Tabléju du poids et diss dimensions des obus
,QvB;PS DE
'wn^rrr^^'w.
Poids ,d9s Q^iis (kilog.)
Piainétre ..... (mîllim.)
Epaisseur des paqrois (û/.)
Quantité de poudre auHls condennenl. .. (kilog.)
Charge moyenne de rup-
^turc (k^ogO
îiotnS^rfi fi9& éclats ....
Nombre des ëclats pesant plus de 0^1
Charge de guerre en Ms^e.. (tilog.)
.^pport du poids de Pobus à celui du boulet. . .
il9
l64 BOUCHES A FÈU.
163. Obiisiers. Les boulets creux, obus ou grenad^ï^ fureat lancés, dans rorlgine, dVbord à la malin ou avec des bascules , puis avec des canons (*) ; dans le premier cas, ils notaient projetés qu'avec peu de vitesse, mais leur effet était assuré 3 dans le dernier, ils étaient lancés avec forcé , mais ils ne réussissaient (pie rarement à produire les effets qu'on en attendait , et Texécution du tir était toujours dangereuse. La plus grande partie de ces projectiles éclatait dans Pâme du canon (**), parce cpie la fusée , tournée du côté de la charge pour en recevoir Finflammation , était souvent enfoncée , ou bien sa com~ position était projetée dans l'intérieur, par le cboc des gaz dégagés dans l'explosion ; d'autres fois , la fusée ne conservait pas le feu pendant le trajet. Plus tard , pour éviter ces accidens , on tourna la fusée du côté opposé à la cbai^e ; mais cette fusée ne prenait pas toujours feu , quoique le projectile , enduit de matières très-inflammables, et saupoudré de poudre, fut placé immédiatement sur la charge sans en être séparé par un bouchon , comme cela a lieu pour les autres projectiles ; pour remédier à ce dernier inconvénient , on mit le feu à la charge et à la fusée , au moyen d'une traînée de poudre ou d'une mèche de communication , comme on le pratique encore aujourd'hui pour lancer les bombes d'artifice. Ce chargement était long à préparer et embarrassant à introduire au fond des canons, dont l'âme avait une assez grande longueur. Malgré un grand nombre de tentatives renouvelées à différentes époques, le tir des obus dans les canons ne réussit pas dans les essais tentes eu i536 et en 1699, et causa de
(*) Biringuccio. Pirotechnia. Venetia 4550 , lib. x , cap. vi caru 160.
(**) Diego Ufano. Tratada délia ariilleria, Btussellas 4612, fol. 371. 372. Zulphen 1621 el Rouen 1628, 3"»^ traite, chap. xix , pag. 125 ti 126.
ÔBUSIERS. l65
graves accideas au combat naval de Lépante , en 1571 (*).
Le faible Tolume de la charge nécessaire pour lancer robus, relativement au calibre, fit pratiquer une cbambre au fond de Fàme et. diminuer les épaisseurs des parois; Ton eut ainsi une bouche à feu semblable aux anciennes bombardes. On se servit de ces bouches à feu au siège d^Ostende, en i6oâ, et à la bataille de Brei^nfeld, en i63i ; on en fabriquait en Italie, en 161 8, et en France, en i683.
Pour diminuer les chances de rupture des projectiles dans Fàme et faciliter le placement de la charge dans la chambre et celui de Tobus au fond de Pâme sans être obligé d^employer de sabot , on raccourcit beaucoup Fàme de ces bouches à feu qui prirent généralement le nom à^obusier; le chargement put alors se faire à la main. Les obusiers courts étaient employés par les Anglais et les Hollandais avant 1693 ; mais ce ne fut qu^après cette époque qu'on s'en servit en France. Les Russes ont toujours conserve les obusiers longs ^ auxquels Tartillerie française a cherché à revenir dès la fin des guerres de^ Tempirc, et qui n'ont pu être adoptés que beaucoup plus tard , après qu'on eut trouvé les moyens de faire arriver sûrement la charge et l'obus aux emplacemens qu'ils doivent occuper, en les poussant avec le refouloir, et d'éviter l'inconvénient des débris de sabot laissés dans l'àme, après le tir à faibles charges ; ces conditions indispensables n'étaient pas remplies dans les différens modèles d'obusiers longs de 6^ et de 24 , mis successivement en essai avant
164. Obusiers en usage. Les bouches à feu actuellement destinées à lancer les obus, diffèrent des canons
(*) Collado. Pratica manuale deWArtîgUeria. Milano 1641 , fol. 244.
