PIERRIER
194. On ne peut , sans danger , lancer de grosses bombes sur rennemî , lorsqu^il est à une petite distance des ouvrages que l^on occupe, parce que leurs éelats projetés au loin et en tous sens , pourraient revenir dans ces ou-^ \rages. Ces accidens seraient d^autant plus à craindre que, daas ce cas, les bombes tombant dWe petite hauteur, ne s^enfoncent que faiblement dans le sol, et que tout leur effet est produit extérieurement. D^ailleurs , les éclats des bombes sont plus gros qu^il n^est nécessaire pour agir contre des hommes , et trop peu nombreux pour atteindre un grand nombre de* points à la fois. Il y a avantage alors à remplacer la bombe par un grand nombre de plus petits projectiles qu^on lance des ouvrages les plus avancés , pour atteindre les troupes placées , soit dans les ouvrages de Fattaque , soit dans les chemins couverts de la place , et qui sont à petite distance des batteries.
Les projectiles employés dans cette circonstance n'hélant pas lancés avec de grandes vitesses, Ton peut se servir de corps moins durs que la fonte et de formes irrégiilièrcs , comme des pierres et des cailloux , qu''on se procure facilement et à peu de frais ; cela a fait conserver pour cet usage les premiers mortiers ou pierriers. Dans quelques pays on a remplacé, malgré le surcroît de dépense , les pierres par de petits boulets , afin d^augmenter les effets du tir. On emploie aussi le pierrier à lancer des grenades.
195. Le tir des pierres avec le pierrier est analogue au tir à balles avec les obusiers , mais les pierres devant être lancées en grande quantité pour produire quelquVffet, et leur densité étant peu considérable, la bouche à feu doit
PIERBIER. !III
étred^an fort calibre ; ce calibre est dô i5^ (4o6"")> ** la longueur de Fàine, non compris la chanlbré , est de | plus grande. La chambre est d^une capacité peu considérable , tu )a âûblesse de la ckarge ; ou hiî a douné ime forme tronc- comique^ se raccordant avec le reste de Tàme par une portion dé sphère $ elle contient i^,!i5 de poudre ^ mais la charge habituelle n W (^ue dé 0^,60 à o%8o^ Le poids total des projectiles est de 5o k 55^; on choisit de préférence des pierres du poids d'environ i'','5o4 Le pierrier pè&e j35^.
Pour réunir lés pievres ensemble et en faciliter 16 diaÉ* gementi on les met dsms uti panier qiu se place dans lé pieFricF) au-dessus d'un plateau épii recouvre la char^ et sert à répartir sur le prc^tile Pefiet des gaz de la poudré.
Quand on veut lancer des grenades , on en ifémplit le panier , les rangeant par couches , les fosées tournées du côté de' Ut bouche.' '
196é Tir du pierrier. Le lir des pierres a peu d'ef-ftefioité 9 tant à cause de lar faible vitesse qu'elles possèdent à la fifl de leur dtute ^ quoiqu'elles soient làntoées sous de très-grands angles , que par la grande étendue du terrain sur lequel eHes ^ont dispersées ; aiussi leur tir n^ peut être avantageux qu'à des distances de l'Otrà i'5o*", et sur des buts d'une très-glrande étendue, t^* que h» pnrallélbs , les communications et les ouvrages avancé^;*
Les pierres se répartissent sur un esptfoé^ cPetaViroii' 3o à 6ô^ dfe lai^euf , et de 5a à 8^^ di^lotiguenrypôiir des priées moyennes de 100 à iSb"'^ StM'ttti'lMit peu large et d'ime grande longueur, reffiui»^ esl plus grande, dans le cas où la longueur est dans le sens dé lâ^ ligne de tir , que daiis celui où elle est dafUsMiln' sens ^pendiculaire j comme le montrent les expériences suivantes :
Vingt-cinq coups de pierrier , Coflrteliànt ensetùble 900 pierres , ou 3o à 4p piért^- pètf cdèp^ ftlrêtit tîtfevà la.
