‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 30 sur 113 · ANCIENNES BOUCHES A FEU. IO · texte numérisé non relu

ANCIENNES BOUCHES A FEU. IO

En r36a| il y ayait déjà de tris-grosses bombardes, dont le poids allait i aooo livres ; en 1 370 , on en coula en bronze à Augsboui^) pour lancer des boulets de pierre de 5o livres , 70 livres et ia6 livres^ en i38o> Jes Vénitiens en employèrent encore de plus grosses , des • calibres de i4o et de igS livres» La cité de Meta», employa de grosses bombardes , aux sièges de Lanoy ett deBoulay, en i386, et à celui de Hettange^ en 1387. Ekifiny au si^e d^'Audenardo,. en i38a , les Gantois en^ a¥aient une de 5o pieds de longueur (*)•

On cite des bombardes laoçant des- pierres du poids de i5oo et de 600 livres, en Italie^ en i4o5 et en 1436; de 3oo livres, à Brunswich^ en i4o6; de 192 livres au siège d^'Orléans, en 14^8; de 600 livres aux Dardanelles,, en iJ^^ ; de 1800 livres au siège de Gonstantinople , en i453 (**); enfin, on a coulé à Agra, en 1660 , une bouche à fei» du poids de 80,000 livres.

117. Kàme des bombardes ayant été allongée, pour utiliser plus complètement la^ force expansive des gaz de la poudre* et ea< augmenter les effets , on ne put plus édiisserle-boulet,. comme on le-faisait dans les bouches à- £ea plus anciennes à àme courte ; mais on continua , quoique cela nefiit plus aussinécessaire , à fermer la chamlure avec un tampon légèrement coni({ue, quW présentait à son entrée > en le plaçant au bout d^une piijue , et qu^on enfonçait ensuite avec le refouloir. Le placement de la< chaire exigeait aussi une disposition particulière : la»

(*) CShronîqae de Pîsev Année 1362 ; Irtoria dell^Andrea Gataro , col. 858.

ArdÛYes de la cite , et Chroniipie de MeU/ de Pralllon FroiasarU vol. H, pag. 188.

(**) Journal du si^. Orléans 1606 , pag. 10.

Ghromqoes d^Enguerran de Monstrelel. Paris 1605 » voL III, £euU. 59.

poudre était mise danff une gargousse ou enveloppe cylindrique , et enfoncée au fond de Fâme sur im demîcjrlindre creux (Fîg, 45), dont les rayons intérieurs et extérieurs étaient un peu plus petits que ceux de la chambre et de Tàme, et qui, présentant la charge à hau* ^ teur de Fentrée de la chambre , permettait de ly intro* duire facilement en la poussant avec le refouloir ; le demi-cylindre était ensuite retiré à Faide d^une corde qui y était attachée. Ea 14^7, on donnait à la partie antérieure ou ésHuée des bombardes, huit diamètres de boulet de longueur ; la partie postérieure était un canal étroit dans lequel la charge occupait trois calibres' de longueur, et le tampon en bois un calibre seulement. • 118. jinciens canohs. LVmpIoi de métaux fusibles qui, comnie on Fa vu (43) , fit modifier la construction des armes à feu , fit paiement introduire de grands changomens dans celle des bouches à feu. Dès cette époque , celles-ci ' ne furent plus composées de plusieurs pièces* soudées ensemble ou assemblées sur des charpentes i leur fbrnie se rapprocha de celle des petites armes à feu. Ce fut surtout depuis Femploi de la fonte pour les gros projectiles , que la forme de l^ame des bombardes reçut de grandes modifications ; la dureté de ce métal permit d^employer des charges plus fortes qui, par suite, obligèrent d^augmenter la capacité des chambres. D^un autre côté , la densité de la fonte étant d^environ deux fois et demie celle de la pierre, les boulets de fonte eurent uu diamètre beaucoup plus petit que ceux àfi pierre , à égalité de poids ; de sorte que les diamètres de la chambre et du projectile devinrent assez peu différens Fun de Fautrc ^ , ( Fig. 46 ) , pour qu^on pût former Fâme des bouches à

feu d'un seul cylindre (Fig. 4?)» comme cela avait déjà lieu pour les canons des armes à feu portatives y aussi on leur donna le nom de canon , qu'elles ont conservé

ANGIENHES BOUCHES A FEU. lOg

jusqu^i préseat. Les bombardes qui , dans les premiers' temps , formaient la totalité des bouches à feu (*) , furrent peu à peu remplacées par les canons ; elles furent entièrement supprimées en France dans la seconde moitié du i8* siècle (**).

