‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 88 sur 113 · OBGAKISATION , EMPLOI ET SERV · texte numérisé non relu

OBGAKISATION , EMPLOI ET SERV

(■randc mobilité dans quelques circonstances, les avanttrains des pièces de campagne furent disposés , cliez quelques puissances du nord, de manière !i recevoir une partie des canonnicrs , les autres étant placés sur les clievaux de trait non montes par les soldats du train. En 1807, on adopta, en Angleterre, un nouveau matériel de campagne, dont tous les avant-trains et les corps de caissons pouvaient recevoir des canoniiiers ; celte disposition a été imitée depuis par Tartilleric de plusieurs puissances, avec des modîQcations ou des perfectionnemens.

390. Nouvelle organisation iJii personnel de l'artillerie. Un nouveau matériel d'artillerie de siège, do campagne, de montagne, de place et de côte ayant remplacé en France l'ancien ^stème , on changea aussi, eu 1829, l'organisation du ^rsonncl du corps, et on rétablit sur de nouvelles bases. Tous les hommes qui Gguraient devant l'ennemi , soit en servant, soit en conduisant une bouche à feu, Srent partie d'une classe de canonnicrs ; les uris et les autres eurent le même rang et le même droit ù Tavancemcnt, En temps de paix , comme en temps de guerre, tout le personnel affecté à l'exéculion des bouches à feu et à la conduite des chevaux uéceesaires aux attelages, ue forma qu'un seul et même tout, désigné sous le nom de batterie et commandé par un capitaine. Ces dispositions, appliquées aux détachemens de troupes d'artillerie chargées du service des bouches ch feu sur les champs de bataille, Srent composer ces batteries de canonniers servaos , de canonniers conducteurs, de chevaux de selle pour monter les sous-officiers , et de chevaux de trait pour l'attelage, des bouches à feu , et pour celui des caissons et des voitures qui les accompagnent.

Des batteries à cheval , des batteries à pied montées et des batteries non montées, deslinées au service des parcs et des places , mais pouvant au besoin remplacer les

autres, entrèrent dans la composition des régimens; ces régimcns furent tous composés de la même manière, et chacun put fournir le personnel des batteries et de Tétatmajor d^artillerie , nécessaire à une fraction donnée , sans qu'aucune partie du corps dût changer de chef, en entrant en campagne , la constitution du personnel et les rapports de service et de discipline restant les mêmes.

Le bataillon de pontonniers et les compagnies d''ouvriers restèrent séparés des régimens, et il ne fut rien changé dans leur organisation. La portion du personnel destinée à conduire les attelages des parcs de campagne, des équipages de siège et de pon ts , et de tous les transports d^approvisionnemens d'*artillerie , prit le nom de train des parcs et resta organisée en escadrons.

Cette organisation donne au personnel de Partillerie le caractère d'homogénéité et de spécialité que comportent ses moyens de guerre et son mode de combattre. Elle le constitue, pour le temps de paix, d^une manière analogue à ce qu'il doit être en temps de guerre , et elle lui donne le degré de mobilité qu'exigent les perfectionnemens du matériel.

391. Proportion des troupes et artillerie dans les années. La quantité de troupes d'artillerie à employer dans les armées, doit évidemment varier avec les cir-iconstances particulières relatives au théâtre de la guèrrç et à la nature des opérations à entreprendre ; cependant on admet généralement , que la proportion moyenne à adopter est celle de -^ du nombre total des combattans; mais la proportion d'artillerie existant dans les armées des diverses puissances est très-variable , comme celle de toutes les autres armes. Il en est de même du rapport de l'artillerie à cheval à l'artillerie à pied ; en Autriche, l'artillerie montée suit la cavalerie, et l'on n'a pas d'artillerie à cheval; en Angleterre et en Suède,

!t6n onGitRiSATitjff , emploi et ?

r«rlilleric à clieval uc forme qu'environ le donEiènifi de laiite l'artillerie , tandis que chez d'autres puissances , comme la Prusse, la Russie, et dans rarmée de la Conrédëration germanique , elle en forme la cinquième partie. lie tableau suivant donne approximativement les proportious de troupes d'infanterie , de cavalerie et d'artillerie à pied el à cheval, dans li puissances de l'Europe.

AilUichr

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Angl-'l--

Dtncmarck

CoiiC^dcralioD gnuianiip

Banirt,

Crand dudié de Hess?..

Rapport au nombre drs baitans

Ainsi moyenofiment la cavalerie est i de l'infanterie el l'artillerie -Jj; ces preportionB sout â peu près celles (jai existent eh France, entra les différentes armes.

