VÉRIFICATION DES PROJECTILES
telles sont : les soufflures ou cavités de plus de deux lignes de profondeur , et les coutures ou saillies qui se trouvent sur le diamètre formant la jonction des deux coquilles , lorsque ce mode de fabrication a été employé , et qui dégraderaient les bouches à feu dans le tir.
On s^assurc de la densité moyenne de la fonte , en pesant un certain nombre de projectiles à la fois ; le poids moyen ne doit pas être au-dessous de celui fixé par les r^lemens ; une plus faible densité indique l'existence de soufflures intérieures considérables.
346. Après la vérification des dimensions extérieures des projectiles creux, il faut s'*assurer de Tégalité d'épaisseur des parois; on ne tolère que 6'* de différence dans un même projectile, mais Pépaisseur peut différer de répaisseur moyenne des tablés , de &^ pour les obus et de i^ pour les bombes. On mesure Tépaisscur des parois sur le côté , avec un compas d'épaisseur à btanches courbes, dont on introduit une branche piaf Toeil; îl porte un arc divisé , dont les cordes donnent l'épaisseur du projectile ; on peut faire coïncider la division avec la mesure ,' quand l'usure des pointes le rend nécessaire.
Pour mesurer l'épaisseur au culot, on emploie un instrument appelé sonde à nonius ou plutôt à vemier ; c'est Une équerre dont le petit côté porte une tige qui est parallèle au grand côté et qu'on introduit par l'œil jusque contre le culot ; sur le grand côté , glisse une branche perpendiculaire, qui porte à son extrémité un bouton qui s'applique sur l'extérieur du culot ; le grand côté de l'équerre porte la division et la branche mobile le vernier. Pour corriger l'effet de l'usure , le bouton est susceptible d'un mouvement de rappel.
On vérifie le plus grand et le plus petit des diamètres de l'œil à l'aide de deux disques ; le petit seul doit entrer.
334 VCRIFICATIOK ET nÉCCPTIOlT.
*ÉBIFIC*T10S DES BorCBES /
347. f'vrification de ï'dme. Les bonches ù feu doivent avoir des formes très-précises, celle de l'àine surtout doit être très-exacte , et le mode de fabrication actuel permet d'y arriver par des opérations successives.
L'àmc des canons doit ^re un cylindre , dont les diamètres ne peuvent excéder le calibre que de 3'' j cependant on accorde une tolérance plus grande, les bouches à feu n'étant rebutées qu'à 6^' au-dessus du calibre.
L'àme des canons ayant une longueur consîdérahle , celle des canons de a4 dépasse S", il n'est pas possible d'employer des compas d'épaisseur de forme ordinaire pour la vérification des diamètres ; leurs branches trop longues SB ploieraient sous leurs poids et par de faibles pressions , et ils indiqueraient ainsi des dimensions inexactes; comme une très-grande exactitude est indispensable, on emploie un instrument particulier nommé étode mohde.
548. Etoile mobde. L'étoile mobile est composée d'une grande /uun^e>creuse en cuivre, dans la longueur de laquelle glisse une tringle en fer qui porte deux plans inclinés à l'une de ses extrémités ; la hampe porte à l'extrémité correspondante , une tète traversée par quatre pointes perpendiculaires dont deux sont fises ; lea deux autres s'appuient sur les plans inclinés et s'écartent , quand on pousse la tringle, jusqu'à ce qu'elles rencontrent les parois de l'âme. Les plans inclinés sont formés par deux cylindres d'acier, dont les axes sont également inclinés par rapport à la hampe. La tige est munie d'un manche portant des divbions ; la divison qui s'arrête devant un trait fixe , trace sur la hampe , indique la quantité
véaiFIGATlON DES BOUCHES A FEU. 335
dont les pointes mobiles se sont écartées Tune de Fautre ; rinclinaison de ces cylindres étant d^environ un sur six , une augmentation d^un point dans le diamètre , est indiqué par un avancement de la tige , d^envirou Une demiligne, et permet ainsi d^estimer une fraction de point. La hampe e-i>t divisée dans sa longueur, à partir des pointes et indique la distance, à la tranche de la bouche, du diamètre qu^on mesure. Pour qu^il soit plus faqile de transporter Finstrument et de vérifier les bouches à feu de différentes longueurs , la hampe et la tringle sont composées chacune de trois parties qui s^ajustent Func sur Fautre 3 celle qui porte les pointes sert pour la vérification des mortiers et des obusiers courts, on y ajoute la seconde pour les bouches .à feu de campagne et on emploie les trois parties pour les canons de siège ou de place.