ftta BOUCHBS A FB0.
diarge de o^^^S de pondre, sar un bajt de iso*^ de long
et de ft'^ySK de large , dont le point dn milièn était i
k4o* du pierrier; le but a été atteint par is pierres ^
lorsque la longueur était perpendiculaire à la direction
du tÛTi et par 34 lorsqu'elle lui était paralltie; cela
donne -^ , ou une pierre sur deux coups dans le premier
èis, et ^, ou 3 pierres sur deux coups dans le deuxième;
te qui revient respectiyemeRt à une pierre sur a4 et sur 8
mètres carrés, pour vingt-cinq coups.
Le tir avec des grenades, a plus d'efficacité & cause
de Teffet de Fexplosion ; chaque grenade produisant i%
à xS éclats meurtriers , jusqu'à lo* do distance ; avec une
âiaige de o^,5o, qui est la plus convenable, et sous Fani^e
' de 33*, qui fait que les grenades ne s'enfoncent pas en
terre, elles tombent en grand nombre à environ 8o*
du pierriér et couvrent un ceide de la à i5 mètres de
rayon; l'écartement total s'étend de 4S à iSo"" de la
boQcbe à feu. Avec une charge de i^,a5 et sous les
angles de so à 30"^, l'effet principal est porté à i5o**
environ, et les grenades tombent dq>uis 120 jusqu'à
i97. Description et nomenclature. On distingue dans
le pierriér: à l'intérieur,
La partie cylindrique de Tâme et la chambre, de forme tronc-conique ;
A l'extérieur,
La bouche , la tranche, la volée , le renfort , le cul du pierriér j une anse sur le renfort, les tourillons et Tes embases situés à la partie postérieure, comme dans les anciens mortiers.
Les moulures sont, en commençant par la tranche de la bouche :
Le listel de la bouche;
La plate-bande de la bouche ;
BOUCHES A FEU. ai3
Là gorge de la plate-bande de la partie postérieure de la bouche ; hdi gorge de la partie antérieure du renfort de la volée;
198. En comparant les diverses espèces de bouches à feu employées à différentes époques y on Toit que les canons de siège et de place actuellement en usage en France , et qui sont restés à très-peu près les mêmes depuis i4o ans , qu^ils ont été établis parDumets, satisfont généralement assez bien à toutes les conditions du service ; mais que le prix des canons de gros calibre , est très-élevé , surtout relativement au petit nombre de coups qu^ils peuvent tirer avec les fortes charges , et que le poids trop considérable des autres canons , les a fait remplacer, pour le service de campagne y par dVutres environ moitié plus légers y et a- fait successivement abandonner les plus petits calibres y pour Tarmement des places.
Xes canons de campagne établis , en i ^65 , par Gribeauval, remplissent parfaitement toutes les conditions imposées par le service auquel ils sont destinés ; malgré les nombreuses épreuves auxquelles ils ont été soumis et Texpérience de très-longues guerres , il serait diflScile de signaler, dans leur construction y des défauts à corriger y ou des améliorations à introduire.
Les obusiers , après être restés long-temps dans un état d^imperfection marqué , ont reçu depuis peu des pcrfectionneinens qui ont augmenté sensiblement la justesse de leur tir et Tintensité de leurs effets.
