SERVICE ET EMPLOI DE L ARTILLERIE
'lO^. D'après l'ordonoance du 3 mai i832,siir le service des armées en campagne, & le corps de IWtillerie aux » armées est chargé , i°de l'établissement et delà consï truction de toutes les batteries et du service général des » bouches à feuj 2° de rapprovisiotmement de l'armée » on armes et en munitions de guerre ; 3° de la construc- » tion et de rétablissement des ponts mobiles ou des S' passages ca bateaux. >
(lOS. Etat-major de l'artillerie d'une armée. Les divisions d'infaoterie comprenant plusieurs baUeries, cette artillerie est commandée par un chef d'escadron , auquel est adjoint un capitaine, ainsi qu'un garde d'artillerie pour le parc de la division , lequel est conduit par le train des parcs.
La réserve centrale étant composée d'un assez grand nombre de batteries , elle est commandée par un colonel ou par uo lieutenant-colonel , ayant sous ses ordres des chels d^escadrou, pour commander des fractions de la réserve^ d'autres officiers lui sont adjoints.
Le grand parc est commandé par na officier général «a supérieur, ayant sous ses ordres un sou s- directeur, d'autres officiers supérieurs, des capitaines , des gardes d'artillerie, un maitre ou un chef arti&cier pour la confection des munitions et des artifices de guerre, des batt»-ies d'artillerie pour le service du parc, des compagnies d'ouvriers pour les réparations à exécuter dans le parc, et des compagnies du train des parcs pour l'atteler. Des officiers de santé sont attachés aux parcs, pour tout le personnel d'artillerie.
« Un officier général , commande en chef l'artillerie de
V ràrmée ; un autre ofBcicr général ou supérieur est chef
> de Fétat-major ; des of&cîers supérieurs et autres sont
> adjoints à Tétat-major d'*artillerie.
> S'il est formé un corps d'armée destiné à agir iso-
> lém£t , Fétat-major de Fartillerie de ce corps est or- » ganisé comme ci-dessus, avec cette différence que le » commandant , le chef d'état-major et le directeur du » parc doivent être moins élevés en grade ou moins an«« » ciens que les oi&ciers revêtus des emplois correspon- » dans dans l'état-major général de l'artillerie de l'armée :► dont dépend ce corps. >
406. Les différens officiers employés à l'état-major del'artillerie ont cha:cun des fonctions distinctes.
Le commandant en chef a l'autorité sur toutes les trovtpes de l'artillerie et peut changer la répartition du per^ sonnel et du matériel , avec l'approbation du commandant en chef de l'armée ; il donne des ordres au commandant de l'artillerie des divisions ou des corps d'armée, et en reçoit les rapports; la réserve centrale et le grand parc ne reçoivent des ordres que de lui.
Le chef d'état-major est chaîné de la communication des ordres et reçoit les rapports ; un officier supérieur est chargé du personnel , un autre du matériel.
Le directeur général des parcs est chargé des approvisionnemens en munitions et des rechanges; il règle les transports , centralise la comptabilité et il est ordonnateur des fonds.
Le directeur des parcs d'un corps d'armée , lorsqu'il en existe , centralise ce qui est relatif à ce corps , ei le transmet au directeur général.
Le commandant d'artillerie reçoit directement ou par l'interinédiai|e du chef d'état-major , les ordres du général commandant la division , pour tout ce qui est relatif aux marches militaires ; il lui communique les ordres qui lui
sont donnas par les oQiciers supérieurs ou gcaéranx de rartillerie, relativemeut au personnel ou au matériel ; il adresse régulièrement ses rapports au chef d'état-major de rartillerie et au directeur du parc.
ft07. Marchet et convois. Avant de pouvoir CTipIoyer rartillerie sur les champs de bataille, il est nécessaire de Vy cûoduire, et cette partie du service des officiers d^arlillerie demande de leur part une grande surveillance dans les détails les plus minutieux , parce que la moindre &Ute , la plus légère négligence entraînent quelquefois les pins graves accldeoa.