l66 BOUCaBS A FEU.
en cequ^à calibre ^1 il3 sont vfxçins longs et moins épai0# Les obus ne sont lancés qu^avec des chai^ges qui, pour ne pas les brijser, ne dépassent pas orçUpaireiaent le 7 de lei# .poids , c^est-à-<dire 77 «environ du poids du boulet de même calibre ; si le di4inètre d^une ii^lle charge était égal à celui de Fabiis, ^^ lopgue^r .serait ^li^indre que la moitié de ce diamètre, et. cette charge n^ai^rait pa» 1^ /orme la plus conven|J)le pous è^re introduite (aeilement et pour produire tout son effet ; on serait forcé de Faugmenter cjt par suite d^accrpltre Icis inçonyéniens qui rj&ultpot d^jà.d^jun rapport ^oip ^faible eptfre le poids de ces 4>QUcbes k £su et celui du projectile.
Pppr .éviter .ces inconvéniens.^ >Ia pi^rtie do Tàme. destinée à receypir la charge est un^ chjambre <3ylindrique dVn diamètre moindre que cduirdela.partie que parcourt le projectile.
Iiobusdoit âtre placé contre la/Ofa^mbre, Ja liisée tournée du côté. qpposé^ afin que la qomppsîtion qui en remplit le ca^al ne soit p^ enfyiKié^ par la pression des gaz, :et qye Febus .n^éclate pa3 dans la bouche à feu.
liorsque la longueur .de, rame ne permet pas.de placer le. projectile. à la main dans cette poàition , il &ut le fixer à un sabot qui maintienne la fusée d|i côté de la bouche , loRsqu^on le pousse avec un refouloir. Pour que les débris de ce sabot soient toujours chassés hors de Tàme, par rexplosiou de 1a. charge, ]a plus grande p^iftic de son volume doit être placée, dans le prolongemjeut de la chambre , dont ,par conséquent le diamètre ne doit pas être trop petit relativement à celui du sabot, et, par suite, à celui du projectile.
L'obusier.de srége est «esté court pour éviter Temploi dW sabot de dimensions nécessairement considérables, et qui, dans la défense d'une place assiégée, aurait pu atteindre et blesser les défenseurs situés dans les ouvrages
OBUSI1U15. iG'J
en avabt ; salori l^e raccordemcht du logement de la chaîné avec là pairie de Vhme pat-courue par le projectile é^t hétKi!isphérit|ne. Danâ leâ autres obusiers, doAt la longuêtir oblige d^efûfonicer la char^je avec le i*efouloîi^ , le ràwMrdefchétit de la chambre est de forme tronc-coniqùc, potir fecilitèr rintrôduction dc la charge poussée pat Te réfoidôit; pour célà, la partie iuféiîeure, formant pfan fAdifré , doit pféisehf èr' un talus , dont la base soit plus pfHAèc tpé \é dotible de la hauteur. La même forme èoiinéé au sabot, hA peninet de remplir le vide qui existe derrière lé projectile , et facilite sotl glissement dans Tâme Ibl'^^dlcl e&t euci^asfée par le tir.
i6!(. Les obnsiers employés eti campagne sont du calibre de & (Fig. 58), et de a4 (Fig. Sg); ils ont respectivement le poids des canons de i a et dé 8 avec lesqtiels ils sont employés concurreihméht ; et cottutié les obus sèât d^uu poids à^pcù-près double des bôtdets, lé rapport de poids ^é la bouche à feu au pt-djectile , dàilsf ces obtis^erë , est à-péu-ptès moitié de celui des canons de campagne. Les chambres ont pour diamètre le cUlibi'é dii canon eorreispondant ; il y a même égalité entre leà dimensions dés tourillons et delà plate-bande de culasse, et lietir etopkrcement relatif, de sorte qu^on peut les plâéér sur les^ mêmes affûts et empld^ér des arméniens' communs.
