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tière qui sert Cependant elle ne peut pas non plus rester enchaînée à cette base. La suite de ses opérations l’entraîne bientôt à plus de huit jours de marche de celle-ci: elle ne peut plus s’y appuyer et en tirer régulièrement ses divers approvisionnements. (C’est aiors qu’elle doit se créer une première base secondaire, distante de la base principale de six ou huit jours de marche, et constituée
d'après les mêmes principes.
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Puis, si elle continue à s’avancer encore, elle devra appuyer ses opérations sur une deuxième base secondaire ; ensuite sur une troisième, etc. UT
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tions; on y réunit des munitions en les tirant de la base primitive où en transformant celles dont on s’empare.
Enfin on organise la défense au moyen de corps de réserve que l’on appelle réserve stratégique.
Une réserve stratégique est destinée à couvrir les derrières de l’armée d’opérations, à la renforcer, à prolonger la lutte, dans Je cas où les fatigues et les privations auraient éruisé la première armée. Quelquefois, dans le cas d’un désastre, à en recueillir les débris.
Les réserves stratégiques comprennent une ou deux bonnes divi. sions qui leur donnent de la consistance ; puis des troupes fatiguées, celles, par exemple, qui ont souffert dans les premières opérations; ensuite des bataillons de marche se rendant à l’armée active, des conscriis dont on achève l’instruction, des convalescents, des dépôts, des ouvriers de toute espèce, etc.
L’ensemble de ces troupes est organisé en une division et se trouve sous les ordres d’un général, qui commande les troupes, administre le pays, surveille les derrières de l’armée et assure les communications, en arrière avec la base principale, en avant avec Parmée active.
Souvent la politique vient au secours de la guerre et l’on confie a des alliés la garde des bases secondaires.
En résumé, un théâtre d’opérations présente ordinairement une base primitive et principale et une succession de bases secondaires, qui assurent la possession du pays, en même temps que la marche de l’armée ; qui servent d’échelons, d’étapes, de séjours, de relais à cette armée pour se porter des limites de l’échiquier jusqu’à l’objectif, et qui serviraient en même temps de points d’appui, en cas de malheur.
On trouve encore sur un théâtre d’opérations une troisième espèce de bases.
Indépendamment d’une base principale et d’un certain nombre de bases secondaires, on y trouve encore des bases agccidentelles.
On appelle base acci:'entelle celle dont une armée se sert momentanément pour accomplir une série d'opérations particulières, et qu’elle xbandonne ensuite après le succès, pour reprendre sa base naturelle.
Des lignes de défense, —Nous nous sommes placé jusqu’à présent au point de vue de l’offensive. Si nous considérons le théâtre d’opérations en sens inverse et au point de vue de la défensive, les
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bases d’opérations de l’armée offensive deviennent alors généralement des lignes de défense pour l’armée défensive.
On les organise d’après les principes dont nous avons parlé précédemment à l’article des cours d’eau, et de manière à permettre à l'armée défensive de s’y arrêter et de combattre l’ennemi avec avantage.
Au début des hostilités, l’armée défensive est établie en arrière de la première ligne de défense; elle a sa première base derrière elle, à une certaine distance ; elle y réunit ses approvisionnements qui se trouvent ainsi en sûreté pendant la première période de la campagne.
Sur la ligne de défense, on a fortifié les points principaux, particulièrement les points de passage ; on a préparé la destruction des ponts, des routes, des chemins, etc...; enfin organisé tous les éléments d’une résistance énergique.
Sur sa base, l’armée défensive a réuni ses hôpitaux, ses magasins de vivres et de munitions, et elle y a rassemblé une réserve destinée à assurer ses derrières et à la recueillir en cas d’échec.
En arrière de ces deux premières lignes, on a préparé de même les autres lignes stratégiques de l’échiquier, qui sont destinées à jouer un rôle analogue.
Après la première période de la campagne, la ligne de défense de l’armée défensive se trouve reportée sur sa première base d’opérations ; et cette armée s’appuie alors sur une seconde base qui se trouve plus en arrière.
Le théâtre d’opérations se trouve ainsi divisé en zônes de défense successives qui marquent les diverses périodes de la campagne.
Des fronts d’opérations.—On appelle front d’opérations l’ensemble des points qu’occupent les têtes de colonnes d’une armée, sans cesser d’être liées les unes aux autres.
Le front d'opérations est tout-à-fait distinct de la base. Le front d’opérations est mobile et s’avance avec l’armée. La base est un accident stratégique, matériel et immobile.
La base d’opérations a généralement une grande étendue.
Le front d’opérations n’a au plus que deux ou trois marches pour que la concentration puisse se faire en vingt-quatre heures.
Du reste, l’étendue du front d’opérations varie non-seulement avec la force de l’armée, mais encore avec les circonstances et |a nature du terrain.
Il se rétrécit dans les pays de montagnes, près de l’ennemi, la veille d’une bataille.
Il s’élargit dans les pays de plaines et quand l’ennemi est éloigné,
On peut comparer un front d'opérations stratégiques à un front d'opérations tactiques.