119. Coulem^rines. Pour obtenir de plus grandes portées , on augmenta de plus en plus les charges, de sorte qu^elles dépassèrent quelquefois le poids des boulets de fonte, tandis que précédemment elles égalaient au plus le ûecsàe celui des boulets de pierre ; mais ces grandes charges d^une poudre dont Tinflammation était assez lente,, n^étant comburée qu^en partie, pendant le temps que le projectile mettait à parcourir des longueurs d^àme ordinaires , on dut allonger considérablement les bouches à feu destinées k recevoir ces grandes charges , et on leur donna 4o, 5o et même 58 calibres de longueur (Hg* 4^)« Ces proportions rendirent les bouches & feu semblables aux armes à feu portatives à canon de bronze, et lés firent appeler du même nom, couleuurine* On a cite, diaprés Froissart (ld6)^ une bouche à feu qui avait 5o pieds de longueur ; il en existait encore dans le dernier siècle, qui avaient 22^, 26', 27P, et jusqu^à 3o pieds de longueur* Mais Témploi d'aune poudre d^une combustion plus rapide que Tandenne , fit diminuer ces fortes charges et rendit ces grandes longueurs d^àme plus nuisibles qu^utiles; aussi elles fiirent généralement abandonnées, su]> tout depuis que des expériences spéciales eurent montré, qu^au-delà de 10 pieds, les accroissemens de longueur d^àme étaient défavorables. Cette dimension a été adoptée

(*) État de l^armement de la cite de Metz en 1406 , et Comptes de forteresses de la yille d^Orlëans. (115) note.

(**) A Bletz j les bombardes ne âirent remplacées par les canons cp^à partir de 1518. Chronique de Philippe de Yigiieulesi 9IS. tome ïlj annde 1518.

Ita BOUCHBS A FBir.

pour les canons des divers systèmes de grosse artiltetîe^ établis en France depuis plusieurs siècles*

130. Boulets. Dans les premiers temps , on chercha & obtenir des effets considérables , en employant des calibres de plus en plus forts ; Texpérience ayant montré que la justesse de tir et Tintensité des effets étaient d^autant plus grandes que les projectiles étaient plus gros.

On se rend facilement compte de ces avantages des forts calibres, puisque si le diamètre des projectiles devient de plus en plus grand, là surface augmente comme son carré et la résistance de Tair croit à peu près dans le même rapport ; le volume augmentant comme le cube du diamètre, la masse et par conséquent la quantité d^action possédée par le mobile , croissent dans un plus grand rapport que la résistance; Tair a donc de moins en moins d^înfluence sur le projectile , pour en retarder la vitesse; il en est de même de Tinfluence qui produit les déviations ; elle est moindre sur les forts calibres , surtout pour les grandes distances , puisque , d^a? près ce que Ton a vu (85)^ c^est vers la fin de la trajectoire, quand les vitesses sont beaucoup diminuées , que les déviations sont les plus considérables.

121. Boulets de plomb. Les premiers projectiles en plomb , furent successivement augmentés , et Ton employa des boulets de ce métal , dont le poids alla jusqu'^à 4 et 5 kilogrammes ; mais le plomb est peu propre à être employé pour produire les effets auxquels les gros projectiles sont destinés ; les boulets d^un ipétal aussi mou se déforment trop facilement sur des corps , tels que la terre , les bois , etc. dont on se couvre à la guerre , et leur déformation est un obstacle à renfoncement ; ih se déforment contre Peau, même lorsqu'ils y pénètrent avec des

CAVoirs» III

vîlmes bcanoonp plus faibles que odles qu'on leur communique ordinair^neot ; les effets contre les corps anim« n^ëtant pas en rapport aTCc les enfoncemens , la gravité des blessures n'est pas diminuée , lorsque les balles se déforment contre des parties solides , telles que les os.