L'officier d'artillerie chargé du commacdetncnt d'un convoi ou d'une batterie , doit vérifier l'exactitude de l'inventaire, reconnaître Tétat des voitures ;-des approvîaionnemem, des rechanges et la solidité du chargement. La seule inspection ne suflît pas pour s'assurer que les voilures sont eu état de faire roule; les roues, surtout, doivent être examinées ayec attention; à cet cïTet, on frappe avec une petite masse sur chaque rais , la nature du son indique ceux qui sont fendus ; on s'assure que les tpaulemens à la patte et à la broche, touchent la jante ou le moyeu ; si cela n'a pas lieu, la roue a besoin d^âtre châtrée ; on s'assure que les frettes et les cordons ■ont bien assujettis, que les bottes nebalottcnt pas dans les moyeux. On sonde avec une pointe à tracer les pai^ lies en bois près de leurs assemblages, parce que l'eau peut s'introduire par les joints, y séjourner et pourrir les pièces de bois ; c'est par là que les voitures périssent le plus ordinairement. On examine s'il ne manque aucune clavette, chaînette, rondelle, esse ou lanière. L'oflGcier doit vérifier l'armement et l'assortiment, examiner les coffres à munitions, s'assurer qu'ils ne tamisent pas, examiner aussi les crochets d'attelage, les supports de bout de timoQ , etc. ; il s'assure que ces voitures sont pourvues
SERVICE EN. CAMPAGNE. y^J
de la quantité de graisse nécessaire , qui est de \ de kilogramme par voiture à quatre roues.
408, Fîsite du chargement L'officier doit s'assurer que tout ce qui est porté à Tinventaire en munitions , outils, et rechanges existe, et faire remplacer ce qui manque ; il examine la qualité des munitions et s'^assure que le chargement est dans Tordre voulu. Si le convoi est une batterie, le meilleur moyen est de faire charger un coup à chaque bouche à féu , et de faire le simulacre de tirer, pour être assuré de Faccord des petits détails qui pourraient échapper autrement. S'il n'y a pas de garde , l'officier d'artillerie en désigné un parmi les sous-officiers. Le capitaine commandant une batterie doit en faire luimême la visite.
Avant chaque départ, le commandant vérifie si les réparations et les changemens prescrits ont eu lieu , il s'assure que toutes les voitures sont bien attelées, que les pièces destinées à combattre le sont à six chevaux; il donne des ordres pour la marche en cas d'attaque, et fait partir un offièicr à l'avance, pour faire les logemens et reconnaître l'emplacement du parc.
409. Dans un convoi, les bouches à feu marchent à la tête des batteries ; - la section des obusiers est placée au centre ou la dernière ; chaque pièce est suivie immédiatement de son caisson ; viennent ensuite les autres caissons , puis les àffiïts de rechange ^ les chariots de batterie , les chariots de parc et les forges. L'on doit toujours marcher sur une seule ligne , tenir la droite de la route , et ne jamais^ la traverser sans nécessité.
Lorsque plusieurs officiers d'artillerie font partie du convoi , ils sont répartis le long de la colonne , ainsi que les sous-officiers et les canonniers ; le commandant fait marcher un officier ou un sous-officier à l'arrière-garde, avec un trompette, et convient des signaux auxquels le
5^4 OilGANISATIOH, EHPLOl ET SBHVICE.
convoi devra partir ou s'arrâter. Si l'on doit voyager sur un chemin de traverse , on se procure un guide qui puisse indiquer le chemin et la position des villages par lesquels, ou près desquels on doit passer.
Le commandant ne fait partir le convoi que quaud toutes les voitures sont atlelées, et voit Jéfilcr tout le parc ; il règle l'allure de manière à parcourir ^ooo" pa^ heure , va souvent de la tête à la queue et s'assure qu'il n'y a rien d'étranger sur les voitures, excepté le fourrage. Il doit voir, dans les lieux qu'il traverse, les comman— dans et les officiers d'arlilleric, afin desavoir s'ils n'ont pas d'ordres à lui communiquer.
