de l’armée sont aventurées et l’on dit alors que celle-ci fait une pointe.

La longueur d’une ligne d’opérations, considérée en elle-même, n’est jamais indifférente.

Plus elle est longue, plus elle est avantageuse dans le cas de la défensive.

Plus elle est courte, plus elle est avantageuse dans le cas de l'offensive.

Nous avons vu les rapports qui doivent exister entre la ligne d’opérations et la base. ÆExaminons ceux qui existent entre cette même ligne et l’objectif.

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C’est à l’objectif que se termine la ligne d’opérations, c’est là qu’elle vient aboutir.

Ma:s elle peut y aboutir de diverses manières.

Elle peut y arriver directement, et, dans ce cas, elle favorise les manœuvres sur le centre de l’armée défensive.

Ou bien elle peut y arriver par des directions latérales, par l’un des flancs, par derrière, et, dans ce cas, elle favorise les mouvements tournants.

Ainsi donc, les lignes d’opérations se lient de plusieurs manières aux points objectifs.

Le choix entre ces diverses lignes dépend alors de la combinaison que l’on veut exécuter.

Cependant, nous ferons les observations suivantes :

Quand il s’agit de procéder à ce choix, il faut remarquer que, parmi les diverses lignes d’opérations que présente l’échiquier, il en est qui mènent pl':s directement et plus sûrement au but que d’autres.

Il en est qui offrent plus de chances favorables, suivant que l’on est supérieur en cavalerie ou en infanterie.

Il en est qui sont plus ou moins abondantes en ressources, plus où moins commodes pour la marche, plus où moins bien protégées par les obstacles naturels ; enfin, ces lignes se rattachent à la base d'une manière plus où moins avantageuse.

Quand ce choix est bien fait, il décide au succès d’une campagne.

Quand ce choix est mauvais, il amène des désastres, il paralyse les efforts de la meilleure armée.

Nous n’avons encore examiné que les lignes d’opérations qui conduisent l’armée de sa base à son objectif.

C’est la ligne d’opérations principale ; c’est celle qui est suivie par la masse de l’armée, celle sur laquelle s’accomplissent les faits généraux et décisifs de la campagne.

Mais il y a encore deux autres ?spèces de lignes d’opér:..c"

Les lignes d’opérations secondaires et les lignes d’opératiuns accidentelles.

On appelle ligne d’opérations secondaire, celle qui est suivie par

une division ou par un détachement accomplissant une opération

secondaire.

On appelle encore ligne d’opérations secondaire, celle qui est suivie par une armée secondaire, quand deux armées opèrent sur le même théâtre et que l’une est subordonnée à l’autre.

La troisième espèce de lignes d’opérations, que l’on trouve sur un échiquier, comprend les lignes accidentelles. ,

On appelle ligne d’opérations accidentelle, une direction autre que la direction principale et naturelle, direction dont on se sert momentanément pour atteindre un objet ou un but particulier, et que l’on abandonne, ce but atteint, pour reprendre la direction principale.

Les lignes d’opérations accidentelles sont fort utiles dans l’offen.

sive, comme dans la défensive.

Mais l’opération qui consiste, au milieu d’une campagne, à transporter la ligne d’opérations d’une armée, d’une direction sur une autre, est à la fois délicate et importante.

Elle peut donner lieu à de grands résultats, mais elle peut anssi amener de grands revers.

Des lignes de communication, —Les lignes de communication sont transversales et perpendiculaires aux lignes d’opérations. Elles sont constituées d’après les mêmes principes que les lignes d’opérations, c’est-à-dire au moyen de gîtes d'étapes et de postes de campagne, échelonnés à distance de maiche.

De plus, elles doivent remplir, quoiqu’à un degré moindre, les mêmes conditions de viabilité, de sûreté et de richesse.

Sous le rapport de la viabilité, elles sont ordinairement formées par des routes de deuxième ou de troisième classe, ou par des che-

mins de grande communication.

Sous le rapport de la sûreté, on choisit généralement celles qui sont couvertes du côté de l’ennemi par des lignes de défense.

Enfin, sous le rapport de la richesse, elles doivent, comme les lignes d’opérations, présenter des ressources pour les vivres, les

fourrages, les transports, etc.

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