392. Proportion entre le nombre des bouches à feu ^t celui des combattons. L'artillerie, par la nature des machines de guerre qu'elle emploie , engage et soutient le combat à de grandes distances, et lorsque les autres troupes ne peuvent encore foire usage de leurs armes ; elle joue relativement aux armes à feu portatives, le même rôle que celles-ci par rapport aux armes blanches.

Le nombre des bouches à feu qui entrent dans la com-^ position d'une armée en campagne, doit être proportionné à la quantité et à la qualité des troupes ; et si, dans plusieurs circonstances ^ une artillerie nombreuse offre de grands avantages , dans quelques autres elle présente de graves inconvéniens. H est avantageux, surtout avec des troupes peu aguerries, d'avoir sur un champ de bataille,^ la plus grande quantité d'artillerie que l'on peut placer utilement. Les Russes ont habituellement beaucoup d'artillerie dans leurs armées , ils ont employé souvent sept bouches à feu par i-ooo hommes ; la même propoition a existé quelqnefbis dans les armées prussiennes , comme dans les années 1793 et 18 13, mais elle n'a été que de quatre par 1000 hommes avec de vieilles troupes, comme dans la campagne d'Iena. Les Français n'ont employé au plus que trois bouches à feu par 1000 hommes, comme en r8i3 et en 181 5. Les premières pro- . portions citées sont trop fortes, et les autres doivent être regardées comme un maximum; celles-ci ne peuvent " même être employées que très-rarement, soit faute de moyens de transport , surtout dans les expéditions lointaines, soit parce que le pays dans lequel on fait la guerre , est coupé , dépourvu de communications ou trèsmontueux. D'ailleurs, une artillerie nombreuse est généralement embarrassante pour les mouvemens de l'armée, et elle n'ejt pas toujours nécessaire lorsqu'elle

accompagae de bonnes Lroupee, uu que Tarmée doit agir coiitxG an ennemi peu aguerri, ou poasédaot peu d'artillerie. Les proportions d'artillerie citées plus haut peuvent donc être ordinairement réduites, et Napoléon pensait , (ju'avec une armée bien aguerrie , il suffisait toujours d'avoir deux bouclies à ku par looo hommes.

Cependaut celte proportion paraît un peu faible et devrait ^trc augmentée, même avec de bonnes troupes, lorsque les circonstances ne s'y opposent pas, ainsi que cela a eu lieu a la bataille d'Austerlitz et dans la campagne de Russie, en i8ia ; Napolêou l'a dépassée dans la composition de ses équipages de campagne ; elle peut être d'autant plus grande que la légèreté de l'artillerie rend celle-ci moins embarrassante, pour le mouvement des troupes. Cette proportion sérail cependant trop forte si le terrain s'opposait à la mobilité de l'artillerie, ou s'il ne permettait pas d'en déployer en bataille, une aussi grande quantité ; ce sont alors ces circonstances qui dé— terminent la proportion d'artillerie qu'on doit employer.

593. Quand les troupes de Parmée ennemie sont peu aguerries, ou qu'elles ne combattentpas en grandes masses^ l'artillerie est moins nécessaire sur le champ de bataille ; il en est de même lorsque celte armée est composée en. grande partie de troupes légères , et comme dans ce cas , l'artillerie est plus embarrassante à conduire et à garder , ia proportion doit en être faible ; c'est ainsi que dans la campagne d'Alger, cd i83o, l'armée composée de 35oo« hommes n'avait que i6 canons de 8 , 8 obusiers de a4 , et 6 obusiers de la, c'est-à-dire, un peu moins d'une bouche à feu par looo hommes.

La Confédération germanique a adopté la proportion de deux bouches à feu par looo hommes.

394. Approvisionnement. L'approvisionnemeot eo munition; qui accompagne toujours les pièces, a été basé

Mif le nombre de coups de canon qu^elles tirent le jour d^une grande bataille^ il est ordinairement fixé à envi^. fon 200 coups de canon : à la bataille de Lutzen, en iSiS'^ on a tiré iSoooo coups, environ aao par bouche à feu, et parfois une batterie de 6 pièces de canons a tiré plus de 900 coups en six heures, ou i5o coups par bouche à feu.

Ces munitions renfermées dans un certain nombre de caissons, forment ce qu^on appelle un approTisionne-^ ment ; Tarmée est généralement suivie d^un second ap* provisionnement égal au premier, afin de pourvoir aux consommations d^une campagne; il est (pielquefois plusconsidéraUe, lorsque des circonstances particulières TexIgent, oii^qu^iln^est pas possible de remplacer Les munitions > consommées.