Quand plusieurs colonnes marchent ensemble sur un terrain de manœuvres ou sur un champ de bataille, elles ont besoin de s’arré. ter sur certains points, pour se raccorder, pour se placer à même hauteur, pour rectifier leurs positions respectives.
Voyons les conditions que doit remplir un front d’opérations.
Ces conditions sont analogues à celles des positions, des bases d'opérations et des lignes de défense :
10. Les troupes doivent y être bien liées entre elles, s’appuyer réciproquement et par conséquent conserver de bonnes relations stratégiques. Les différentes colonnes ne seront pas séparées les unes des autres par des obstacles infranchissables ; ce serait les exposer à un désastre. En 1796, Wurmser, descendant du Tyrol et laissant le lac de Garde entre ses colonnes, paya cette faute par la destruction de son armée ;
20. Les extrémités du front s’appuieront à des obstacles naturels;
80. Le front d’opérations doit couvrir les lignes de retraite, se lier aux bases secondaires les plus voisines et être proportionné à la force de l’armée ;
40. Enfin, en arrière de chaque front d’opérations, ou tout au moins à portée, on doit avoir fait choix d’une position militaire, sur laquelle, en cas d’attaque soudaine, on peut réunir ses troupes et recevoir le choc de l’ennemi.
Telles sont les principales conditions que doit remplir un front d'opérations.
Quant à sa direction, un front d’opérations peut être parallèle ou oblique à celui de l’ennemi.
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Parallèle, il présente des avantages pour les concentrations rapides et pour les attaques centrales ; oblique, il prépare les mouvements tournants pourvu qu’il couvre les communications de l'armée tout en menaçart celles de l’ennemi.
Des lignes d'opérations.
On appelle lignes d’opérations le faisceau de routes et de voies de communication qui conduisent une armée de sa base à son objectif.
C’est un ensemble de débouchés à peu près parallèles, liés entre eux, disposés à de petites distances les uns des autres et embrassant une zône de terrain de six à huit lieues.
Une ligne d’opérations comprendra :
Une route de première classe, formant le débouché principal ; Deux ou trois routes secondaires, suivant la même direction ; Quelques chemins parallèles ;
Une rivière navigable ou un canal ;
Enfin une ligne de fer.
C’est sur la ligne d’opérs ions qu’une armée fait mouvoir ses munitions, ses vivres, ses r:crues, ses ressources de toutes espèces.
C’est encore sur cette ligne qu’elle trouve la possibilité de se retirer en cas de revers.
C’est la ligne que Napoléon dans sa correspondance désigne fréquemment sous le nom de route de l’armée.
La nécessité d’une ligne d’ovérations pour une armée est fondée sur les mêmes raisons que la nécessité d’une base.
C’est toujours parce qu’une armée moderne ne porte avec elle que huit ou quinze jours de vivres et des munitions pour une seule bataille. Elle a besoin par suite de renouveler fréquemment ses äpprovisionnements, elle doit donc rester liée à sa base, elle ne Pourrait en être coupée sans courir de grands dangers.
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La ligne d’opérations de l’armée lui sert à établir cette liaison.
De sorte que l’on peut dire que toute manœuvre stratégique a un but ou objectif.
Qu'elle a besoin d’un appui ou d’une base.
Et enfin qu’elle ne saurait se passer d’une ligne d’approvisionnements et de retraite, c’est-à-dire d’une ligne d’opérations.
Nous allons voir comment se constitue la ligne d’opérations d’une armée.
La ligne d’opérations se constitue au fur et à mesure que Parmée s’avance. Elle relie d’abord la base principale à la première base secondaire ; puis celle-ci à la deuxième, la deuxième à la troisième, etc., et elle vient enfin aboutir à l’objectif définitif de la campagne.
Les caractères de la ligne d’opérations deviennent de plus en plus tranchés et la rendent de plus en plus facile à reconnaître, au fur et à mesure que les opérations se dessinent.
De distance en distance on trouve sur la ligne d’opérations un gîte d’étape formé par un poste de campagne avec des magasins de vivres et d’effets, avec quelques moyens d’hôpital, etc.
Ce poste est établi dans un village, ou dans une ferme.
On crée sur ce point une enceinte, on y organise un réduit. S'il y a un pont, on le couvre par une tête de pont ; on y exécute, en un mot, tous les travaux matériels que comporte l’organisation d’un poste de campagne.
Ces gîtes d’étape sont toujours placés sur le débouché principal.
A droite et à gauche, on occupe encore sur les débouchés secondaires les points qui peuvent être utiles pour couvrir les flancs de la ligne d’opérations, pour compléter la défense d’un cours d’eau, pour assurer les approvisionnements, etc.
Telle est la constitution d’une ligne d’opérations.
Un courant continuel s'établit ensuite sur cette ligne et dans deux sens opposés. Ce sont, d’une part, des renforts qui se rendent à l’armée et qui sont organisés en bataillons de marche ; ce sont des convois de vivres, d’effets, de munitions ; ce sont des officiers d'état-major envoyés en mission, des officiers isolés qui rejoignent leur corps, des ordonnances, des estafettes, etc. En sens inverse,
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