Les mortiers , premières bouches à feu qui soient parvenues à un certain degré de perfection , sont encore susceptibles de recevoir de notables améliorations , malgré les changemeas apportés, il y a 5o ans , dans leur cous-
ftl4 BOUGBSS A FBD«
tmciîoo. ESofin leg pl«rnerg qui sont les pluft aBcieODes
bouches & feu, sont restés dans un grand état d^imperfeo-
tioaet Fefficaché de leur tir est infifarieuré à ce ipi^il était k Forigine de TartiUerie. H résulte de là , que les feux
verticaux qui seraient susceptibles de jouer un rôle important dans Fattaque et dans la défense des places , laissent beaucoup k déstirer sous le rapport de leur efficaeké ; aussi les amélioratÛMis dont TaMieB ihatérid de Partit^ lerie était susceptible , «étaient pas tetfminéea ^ oéniiis on Va dit généralttuenty lorsqu'on s^est aitèlé dans k ¥iMe de modificatioQs oè Ton était cntré«
AFFUTS. ai 5
PESCBIPTIOIX £T PaOPiUÉTKS DES AFFUTS.
AFFUTS.
i99. Jlncien^ affitts. Les premières armes à feu étaient transportées sur des voitures et placées, pour le tir, sur des blocs de bois, des tréteaux ou des chevalets (Fig. 34); on les disposa ensuite sur de petites charrettes conduites à bras comme des brouettes (Fig. 65). Les bouches à feu légères furent, dès le commencement du i5* siècle, trans* portées et tirées sur des afiuts à deu:i; roues , et traînées par un $eul cheval* Dans le principe les grosses bouches à feu furent logées , de moitié de leur épaisseur , dans des pièces de charpente assemblées par des entretoises , et reliées en«tre elles par des boulons , ou enchâssées dans des trousses de bois garnies de ferrures ; elles étaient fixées sur oes maisons ou fustages par des chevilles , des liens , des arrêts, des anneaux et des fléaux (*). Ces anciens afiuts, formés d^énormes pièces de bois grossièrement taillées à la hache , ne permettaient pas de diriger les bouches à feu avec lesquelles ils faisaient corps , sans employer des machines. On fit ensuite Taffut de deux parties dont Tune fixée an canon , pouvait être inclinée , indépendamment de celle qui reposait sur le sol (Fig. 66) (**); mais lorsque ^ dans le même but , des tourillons furent ajoutés aux bouches à feu , des cncastromens destinés à les recevoir, furent pra^ tiques dans Taffiit. On^rfectionna successivement , les
(*) État de Parmement de la cité de Metz , en 1406. Archives de la cité de Metz. Comptes de forteresse de la ville d^Orléans , 1407. (**) Valttirius, Df» re mih'tari. Parisiis 1532, lib. x, fol. 271.
ai6 *FFtiis.
affûts el Ton eaip]o}'a des ouvriers spéciaux à leur construction (*^; la bouche à feu fut conleuue entre deux flasques placés de champ et ayant chacun un encastrement à la partie supérieure , pour recevoir les tourillons et les retenir dans le tir, sans les empfcfier de prendre diflërcntes inclinaisons relativement à l'horizon. Déjà , lors de l'expédition de Charles VIII, en Italie, en ï4q4 j les canons étaient portés sur des affûts à rouages et montés , pour le transport , sur des avant-trains qu'on ôtait lorsqu'on devait faire feu ; les canons de petit calibre avaient des affûts à deux roues et pouvaient suivre la cavalerie dans tous ses mouvemcns. Les canons de très-gros calibre ne pouvaient pas être transportés sur leurs aflûts; ils l'étaient sur des voitures particulières , disposées à cet effet ; mais , dès la première moitié du iff siècle, on augmenta la facilité du transport de ces bouches à feu sur les affûts , en répartissant leurs poids sur les deux trains, lorsqu'on devait faire route ; alors on déplaçait le canon et Ton faisait reposer les tourillons dans de nouveaux encastremcns dits de route ; le canon était retenu dans cet emplacement ta moyen de chaînes. Les âasques étaient enveloppés de fêrrores , sur tout leur contour, et leurs dimensions étaient fixées ea diamètres de l'âme des bouches k feu.
