VERIFICATION PU MATERIEL
340. Dès qu^on eut fait u$age des bouches à feu, ou reconnut de quelle importance il était, pour la justesse du tir et pour Tintensité des effets , qu(e les projectiles fussent d^une forme régulière et constante y et ^e dimensions en rapport avec celles de la partie de rame qu'ails devaient parcourir* On reconnut encore que toi^te cette partie de Pâme devait être en ligne droitie et dVn djamètre uniforme ; aussi ^lepuis long-temps, les bouches à £su et les projectiles sont spmnis à des épreuves de réception et à de3 vérifications de dimensions , pour s^assurer que ces objets sont d^un bon service.
Lorsque Fartillerie se fut beaucoup répandue , on fut forcé , p<>^r simplifier le matériel , de rangea les bouches à feu par espèces et par dimensions , et de donner des affûts communs à un même groupe. Il fut dèsJors indispensable que, dans ces deux sorjtes d^objets, les paities par lesquelles ils se reliaient, eussent constamment les mêmes formes et les mêmes dimensions. Cette concordance est nécessaire pour que les bouches à feu soient toujours reçues par les afiuts, sans que le jeu qui doit exister entre ces parties , dépasse certaines limites ; de mêqie , poi^r faciliter les remplacemens et les rechanges , il est essentiel quWe partie du ipatériel puisse être substituée à toute autre partie analogue, afin qu^oi^ ne
soil pas oblige d'avoir des rechanges pour chaque <^jef en piirticuticr , mais qu'an coolraire uae pièce quelconque puisse être lemplacée iiumédiatement par une autre pièce dcstÎDéG au meute usage.
Les parties pour lesquelles il faut surtout une grande régularité , sout les pièces destinées ù se mouvoir les unes dans les autres ; tels sont : les fusées d'essieux et les boites de roues , qui doivent s'accorder entre elles , quoique prises au hasard et fabriquées dans les lieux difiëroiis ; les tourilloDS et leurs encastremens , le remplacement d'un afiut ayant lieu fréquemment sur le cbamp de bataille , sous le feu de l'ennemi ; msislcs parties entre lesquelles le plus parfait accord doit régner j ce sont les bouches à feu et leurs projecliles.
341. Quand les dimensions et les formes d'un système d'artillerie ont été déterminées , il est essentiel que toutes les parties en soient constammcot construites de la méma manière, afin qu'il règne une grande uiriformilé, qu'une partie quelconque puisse toujours remplir l'objet auquel elle est destiuéc et qu'elle produise constamment les mêmes effets.
Pour que les divers établïssemens de l'artillerie puissent construire toutes les parties du matériel d'une maulére conforme aux modèles arrêtés , on a dressé des tables de construction , accompagnées de dessins précisant la forme des objets à construire, jusque dans leurs moin-^ <ires détails.
Lorsque le matériel est fabriqué, ou s'assure que les dimensions sont conformes à celles qui sont prescrites , ou du moins qu'elles n'en diffèrent que des t<dérances qu'on est obligé d'accorder , pour ne pas rendre les difficultés d'esécution trop grandes ; ces tolérances sont plus ou moins grandes , suivant l'importance de la précision et la difficulté de l'obtenir.
VÊRIFICATIOW DU MATERIEL. 33t
342. La TérificatloD du matériel nVst pas seulement importante , pour la réception des objets neufs , elle sert encore pour le classement des objets dont on a déjà fait usage , en objets de service ou qui peuvent être employés sans réparations , en objets hors^ de sen^ice ou qui ne peuvent plus être employés, et en objets à réparer.
343 • Pied étalonnée L^exactitude qu'il est nécessaire d^apporter dans la vérification de certaines parties du matériel , nécessite Tomploi de procédés et d^instrumens particuliers. Gi&s instrumens sont tous fabriqués avec le plus grand soin par. un atelier unique ^ nommé ate/ier de précision.
L^instrument qui sert de base à toutes les vérifications et qu^on emploie à vérifier les instrumens vérificateurs eux-mêmes , est le pied étalonné.
Cet instrument (Fig. 80) se compose d'une règle, en cuivre, divisée d'un côté en lignes et dé l'autre en milli*mètres, et sur laquelle glisse une boite en acier, portant àevcLverniers qui donnent, l'un les douzièmes de ligne ,, l'autre les dixièmes de millimètre. Une autre boite est fixée à l'extrémité de la règle , à l'aide de trois vis , dont l'une porte un épaulement sous la tête ; ces vis permettent d'ajuster la boite pa^ rapport au zéro des divisions.. Chacune des boites porte une branche, dont le plan intérieur est perpendiculaire à la règle et sert à la mesure des dimensions extérieures des objets ; d'un côté de la règle, les extrémités des branches sont terminées en pointe , pour mesurer des distances sur un plan ; de l'autre côté , elles forment des talons, dont les faces extérieures , légèrement arrondies , ont leurs arêtes parallèles aux faces intérieures et servent à mesurer les dimensions intérieures des objets , en retranchant la somme des épaisseurs , qui , pour plus de facilité , est exactement de & lignes.
UES l-ROJECTILES.
Vtk. La TcriScation de la forme cl tles diamètres des projectiles se fait à l'aide d'anneaux plats en acier, nom-
s lunettes, dont l'ouverture intérieure est un cylindre exact.
Pour que le projecticlc n'ail aucune de ses dimensions trop fortes , îl doit passer en tous sens dans la grande lunette de son calibre, dont le diamètre est égal au calibre exact , et dont le projectile doit s'approtiier le plus possible. Pour qu'aucun de ses diamètres ne soit an-dcssons de la tolérance accordée , il ne doit passer dans aucun sons dans une autre Innette , d'un plus petit diamùtre, nommée petite hineltc.
Par cette opération on s'assure que le projectile est à peu près sphérique, ou qu'il est compris entre deux EpUèrcs peu difl'ércntes ; une forme un peu allongée serait indiquée, puisque le projectile passerait dans une lunette dans un sens, et n'j' passerait pas dans d'autres sens. La différence des deux lunettes, ou la tolérance de fabricstiou, est de lo" pour les boulets de 24, «t de g'' pour les autres boulets; elle est de a°" pour l'obus de 8', <le i™,3 pour ceux de 12, de 6'' pour ceux de 6' et de 24i fit de une ligne pour les bombes. Dans l'artillerie de marine U tolérance est de &' , moitié eu dessus et moitié en dessous du diamètre moyen donné par les tables.
Pour s'assurer de la sphéricité des boulets et des obus, ou les fait rouler dans des c^indres de bronze, du calibre de la grande lunette , d'une longueur de 5 diamètres et itldinés à l'horizon de -~ environ.
5^5. Le projectile n'est pas vérifié seulement sous le rapport des dimensions; certains défauts le font rebuter;