L'obuster de sî%è de 8** (Fig. 6o), à âme coiirite et dont la chambre est du calibre de la, pèse beaucoup moitis que les canons de siégé. Le diamètre des tourillons et récarléïnent de leurs embases étant lé même qùé datifs le canon de 24> ^^ P^^^ ^^^^ placé sur le même a£fî&t*
L''rf)usier de 12 (Fig. 61 ) dé montagne , dont là chambre est de Tancien calibre de 4? ^^ ^^^^^ poids assez faible pour pouvoir être transporté à btas et être porté habituellement à dos de mulet.
l68 BODCHIS A FEU.
L^obosier de o6Ce (Fig. 62), du calibre de 8' comme éelni de siëge , a une chambre du calibre de a4 9 ^ ^^ long» afin de produire des effets plus grands et à de plus grandes distances. On le charge avec un sabot comme les obusiers de campagne , et le raccordement de la chambre est de ferme tronc- conique ; son poids, nu peu moindre que celui du canon de ^4 » rendrait très-dispendieux FarmCTEient des côtes, sHl était coulé en bronze ; comme de plus, une bouche à feu en bronze de ce calibre se dété-r riorerait promptement par le tir d\m projectile lourd, lancé avec de fertes charges, on fait cet obusier en fonte, comme les autres bouches i feu employées à la défense des o6tes« Ses principales dimensions sont telles qu^on peut le placer sur Fafi&t du canon de 36*
Les obus doivent avoir comme les boulets un certain vent^ il est de a"* pour les obusiers de campagne et de si^, on Fa réduit à i"",5 pour les obusiers de montagne ; mais pour les obusiers de côtes comme pour les autres pièces en fonte, il est plus considérable et a été porté à 3""*.
166. Description et nomenclature. Les obusiers diffèrent des canons , à Fintérieur, en ce qu^ils ont une chambre dont le raccordement avec la partie cylindrique de Fâme est tronc-coniqpe, et à l'extérieur par des formes particulières et la simplicité des moulures. On distingue à Fextérîeur le corps de Vobusier et la culasse. Le corps de Fobusier comprend ;
Le tonnerre de forme cylindrique.
Le renfort^ auquel sont appliqués les tourillons et leurs embases.
La bouche et sa tranche.
Les obusiers eu bronze, de siège et de campagne^ on\ des anses ; celui de montagne n'en a pas , parce que la légèreté de cette bouche à feu les rend inutiles ; Fobu-
OBCSIEBS. 169
sier de côte n^en a pas non plus , aiiisi que les canons de fonte, à cause de la fira^lité du métal et parce (pi^dles ne sont pas indispensables dans les mauoeuTres de œs bouches à feu.
La culasse des obusiers comprend :
Le bouton et son collet y le listel et le cul de lampe. Dans les moulures ^ on distingue la plate-bande de culasse et la plate-bande de la bouche y dont les points les plus âevés (les tourillons étant horizontaux) , déterminent la ligne de mire naturelle , et sont indiqués par deux crans.
La plate-bande de volée, dans les obusiers de campagne, est destinée à arrêter les cordages dans les manoeuvres.
La plate-bande de culasse se raccorde avec le tonnerre par une gorge ; le renfort se raccorde aussi par une gorge avec la volée et avec le tonnerre , excepté dans Tobusier de côte où le dernier laccordement a lieu par une partie conique.
Dans Tol^usier de montagne, le renfort se prolonge jusqu'*à la tranche de la boudie ; la plate-bande de volée, le listel de la bouche et le listel du bouton n^existent pas 5 dans Tobusler de siège , la volée , le renfort et le tonnerre forment une même surface cylindrique.
La lumière des obusiers de côte , de campagne et de siège , a 5"" de diamètre ; elle est percée, comme dans les canons de même métal , soit dans la fonte de I9. bouche à feu, soit dans un grain de cuivre rouge ; celle de Tobuslcr de montagne, vu la faiblesse de la cliarge, est percée dans le bronze de la bouche à feu.
Les lumières percées dans un grain aboutissent à 20"" du fond de Fàme et forment avec lui un angle de 10°. Les autres lumières aboutissent à 10""" de œ plan et sont inclinées à i S"".
1*96 ' BOUCB&8 A FEU.
Léi' amed'"tfiit' leur bï^nc^e supérieure arrondie pouft iiâëù£ msstsiei&t' les feviers daps la manœuvre , et sont divisées éa dèttx parties ^lès par te plan perpendiculaire à raxe'<pH passe par le centre de gravité. Leur section est comme ^dans les canons, à pans dans la partie extériêùirëi €t Mt>ntSè dans lie^ partie intérieure.