410. S'il arrive un accident à une voiture, on la fait sortir de la file et réparer par les ouvriers ; c'est pour cela que les forges sont placées à la queue ; si la réparation doit être longue , et si la Toiture peut marcher à vide , ou en répartît le chargement sur les autres voitures ; 61 non , on la laisse sur un reçu , aux autorités civiles on militaires voisines. Après trois quarts d'heure de marche, et ensuite d'heure en heure , on fait des haltes de dix minutes environ, pendant lesquelles les voitures en retard peuvent rejoindre- Dans les longues montées, on fait de temps en temps caler les roues pour laisser soufQer les chevaux et on met plus d'intervalle entre les voitures ; si l'on jug§ la montée trop rapide , on peut doubler les attelages et monter en ' deux fois ; lorsqu'on arrive au commencement d'une descente , le chef du convoi fait enrayer promptement , afin que le retard de chaque voiture n'arrête pas tout le convoi ; on ne doit pas placer la chaîne près des joints des jantes , pour éviter de les faire éclater. A la sortie d'un défilé, on s'assure qu'aucune des voitures n'est restée ea arrière. Si l'on ne peut éviter de passer par les lieux habites, on prend des précautions contre le feu; si l'on
•a des munitions , on fait éteindre les feux , et si les barils tamisent, on fait arroser les rues.
Pour parquer , on choisit des lieux où Ton ait de Teau y on se place au-dessus du vent des villages , et Ton ne laisse établir de feux que de ce même côté ; Ton fait parquer hors de la route, si cela est possible, dans le cas contraire, on fait doubler* les voitures.
411. Escortes. Lorsqu'on est près de Tennemi, une escorte est nécessaire pour la sûreté du convoi; elle doit être composée en grande partie 'd'infanterie.
< Si le convoi ne se compose que de munitions de :> guerre, le commandement en appartient à Poi&cier d'ar- » tillerie , pourvu qu'il soit d'un grade supérieur ou même » seulement égal à celui du commandant de l'escorte. Dans » tous les cas , le commandant de l'escorte défère autant :> que la défense du convoi lui parait le permettre aux » demandes de l'oi&cier d'artillerie , en ce qui concerne » les heures du départ , les haltes , la manière de parquer » les voitures, l'ordre à y maintenir, et les sentinelles ^ à placer jTour les garantir d'accident (*). »
Le commandant divise l'escorte en trois parties , une avant-garde, une arrière -garde et un corps plus nombreux sur le flanc du côté de l'ennemi; il doit faire fouiller exactement les lieux couverts; si l'on n'a pas d'infanterie , on emploie pour la remplacer les canonniers eux-mêmes. Quand on doit faire de grandes haltes , on ne dételle pas les chevaux, et on prend les mêmes précautions que sur les routes ; on fait fouiller les lieux environnans, les bois, leis villages, etc.
Si l'on craint une attaque, on parque en carré, les arrière-trains en dehors , afin que les chevaux soient garantis et qu'ils ne puissent entraîner les voitures; on met
(*) Ordonnance de 1832 sur le service des années en campagne.
ij(» OBÇANISATIOS , EMPLOI ET SEflVICE.
<Iii canou aux angles et Toa place les poudres au ceulre.
En cas d'atlaque , les canonuiers font serrer les \oitures et l'on continue à marcher, ou Lien l'escorle se masse et tient tùto pendant que le convoi continue sa route; si l'on est serré de près et qu'on espère être bientôt soutenu , on fait, comme pour partjucr, un quatre de voitures sur plusieurs rangs, avec du canon aux angles; rcscorle se retranche derrière les premières \oilures et fait feu.
Ui2. Parc. L'emplacement du parc choisi par l'officier qui a été en avant, doit être d'un abord facile, rapproché du logement de la troupe, mais à loo" au moius des lieux habités, crainte d'incendie; les voitures sont placées à deux pas de distance et les Gles assez éloignées pour que les attelages y arrivent facilement; on place les bouches à feu en première ligne; en deuxième ligne, les caissons derrière leurs pièces , dans une batterie ; un caisson derrière chaque pièce , dans un convoi ; en troisième ligne , les autres caissons , qui peuvent occuper plusieurs rangées ; ensuite les caissons d'infanterie , les affûts de rechange , les chariots de munitions , les chariots de batterie; les forges, si Ton doit s'en servir , se placent à loo" au moins et sous le vent du parc.