395. Composition des batteries. On emploie habituellement , avec les troupes , les bouches à feu les plus légères ; en France , ce sont les canons dé 8 et les obusi^rs de 24? ^^ bouches à feu sont accompagnées de leurs munitions et de celles des troupes auxquelles elles sont attachées ; elles prennent le nom de batteries de division ; celles qui sont attachées aux divisions d^infanterie sont servies par Tartillerie à pied et celles qui sont attachées à. la cavalerie le sont par rartillcrie & cheval..

Les canons de 1 a et les obusiers .de 6^, dont la mobilité est moindre que celle des autres calibres de campagne, mais dont Tefficacité est bien supérieure, surtout aux grandes distances, ne suivent pas tous les mouvemens des troupes ; elles sont enttployées comme batteries de position , font partie des réserves et en prennent le iK>m. II y a aussi des batteries de réserve susceptibles d^unc grande mobilité , pour se porter rapidement où il est nécessaire ; elles sont composées de canons de 8 et d^obusiers de a4^ et servies par Tartillbrie à cheval.

36^ OHC.ANL&ATUIN, EMPLOI ET *S ES VI CE.

3'J6. Le nombre des bouches à feu qui doivent former une balteric est délermtaé par la quantité de matériel et par celle du persoDucl qui doit l'accompagner , qu'un chef peut conduire , surveiller et commauder sur le champ de bataille. L'n approvisionoement de aoo coups de canon , exige pour son transport a caissons par pièce de 8 et 3 par pièce de la ; ces nombres de caissons out été adoptés respectivement pour les obusiers qui font partie des méoies batteries que ces canons ; de sorte qu'ils faut 3 voitures par canon de 8 et par obuaier de 24 > et 4 par canon de 1 2 et par obusier de 6''.

L'approvisionneiuent de l'armée en cartouches, a été fixé à 1 00 cartouches d'infanterie par homme ^cc nombre a quelquefois été augmenté et porté à aoo , conme cela a lieu pour l'armée de la confédération germanique ; mais Tartillcrie n'en emmène dans ses caissons qu'à raison de So par homme ; le reste est porté par les troupes ou à la suite de l'armée. La proportion de bouches àfeu étant généralementd'uneboucheàlèuparSoo hommes, pour lesquels rapprovisionnenient serait de 25 ono cartouches , on peut estimer qu'il faut ii peu près un caisson d'infanterie par bouche à feu ; ce premier aperçu est assez approché , puisque les bouches à feu qui sont dans les réserves , un quart environ, ne sont pas accompagnées de caissons d'infanterie, et que d'un autre côté un tiers de ces munitions est porté dans les parcs des divisions ; par suite, le nombre des cartouches d'infanterie qui accompagne les bouches à feu des divisions, n'est que les huit neuvièmes du nombre indiqué précédemment, et ne diffère presque pas de celui qui est adopté pour le chargement d'un caisson (a?!). Il faut ainsi 3 caissons par pièce de 8, comme pour celles de 12. Le transport des rechanges et du matériel uéccssaires pour faire les réparations , exigeant aussi une voiture environ par bouche à feu , il en résulte que chaque

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bouche à feu de campagne nécessite l'emploi de cinq voitures.

397. On peut former des batteries de 8 bouches à feu, mais ce nombre serait trop considérable avec les calibres de Set de 125 6 bouches à feu exigeant 3o voitures, 180 chevaux de trait, 90 conducteurs , 60 hommes pour le service des pièces, si Ton y ajoute les chefs de pièces, Ifes chevaux de selle et les hommes qui restent à la réserve de la batterie, on aura un ensemble de 3o voitures, d^environ 200 hommes et 200 chevaux, assez considérable pour un seul commandement.

Les batteries servies par l'artillerie à cheval accompagnant la cavalerie, elles n'ont pas besoin d'un aussi grand approvisionnement en cartouches d'infanterie et ne comprennent en conséquence que 2 caissons au lieu de 5 ; ^les ont ainsi moins de chevaux de trait que les batteries de division d'infanterie, mais elles ont des chevaux de selle en plus grand nombre, pour porter les servans.

398. Dans le principe, les batteries de campagne n'étaient composées que de canons ; mais lorsque le tir des

^obusiers devint plus facile à exécuter et plus efficace, ces bouches à feu entrèrent dans la composition des batteries , ^t l'on en augmenta la proportion à mesure qu'on les perfectionna. On en employait d'abord un sixième du nombre total des bouches à fou , puis un quart ; la proportion actuelle est de un tiers , ou de 2 par batterie ; ils forment une section.

Les obusiers et les canons marchent ensemble dans les batteries, parce qu'ayant les uns et les autres des propriétés particulières, ou n'est dépourvu des moyens de produire les effets les plus avantageux, dans aucune des circonstances qui peuvent se présenter.

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