Pendant lea guerres de Louis XIV, on-facilita les manoeuvres sur le champ de bataille et surtout les feus en retraite, en réunissant FaSut à l'avan t- train , au moyen d'un cordage nommé prolonge ; on chercha à làciliter les mouvemens de l'aflùt sur ravant-train, en cintrant le dessous du flasqae et en augmentant la hauteur des roues; on commença aussi à donner aux afiuts de 8 et dé plus petits calibres, des essieux en fer et des boUes
'^ (*)EDli{!i, ChulMVIIaTiit, à CliMillon, 800 ouvrien attacha
1 l'artillerie.
AttvTS. ai 7
de roues en bronze; on facilita le pointage en faisant mouvoir les coins au moven de crémaillère , ou en se scr^ vaut de vis pour soutenir la culasse des bouches à feUé Dans le i8' siècle, les affîits des pièces de campagne furent rendus beaucoup plus mobiles , par leur assimilation aux voitures ordinaires de transport à (juatre roues , et en remplaçant la limonière par le timon, pour rendre les chevaux indépcndans de Tavant-train ; on put profiter de tous les avantages que présente la répartition du fardeau sur les deux trains , au moyen de Fencastrement de route , en élevant beaucoup les roues de Tavant-train , sauf à limiter le tournant. Les afiuts hlocs, à un seul flasque ou à flèche, essayés en France dès 169T (^), furent éprouvés de nouveau dans le nord en i ^92 et en Egypte en 1 798 , et adoptés par les Anglais en 1807.
200. Affûts. Les bouches à feu seules ne peuvent être employées au tir sans dispositions accessoires ; raifùt sert à les placer convenablement et permet de les manœuvrer, de les diriger et de les maintenir dans le tir ; il sert aussi très-souvent à les transporter.
Les affûts doivent satisfaire à des condition^ générales et à des conditions relatives au service particulier de la bouche à feu.
Une bouche à feu devant tirer sous différentes inclinaisons, il faut que Taffût puisse la contenir dans ses diverses positions, et qu'il ait des encastremens pour recevoir les tourillons , autour desquels la bouche à feu exécute son mouvement de rotation , dans les limites de^ inclinaisons que peut exiger le service.
LWût doit avoir une disposition telle que la stabilité du système soit suffisante , et que la bouche à feu n''en
(*) n existe , au Musée de Partillerîc , plusieurs modèles de ces afiuts ; Tun d'eux était destine au tir des mortiers, sous de petits angles.
ai8 AFFUTS.
soit pas séparée par Paction du tir. Il doit aussi participer au mouTemeut rétrograde que TefTet de Texplosion de la poudre communique à la bouche à feu , recul qui est utile à Texécution du feu, quand on tire derrière un épaulement et qui diminue Tintensité de la pression de la bouche à feu sur ra£fût^ à laquelle ne résisteraient pas les matériaux les plus durs y si le mouyement en ar«rière était tout-à-fait empêché. L^affût modère ce recul qui, s'il était trop grand, serait gênant dans Texécution du tir et souvent un obstacle a Temploi de la bouche à feu.
201. Quand Taffût doit servir de voiture pour le transport des bouches à feu, il faut qu'il ait une grande mobilité^ sur-tout quand cellesH^i sont destinées à -être ma* nœuvréesen pzsésencede rennemi, comme celles de campagne, afin d'arriver toujours à temps sur le poin^ désigné du champ de bataille. Elles doivent aussi pouvoir franchir les obstacles avec facilité et passer aisément de la disposition de route à celle de combat , afin de n'être pas long^ temps en prise aux coups de l'ennemi , sans pouvoir faire feu.
Dans d'autres cas, les affûts considérés comme voitures , doivent avoir une grande solidité pour servir au transport d'objets du poids de deux à trois mille kilo^ grammes, comme les canons de siège.
Les affûts doivent aussi tenir la bouche à feu élevée à une certaine hauteur au-dessus du sol; pour la facilité de l'exécution , cette élévation doit être peu considérable quand on fait usage de projectiles très-lourds, comme dans le tîr des mortiers; au contraire, dans le tir des obusiers et des canons , où la ligne de tir est peu inclinée au-dessus de l'horizon , une trop petite élévation présenterait de grands inconvéniens , . parce que le projectile serait arrêté par de petites irrégularités du terrain , qui , de plus , seraient gênantes dans le pointage.