On doit donc restreindre Temploi du plomb à la conièction des petits projectiles destinés & être tirés contre les corps animés , et employer des métaux plus durs pour produire des enfoncemens considérables dans les terres <m pour briser des corps résistans, tels que les bois, les maçonneries, etc. La fonte de fer réunissant les avantages d'une grande dureté, d'un prix modique et d'une facile exécution, sous des formes déterminées , est depuis long^temps généralement employée 4 la fabrication des gros projectiles.

122. Boulets de fonte. G>oune la densité de la fonte est moindre que celle du plomb, à masse égale, elle présente une plus grande surface à la résistance de l'air, et a par conséquent du désavantage dans le tir ; ce désavantage est d'autant plus grand que les projectiles sont plus petits , parce que les sur&ces décroissent moins rapidement que les volumes; c'est pour cette raison que la fonte ne convient pas pour les petits calibres ; aussi on remarque que les balles de fonte ou de fer employées dans le tir des canons , ont peu d'effet tant qu'elles n'ont «pas plus de i', (27*^) de diamètre; l'on a abandonné l'emploi des balles de fer au-dessous du calibre 33"^.

Le calibre du plus petit boulet dont on ait fait usage depuis long-temps en France est celui de i livre, dit de troupes légères ; mais actuellement il est abandonné, et ceux de 4 et de 6 ne sont même plus employés; les Espagnols se servent encore du calibre de a , et presque toutes les autres puissances de celui de 3 ; il est ordinîd- Tement d^tiné à la guerre de montagne.

■'1 la BOUGHKS A" FEU.

125. Calibres dés boulets. A partir du plus petit projectile , dont Vëïïei est reconnu suffisant, on pourrait faire croître les calibres jusqu^aux plus gros, en passant par tous les degrés intermédiaires; mais on aurait .ainsi des calibres voisins qui produiraient à peu près les mêmes cflfets. Pour diminuer les inconvéniens qui résultent de la' multiplicité dés calibres , ou a dû n^en choisir qu\in certain nombre , ayant entr^eux des différences assez gfandes*

Lors de rétal>lissement des premiers systèmes d^artil* lerie, on adopta des séries de projectiles de poids sousdoublés les uns des autres, et Pou eut deux séries : 64-3a-i€-8^4-a, 96-48-îi4-îa-6-3.

Lorsqu^ori apporta de la r^;ularité et de la simplicité dans les constructions du matériel, on ne prit que les calibres dont les différences étaient au moins du poids du plus petit projectile conservé, et Ton adopta, pourTartillerie die terre, les calibres de

L^artillerie de marine s^arrétant au calibre de 6, adopta , par la même raison, ceux de

Elle y a ajouté le calibre de 8, et depuis peu, celui dé 36 destiné à remplacer ceux de 24 et de 36. Chaque puissance de FEurope a adopté Tune de ces séries.

124. La désignation des calibres des boulets de fonte exprimait , dans le principe , leur poids en livres anciennes ; mais comme depuis cette fixation , Ies^liamèt^es ont un peu varié, ainsi que la densité du métal qui a changé avec le inôde de fabrication , le poids des projectiles actuels ne correspond plus qu^à peu près au nombre qui représenté le calibre.

Le tableau suivant donne le poids moyen des projectiles coulés en France. Ces poids sont en kilogrammes ;

CAKONSi

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mn y n. joint les diamètres r^lementaires traduits en ttouTclles mesures. Dans Tartillerie déterre, ces diamètres sont les limites des dimensions que les projectiles de diaqne calibre puissent aymr, c^est-à-dii« ceux des rir^ conférences dans lesquelles ils doivent passer pour être reçus ; ils peuvent être plus faibles d^une petite quantité^ à cause de la tolérance nécessaire , pour que la fabrication n^en soit ni trop difficile , ni trop coûteuse ; cette tolérance doit être très-petite, pour diminuer, autant que possible-, les irrégularités du tir.

Tablbju dQS diamètres et des poids des boulets.

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