On place des sentinelles assez voisines pour quelles puissent se voir et s'entendre, aucun étranger ne doit pénétrer dans le parc; rien n'en sort sans Tordre du chef de poste , qui accompagne toutes les personnes , même celles qui ont droit d'y entrer ; la nuit les sentinelles sont doublées.
Après avoir pat-quc, on fait une visite des voitures du convoi et de l'état des munitions ; on ouvre les caissons, s'il fait sec; ou place des cales sous les roues , si le terrain est Immide. Les batteries qui font partie de l'ordre de bataille campent sur la même ligne que les autres troupes, et les bivouacs s'établissent sur les mêmes bases.
ïj'*empîacement du parc dépend des vues du général en chef, de la nature du terrain et de la disposition des troupes ennemies. Si Ton n'est pas en ligne devant l'ennemi , il faut choisir un emplacement à Tabri d^une attaque imprévue, dans un lieu saliibre , commode et facile à approvisionner , surtout pour les fourrages , et à proximité de Peau.'
L'artillerie peut employer, pour chercher le fourrage, des chevaux avec des voitures argricoles. Quatre chevaux peuvent conduire ainsi la nourriture de quarante chevaux pour ^4 heures, c'est-à-dire, deux fois et demie plus qu'en le portant à dos.
413. Arrivée sur le champ de bataille. Le choix des positions les plus convenables à chaque arme étant de la plus grande importance pour décider du résultat d'une action , il est nécessaire que les chefs de l'artillerie précèdent les batteries pour reconnaître les emplacemens qu'elles doivent occuper. Près d'arriver sur le champ de bataille, les pièces d'une batterie, suivies chacune d'un caisson et du personnel nécessaire à leur service , se séparent des autres caissons et voitures qui forment la réserve. Le commandant de la batterie et les lieutenans conduisent les pièces. Le capitaine en second reste à la réserve , et a sous ses ordres le sous-officier qui fait fonction de garde , et les canonniers qui ne sont pas employés à l'exécution des bouches à feu.
Tous les servans doivent être à leur poste , munis des armcmens , les mèches allumées ; la réserve s'établit , autant. que possible, dans un lieu où elle soit à l'abri des coups et des tentatives de l'ennemi , en profitant pour cela des accidens du tercain, etc. , mais elle doit être assez à portée , pour que le remplacement des munitions soit prompt et facile. Les parcs des divisions restent toujours à une certaine distance du champ de bataille.
3j8 ORGANISATIOS , mPLdl ET SERVICE.
La ballenc continue à s^atanccr vers lo poin\ ijui lui a , l'it; assignv clans l'ordre de ItaUÎlle ; les conimandsi» | li'arlillorie tlps ilivisioiis cl les rheù de halieric prennent J les dcvans cl vonl , accompagnes de qudfjoes oQîaen ^ i snus-olTicicrs ou brigadiers montés , reconnaître la position. J cl marquer l'emplacement de leurs pièces.
h\h. Choix (hs pvsitiom. Le choix de remplacement des liallcrîcs sur un cliamp de Lataillc, csl trèa-iinpor— lanl , surtout iclativement à la position de rcnnemî ; il ^ faut, uutanl (juc possible , qu'elles puissent voir le tci rain dans toute l'étendue de leur tir et qu'elles soient 1 audelà de ta portée du fusil de tout ce qui pourrait bcp- J \!r d'abri ù l'infanterie; dans le cboix des positions, il faut aussi considcror la nature et la forme du sol de lit i baltcric, du terrain en avant et de celui par lequel on doit se retirer. Pour la facilite et pour l'exactitude du pointage, il faut que la ligne de plus grande pente du sol sur lequel les roues reposent, QC soit pas trop oblique par rapport à la dircctiou du tir. Un terrain gras ou peu uni , rend les inouvemens à bras de la pièce lents et pénibles pour les canonuiers; un terrain pierreux est dangereux, parce que les boulets ennemis qui le frappent ibnt -voler les pierres en tous sens.