Gomme les pointes ne pourraient avoir une grande course , sans exiger des plans inclinés d^une longueur inadmissible , on emploie des pointes de longueur particulière pour chaque c§ilibre ; Finstrument leur donne un jeu de trois lignes au-dessus et d^une demi-ligne au-dessous du calibre. Pour régler Finstrument, on fait porter les pointes mobiles contre une lunette eu acier du calibre exact , et on fait mouvoir le manche qui porte la division, jusqu^à ce que le zéro corresponde au trait tracé sur la hampe, et on le fixe dans cette position.
Les pointes fixes mises en place , sont de 6p* au-dessous du calibre y afin que Fon puisse introduire Fétôile dans des bouches à feu avant quelles ne soient mises à leur calibre exact ; de cette façon , les pointes mobiles ne sont pas toujours dirigées suivant un diamètre et leur écartement peut ne mesurer qu'aune corde ; mais dans des bouches à feu neuves , la corde mesurée ne peut différer du diamètre que de -^ point , quantité qui n^est pas appréciable à
336 VÉBIFICilTIOW KT BÉCEPTIOK.
rinstniment et dans une bouche à feu de serricc, cette (lifTériincc lie peut atteindre uu point.
L'étuilc mobile e^t aussi employée ù constater l'état de (liigrudalioD do l'ànic des Louches à feu.
549. La longueur de l'àme des houehes à feu se mesure avec une rAg/c enfer à croix ; on tolère en plus ou en moins, i a'' jinur les canons de siège ou de place et cj*' pour les canons de campagne.
550. Lumière. Pour vérifier le canal de lumière, on emploie deux tiges cylindriques ou sondes en acier. Tune de a' 6*" (Ii°'°'i7)) *'°'* y entrer dans toute sa longueur, l'autre de 3^' de plus, ue doit pas y entrer. La distance de l'ase île la lumière au fond de l'àmc, fixe sa position ; elle se mesure, à Vaidc d'un refouloir, qu^ou enfonce jusqu'au fond de l'àme cl sur lequel ou marque le prolongement du canal de la lumière à l'aide d'un dégorgeoir. La direction est fixée, dans les canons, par la distance de roriGce i 1« plate-bande de culasse , et se mesure ^i directement ; dans les obusiers, elle se mesure par l'angle ^H qu'elle fait avec un plan peipondiculaire à l'axe de la bouehe à feu. ' *
3S1. Tourillons et embases. Pour s'assurer que }^s tonnrîllons sont cylindriques et ont le diamètre fixé , ou emploie deux lunettes , entre lesquelles il n'y a que 3'' de différence; pour vérifier si leurs axes sont dans le prolongement l'un de l'autre, ou se sert d'une double équerre , dont les deux brandies doivent s'appliquer suc deux arêtes quelconques correspondantes.
Pour mesurer la distance de l'axe des tourillons à celui de la surface extérieure de la bouche à feu, on pose 1» double équerre sur les tourillons , dans le plan vertical passAnt par leur axe, et on mesure la distance entre U branche parallèle au tourillon et le cercle de la section de la surfaoe extérieure de la bouche à feu ; on fait la même
VÉRIFICATION DBS BOUCHES A FQU. 33^
opération en dessous, et la moitié de la différence de ces mesures est égale à la distance des deux axes.