AFFUTS DE MORTIERS. %t^
A ces conditions générales communes à tous les afflEîts, s^ajoutent celles qui sont particulières à chaque espèce ; ces dernières sont plus ou moins compliquées, suivant le nombre et la nature des conditions à remplir. Les afiùts de mortier qui n^ont ni à élever , ni à transporter leur bouche à feu , sont les plus simples.
AFFUTS DE MORTIERS.
S02. Les mortiers sont ordinairement tirés sous de grands angles au-dessus de Tfaorizon; le sol de la battede s'opposant alors presque directement au recul y les affftts doivent être susceptibles de résister à des efforts considérables; cette condition ne permettrait pas de tes placer sur des roues , lors même qu^ils devraient élever beaucoup leur bouche à feu au-dessus du sol; ils ne •peuvent donc jouir d^une grande mobilité, et à plus forte raison être employés au transport du mortier ; aussi ils sont , ainsi que les bouches à feu, transportés sur des voitures particulières.
Ces affûts étaient faits dans le principe, d^une seule pièce de bois ; dès la fin du 17* siècle, on en faisait en ïer forgé, en bronze et en^fonte ; ces*demiers sont adoptés en France depuis 1761, et sont composés (Fig. 67), de pièces de fonte solidement reliées et dans lesquelles sont pratiqués les encastremens des tourillons.
203. Lorsque FaflRat pivote sur la plate-forme > le plan décrit par Taxe du mortier dans son mouvemeirt autour des tourillons, engendre un solide de révolution, qui comprend tous les points de 'respace situé hors d^un cônre^ dont Fangle au centre est égal à celui que les tourillons font avec là plate-forme ; on peut donc diriger l'axe du mortier, dans toutes les -directions, avec les afiuts qui tnaiiftiennent les tourillons de la boadhe à feu parallèles
taO AFFUTS.
au plan de la plate-forme ; si , . de plus , là plate-fofmé est horizontale , on peut faire séparément les deux op^ rations du pointage , mettre Taxe de Tàme dans le plan vertical de l^objet à battre , et donner à la bouche à feu rindinaison convenable à Faide d^un instrument gradué. La première de ces opérations est rendue facile , par la (>osition horizontale des tourillons , en opérant sur la ligne de mire tracée sur la bouche à feu perpendiculairetncfut aux tourillons , en remplacement de Taxe de Tàmé qui n^est pas apparent. Quoique dans les mortiers cette tigne extérieure passe beaucoup au-dessus de Tobjet à l>altrey on peut la mettre dans le plan vertical qui contient le rayon visuel dirigé sur le but, en se servant dW fil. à plomb* Lorsque la plate-forme doit être indinéé, on la 'dispose ordinairement de manière que les horizon''^ taies du plan soient perpendiculaires au plan de tir; les affûts qui placent les tourillons parallèles à la plate-forme, les rendent alors horizontaux et le pointage s^opère de la ïnème manière que sur une plate-forme horizontale.
204. La hauteur des encastremens des tourillons dans Faffut, est égale à la distance des tourillons à la partie postérieure du mortier ; afin que celui-ci ne soit pas arrêté par la plate - forme , lorsqu^on le dresse verticalement, comme on faisait autrefois pour le charger , et que la tranche dé la bouche se trouve le moins élevée pt)ssible ; de cette manière Tintroduction de la bombe et son placement au fond de Tàme, dans une position déterminée, sont rendus plus faciles. La position des encastremens détermine la hauteur des fiasques ; leur épaisseur , près de cette partie , doit être suffisante pour les faire résister à Tefiort des tourillons dans le recul.