Si lo terrain en avant est trop nui, ou en forme de gorge, la batterie est Tégout des projectiles de l'artillerio ennemie \ un terrain accidenté empècUe les ricocbeU ; un ressaut arrête les boulets ; un sol ondulé empêche l'ennemî de voir les points de chute de ses projectiles et de rectiHer les portées ; il juge presque toujours ses coups \ioç haut, lorsque le sol se dérobe à sa \ue ca arrière de la batterie. Mais si le terrain ne se relève pas dans le lointain ^ ]a batterie se dctaclic sur le ciel , et toutes ses parties étant faciles à distinguer, même à de grandes distances, la direction du tir de l'ennemi devient plus assurée.
SEftYICE EN CAMPAGr^E. 3^9
En retirant tfn peu la batterie, en arrière de légers réplis de terraii^ ,' on la dérobe à la yùe de renncmi , mais on ne doit profiter d^un tel abri que lûrsqu^on ne fait pas feu ; car si on se retirait ainsi , pour mettre i couvert les parties' les moins élevées des bouches à feu , le tir deviendrait rasant près de l'arête couvrante et fe. trajectoire du projectSe, sensiblement refévée (f4f)^ augmenterait les portées d^une manière très-tariablé d^ûn eoup à un autre, de sorte qtfe le* tir dé la batterie serait très - irrégulier , et lu chance d^atteindre Tennemi deviendrait presque nulle. Mais cet abri peut être utilisé pour les attelages et pour les avant-trains; et lorsque le couvert est suffisamment prolongé, la réserve peut se placer à ùùe petite distance de la batterie.
4fS. On occupe de préférence les positions qui dominent Fentiemijf mais on évite cefles qui font voir la surface du terraîd qu^it occupé, sous utie inclinaison plus, grande que 7^,, afitt que les coujps ne deviennent pas trô^ plongcans, et qu^au contraire le ricochet soit rasant et produise plus dWet. Si lé terrain est horizontal, il y a avantage à s^approcher , parce que le ricochet relève peu les projectireâ ; mais eii terrain accidenté , la plus courte distance n^est pas toujours la pllis faviorable au tir, inclinaison du terrain pouvant rendre les coups plongeans , tandis qu^un peu plui^ loin ils seraient rasàns.
S'il Y a en avant ôa sur* les £fakics dé* la position , liit vallon , un chemin creux , un bois du un viltage , on se pBace de mani&:'e à pouvoir" fes fiàttré', pour qu ils ne fiiciKtenf pas Papproche deâ côlbnsléS dé Fcnnemi. On établit les pièces de gros calibre dans les positions qui ont le champ de tir le plus ëténtlii , afin de profiter de leurs, grandbs portées et de battre^ pendant plus long -temps les troupes ennemies. On évite de placer l'artillerie en avant d^une tronpe, pour ne pas offrir un double but à.
38o UIir.AMSAXIUH , tnPLUI ET SERVICE.
rennemi ; par la même raison , on ne place pas les pièces SUT des Lauteurs en arrière delà ligne, pour tirer pardessus les troupes , que d'ailleurs celle dispositîou inquiète.
Lorsque la Laiterie ne doit pas faire feu sur-lc-cliamp , on clierclie à dérober les pièces aux vues de l'enuenii juscpi'au moment du tir, pour ne pas les exposer sans nécessilé , à son feu. Tout le terrain environnant doit être bien reconnu lorsqu'il est coupé, afin qu'on sacbe par quels points l'ennemi peut arriver sur la batterie, et ceux par lesquels celle-ci peut marcber à lui ou se retirer. Lorsque les passages sont peu nombreux, on clierchc à rendre impraticables ceux par lesquels la cavalerie ennemie peut arriver, et au contraire à rendre plus faciles ceux par lesquels on doit passer, pour quitter la position.
416. Exécution du tir. L'espèce de tic à employer de préférence, dans les difTércus cas qui peuvent se présenter , dépend de l'effet moral ou physique que l'on veirt produire; le tir a boulet et le tîr à obus agit plus fortement sur le moral du soldat, que le tir à balles ; quant à leurs effets pbysiqnes , ils dépendent de différentes circonstances indiquées précédemment ou de l'ciTct du tîr à balles, comparé à celui du tir à boulet et à obus. (142 à 146, 154 à 156, 170 à 175).