Pour rapporter ces distances à des parties tournées de la surface de la bouche à feu, on se sert d'une règle appuyée sur le second renfort et disposée parallèlement à Taxe de la bouche à feu, à Taide de.deux tasseaux qui diffèrent de la même quantité que les rayons des cercles sur lesquels on les appuie ; ou tolère 6^* en plus ou en moins sur la distance de Taxe des tourillons à celui de la bouche à feu*
352. Pour vérifier si Taxe des tourrilloDs est perpendiculaire à celui de la bouche à feu , on s'assure de l'égalité de leur distance au cercle postérieur de la platebande de culasse , qui est nécessairement perpendiculaire à Taxe de la bouche à feu , avec laquelle elle est tournée ; on ne tolère rien sur la différence de ces longueurs , c'est-à-dîre , sur la direction des tourillons et seulement une ligne en plus ou en moins sur leur position.
353. Les e^lbases doivent avoir la laideur déterminée par les tables à &* près ; on la vérifie avec le cercle ex-^ térieur de la grande lunette de tourillons; on mesure leur saillie de chaque côté , en avant et en arrière ; l'écar-^ tement des embases se mesure en dessus et en dessous avec le grand compas à coulisse (Fig. 84). Cet instrument est composé de deux branches , l'une fixe et l'autre glissant sur une règle divisée ; dans les obusiers et dans les mortiers, les écartemens, mesurés en arrière et en avant des tourillons doivent être égaux.
354. Crises, On vérifie remplacement et les dimensions des anses avec des gabarits ou profils en tâle. On tolère une ligne sur leur écartement et sur leur position,. et &^ sur leur équarrissage.
355. Dimensions cxtériewes. On tolère iS'^' sur la longueur totale de la bouche à feu, et respectivement f^^
3M *Eiiinr.^TioM FT nÉcEPTion.
fl fî'', pour les canuns de siégp et de campagne , nir )« distance du plus grand renflement du bourrelet à la pJatekaude de culasse ; la tolérance sur le diamètre de ces deux cercles esl do 3'' eu [tlus ou en moins , poumi que la difiërence soit dans le même sens ; mais on ne tolère rien sur leur difl'érence , parce qu'elle détermine riucHuaisoD de la ligne de mire et la relatiou des hausses et des portées. La vérification de ces cercles se fait avec lo grand compas à coulisse ; il en est de même des autres cercles, mais comme une petite dilTérencc sur l'épaisseur a peu d'influence sat le poids et sur la résistance de la bouche à feu, on tolère 6'' en plus ou en moins.
556. Trace des moulures. Les moulures des bouches à feu .se vérifient avec des profils en tôle découpés en creux , qu'on présente sur la bouche à feu dans des plans méridiens. Ces profils sont composés de lignes droites et d'arcs de cercle qui se coupent ou se raccordent ; les doucines , les tort^s, etc. se tracent comme les moulures d'architeclure- Le profil du bourrelet eu tulipe est formé par un arc do cercle décrit avec un rayon égal à la demi-(][!î'érpnce des diamètres au plus grand renflement du bourrelet et eu listel de la bouche. Le collet du bonirelet est formé par uo arc qui est tangent à ce premier arc, et à une ligne parallèle à Taxe du canon , passant par reXtrémilé de la génératrice de la volée (Note C). Le profil du bouton de calasse est formé d'un seul SIC de cercle, dans les canons de siège et de côte; il est composé de trois arcs de cercle dans les bouches à feu de campagne , et dans les obusiers de siège ; le rayon de Tare du milieu est ^al aux deux tiers du diamètre du bouton, et celui des deux antres en est le tien. Le profil du collet des boutons de culasse est formé d'un arc de cercle passant par l'extrémité postérieure du listel , et tangent à ta lois à Tare da booton et k une ligne pa-