La longueur des flasques est beaucoup plu^ grande que tie l'exige la stabilité ; la longueur en arrière est assez grande pour que Tafiut ne soit pas renversé par Faction
AFFUTS DE MORTIERS. !à%l
directe du tir, et celle en avalât est suffisante pour résister à la réaction du recul et au battement dti projectile dans l'âme. La longueur et Tépaisseur de la partie inférieure sont telles, que Tafiiit repose par une surface assez grande pour qu^elle ne comprime pas les fibres du bois de la plate-forme , au-delà de la limite de leur élasticité.
Les entretoises placées entre les fiasques , sont destinées à maintenir leur écartement ^ qui est un peu plus grand que celui des embases du mortier ; les fiasques sont reliés entr'eux et prisés entre les entretbises par des boulons qui les traversent ; les entretoises ayant une section d^assez grande étendue, empêchent tout déversement de ces fiasques , dans lesquels leurs extrémités sont embrévées.
Ces pièces , qui n'éprouvent des pressions que dans léf sens de leur longueur, sont eu bois, et c'est suivant cette longueur que les fibres sont dirigées.
Pour faciliter les mouvemens du 'mortier en avant ou eu arrière , à l'aide de leviers , deux des boulons , l'un de devant , Tautre de derrière y sont prolongés au dehors des fiasques et forment des tenons de manœui^re qui servent d'appui aux leviers. Pour faciliter les mouvemens en avant des afiuts de gros mortiers, sur leurs plates-formes, la partie du dessous de chaque fiasque , située en avant de la verticale passant par le centre de gravité du système, forme un angle très-obtus avec la partie en arrière ; de sorte que par un petit déplacement du centre de gravité en avant , facile à opérer, on peut faire reposer l'affîit par les parties voisines du sommet de cet angle , et tous les mouvemens sur la plate-forme, s^opèrent alors avec moins dWorts. Des entailles pratiquées dans le dessous des fiasques aiix deux extrémités , facilitent l'application des leviers danls les mouvemens latéraux du mortier.
205. Description et nomenclature. Chacun des calibres de mortiers de 12', 10^ et 8^ à chambre cylindrique
a^a AFFUTS.
avait un afiut; celui de lo'^^ à graùde portée, se plaçait sur Fafiât de iul^j le pierrier sur ratTût de lû^. Les mortiers à chambre tronc-oonique de lâ' et de lo'^, et le nouveau pierrier se placent sur Taffùt de la^^ et le mortier de 8' sur Tafiikt de ce calibre. Les afTûts de mortiers de 12^, io'«t 8^ pèsent respectivement 1280^, 85o^et 402^.
L^aifôt de mortier se compose de deux flasques en fonte, dont Técartcmeût est maintenu par deux entretdues en chêne et reliées par des boulons dVssemblage qui les traversent de part en part ; deux de ces bottions , Fun à la tète, Pantre à la queue de raffut , sont à tenons de manœuvre.
AFFUT DE MOKTAGNE.
306. Le tir des canons et des obusiers n^ayant lieu que sous des angles beaucoup moins élevés an-dessus de Tho- ■rizon , que le tir- des mOkrtiers , Teffort exercé sur la bouche à feu a toujours une direction peu inclinée relativement au sol, qui alors ne s^ oppose pas aussi dîrecteniient ; Taffùt a donc moins d'efforts à supporter que dans le tir des mortiers , et comme , en même temps , les projectiles sont moins lourds que les bombes, on peut employer un système moins résistant, et Félever sur des roues qui servent au transport de Taffût et même à celui de la bouche à feu.
Les faibles dimensions des bouches à feu du calibre de Tobusier de 12 de montagne et la petite charge employée dans le tir , ont permis d'apporter plus de simplicité dans la construction de ce matériel que dans celle des autres affûts à rouage qui ont plus de conditions à remplir.
Le matériel d'artillerie de montagne étant porté à dos de mulet, le système doit être disposé de manière qu'une