Eu géuéral on tire à boulet ou à obus contre des troupes éloignées ou formées sur plusieurs lignes , en masse , eu colonne , ou quand on peut enSler des lignes ou les prendre d'écbarpe, a£n d'obtenir des effets d'une intensité suffisante , sur toute la profondeur des troupes de rennemi.
Lorsqu'on est placé dans le prolongement d'une ligue de troupes , on peut d'un seul coup renverser un graad nombre d'hommes (148); l'intensité de cet effet peut compenser celui des déviations, sur un but de peu de largeur , mais qui , vu la longueur de la ligne , peut être considéré comme ayant une grande hauteur ; quaud ou tire
dans une directÎQu qui s'éloigne de celle des troupes , Teffet des déviations latérales est diminué , et ce tir peut présenter plus d'avantages que le premier.
417. Lorsqu'^on est combattu par Tartillerie ennemie, on doit éviter de tirer sur des objets très-éloignés de sa direction , pour présenter moins de chances d'être atteint; par la même raison y si l'on était pris en flanc , on ferait faire un changement de front à toute la batterie ou à quelques pièces ; on les éloigne les unes des autres d'une quantité plus graude que Técart moyen des projectiles , à la distance où l'on est (143, 170) et égale s'il est possible à leur plus grand écart (144) ? afin qu'un coup dirigé sur une pièce , n'ait que peu ou pas de chances d'atteindre la pièce voisine.
418. Pour démonter le canon ennemi, on se place obliquement à la direction de ses pièces et à la ligne sur laquelle elles sont placées , de manière que chacune offre au tir une plus grande surface , et que leur ensemble présente un but continu. On tire à boulet , de manière à démonter les pièces; mais si l'ennemi s'avance pour se placer à une distance moindre que le but en blanc , cas où il est difficile de régler la hauteur du tir , le tir à balles serait avantageux , surtout au moment où l'ennemi ferait demi-tour pour se mettre en batterie.
419. On tire à balles sur les troupes déployées ou épar« ses , surtout quand on est à des distances moindres que le but en blanc , distances auxquelles il est difficile , aitisi qu'on l'a dit (418) , de régler la hauteur du tir ; mais on ne tire jamais au-delà de8oo" pour le canon de 12 , de 700" pour le canon de 8 et pour l'obusier de 6^ , et de 600" pour l'obusier de 24 (1S6, 17S); les effets sont alors suffisans et répartis sur une grande largeur. On tire à boulet sur la tête des colonnes qui s'avancent, afin d'agir sur le moral des troupes , et sur le centre de celles qui se retirent, afin d'augmenter les chances d'atteindre.
l*our ébranler une tronpc d'infaDtcric dffioyte, on & avance sur elle jusqu'ù ^■'ooa Soo'et od tire à balles ; on poufruit encore s'inancrr plus près , si le terrain a était pas liiTorablc au rîcoclict et si l'on n'avait pas à craindre le fcii des lirailletirs sur In flancs ; aussitôt rjne l'ennemi s'cloigae, on tire Su boulet.
'(20. LctirA obus est employé avec avantage contre les cavaliers , parce que le bruil de l'explosiuii efYrâjc les dievaux , et que le but étant plus élevé , Ips éclats ont plus de chances de ratteltidre. Un obus qai éclate au milieu des ran^ de riniaiitertc , atteint moyciiueDient quatre hommes.