' Lêb 'tour^Iolis sont placés au-dessoiuf de Taxe, de ^étaâtés £fiSrenless , dans les diyers obusiers. Pour ccu]^ de'cèùipi^tie'y die est une fois et demie plus grande ^e d4!às fék oàiÉolia corl^espondans qui ont même afi&t ; dans Tobusier de siège , au contraire , elle est un peu plus faible ifHé daife !c cation de ^4 > et il en est de même dans To* ikiâet- de' cSte r^tivement au canom dé 36*
Tia DBS OBUSIEBS*
167. IMns' lé' tir 'ordinaire des projectiles pleins, une tVès-graiide vîtéèiiè iinprimée au boulet n^a pas d^inconvénicnt; elle ne peut produire en général qu^un excès' >i^int<msité qui n^est pas utilisé ; mais les projectiles creux animés d^uae trop grande vitesse, se briseraient contre des obstacles même peu résistans; et d^aîlleurs, Femploi des grandes charges qui produisent ces grandes vitesses , ne présente pas dVvantages avec des projectiles d^une densité faible sur lesquels TeiTet de la résistance de Tair est considéi'able.
La condition de remploi d^une charge convenable est surtout essentielle à remplir dans Tattaque et pour la défense des places, par conséquent dans le tir avec Tobusier de 8p de siège 5 aussi varie-t-elle depuis les plus petites jusqu^à celle de 2^. Ces charges sont renfermées dans des gargousses en' papiei", dont la résistance est suffisante, parce que les chargcis sont faites à proximité de la batterie. Dans les obusiers de campagne , on a aussi besoin d^em->
TIR DES OBVSIBRS. I7I
ployer Jies ch^iyes d^fTéc^i^tes ; nians ces chacges devant être |»;éparée8ià UaTancc, qn a cédtuit leur nombre à deux pour chaque calibre^ rune double ;de rauire> désignée sous les nçms.dc ^aqdes chargea ci de petites charges ; elles
sont respectivement de k^ySo :et 0^76 poar Tobusicr do 6', et de i^ et o^,5o , pour Tobusier de 24*
Ces charges sept i:j^fe;r9iée^d4ajLS des ^sachets en sei^ et séparées du projectile celles sont Jfixciçsà des tampons destinés à les empêcher de se déformer; le tampon de la ite dMtrge lui donne une longueur égale à ,celle de la rande, ou à la distance du fond de la chambre au derière du 8aEî$t"3e Tobus. " . Ou n^emp^oie avec^llQbjisi^r de montagne qu^une charge |trés-faîble ; elle a été liipi^ée à p^,27 par le poids trèspetit qu^on pouvait douper au système de Taffût et dp ji^obusipr, qi|i doivent étire portés à dos,. de mulet, une jpharge plus forte produisant dans le tir un recul trqp ëQ^çJLdéra|)Ie e|; ,, dégradant l-affùt ; \d^ailleurs ,. uoe cliarg0 |il|^Çi^ |^)^us : forle , ne d<^nne. que. des effets très-p«i su-^ périeu|*s dan^ une bouchç à feu aussi courte. Cette chargq est'âxée au sabot du projectile comme celle des cartouches à boulet.
L^obusier de côte destiné à tirer contre d^ vaisseaux ^ doit poùvoif les atteindre à de tràé-grandes distances j €2^. ces pavirc^, ma^'ohaiif; avQc upe grai:ide vitessç, ne sont que peu de temps soumis au feu des batteries de côte; et si on ne pouvait les atteindire qu'*à de petites distances, on ne pourrait ^irer sur eux (]uVu petit noqi&re de coups. La chambre de cet obu^içr peut contenir 3 ^So de poudre ou ^ du poids de Pobus, poids qui suffit généralement , mais qu'on peut porter jusqu'à { de celui du projectile. Des charges moindres sont avautagcusv'îment employées lorsque les vaisseaux ennemis sont à de petites distances de la batterie. Les gargousses sont en papier comme pour les bouches à feu de siège et de côte.
17^ BOUCHA A FËC.
L^obusier de 8^ de la marine (Fig. 63), dit cation à bombes, a des épaisseurs et un poids plus considérables que ceux des obusiers de c6te. Le projectile est du calibre de Fobus de 8' de terre ; mais il est plus épais , pèse 2i6^ et peut contenir i^,5 de poudre.