f|21. Les distanccâ ne pouvant pas être appréciées avec esactitude, et la chute des projectiles étant assez difficile à observer, pciidantle combat, il n'est pas facile de détcrmiucr les hausses convenables à la position de l'ennemi et de Tatteiadre de plein fouet. Dans le tir rasant ou parallèle au sol , sur les terrains qui ne sont pas trèsaccidentés , les projectiles ricochent et conservent juaqa^à de grandes distances, assez de force contre des hommes ou contre des chevaux (l^l8); aussi sur ces terrains il est avantageux d'employer un tir rasant quelle que soit la distance des troupes de l'ennemi; les projectiles nes'élèvent généralement pas plus que la liauteur d'unhomme, au-dessus dusol, et la chance d'atteindre est à peu près aussi grande que par le Ur de ploia fouet , même lorsque les distances sont connues. Pour obtenir de bons effets, il ne faut pas ii«er sous un angle de plus de n." avec le s<d ; on pointe divectcment, mais un peu bas pour les distances qui ne dépassent pas 900 ou 1 000" ; au-delà , on tire à ricochet sous l'angle de 1*, jusqu'à unedistaace de 1600 à 1700"». qui est la limite de ce genre de tir sur les terrains les plus favorables.
422. Dans les différens tirs, il vaut mieux tirer un peu trop bai que trop haut , à cause de l'effet moral qac
SERYIGE EN CAMPAGNE. 183
produisent les projectiles qui ricodieDt^ et parce que robservation du point de chute permet de rectifier le lir. n &ut, en général, réunir le feu de Fartillerie sur un point déterminé de la batterie ou de la ligne ennemie, et ï)attre successivement d^autrcs parties ; on frappe ainsi le moral et on produit plus d^effiet qu^en éparpillant son feu. n est important de veiller au bon emploi des munitions f. dans des engagemens partiels et de peu d^impor- ■ tance, et surtout lorsque Pennemi est trop éloigné ou -que les circonstances ne permettent pas de lui faire éprouver <le grandes pertes , afin de ne pas consommer des munitions dont on manquerait lorsquVUes seraient le plus nécessaires ; aussi, les commandans des batteries doivent insister auprès du général , pour ne pas faire feu dans des circonstances peu favorables ; auttrement Tapprovisionnement d^une batterie serait facilement consommé en moins de temps que ne durent les préliminaires d^uit <;ombat, et avant que Ton ne fut à bonnie distance.
Cependant, quelquefois, pour relever le courage des troupes ou pour étourdir le soldat, on tire dans le but de faire beaucoup de bruit; on peut aussi tirer sur un petit nombre d^bommes isolés , quand on soupçonne quVn groupe renferme un personnage important. On ne doit tirer , ni trop tôt, ni tcop vite, surtout si Ton n^a pas la certitude de pouvoir remplacer sur-le-champ les munitions ou d^obtenir un effet très-avantageux.
423. Mou{femens sur le champ de bataille. Le commandant de IVrlillerie d^une division ou d^nne batterie , cherche à connaître les mouvemens que doivent exécuter les trovpes auxquelles il est attaché ; il examine le teiv rain environnaut et les mouvemens de Tennemi, pour juger ceux qui nécessiteraient un changement de position, qu^il peut faire exécuter de lui-même, dans les cas ui'gens, sans attendre tes ordres que les officiers généraux n^ont souvent pas le temps de lui donner.
il8^ niic.tniSATion , emploi et ;<
'i2'i. Qiiaml on doit attnqiier un point particulier de lit' ligne ennemie , il faut tirer sur les olistaclcs , tels que le» 1 retraocliemcns , les maisons, les barricades , les haies qo^l 9''Dpposc raient à lu marche des troupes assaillantes , liror sur l'artillerie ennemie, si elle peut battre avecavait-'l lage les colonnes d'attaque. On tire tant qu'on ii'ÎDCom—T mode pas ses propres troupes, et pour le faire plus long- J temps , on place rartillerie hors des directions des chemiar que doivent parcourir les troupes.
Les batteries ne doivent pas quitter leurs positions , dam le but de se rapproclier de l'ennemi d'une petite distance j la perle de temps qu'occasionnerait ce mouvement ne^ serait pas compensée ; aussi il ne devrait être eOecItféi I qu'autant que la nouvelle position serait plus avant»- " geuse. Tous les mouvemens de l'artillerie sur le champ de bataille , sont d'ailleurs subordonnés à ceux des antres armes , de manière qu''elle soit toujours soutenue jiar les troupes, et qu'elle ne les gène pas dans leurs mouvemens.
Lorsqu'il est avantageux de faire un mouvement en avant ou eu arrière , sans cesser de faire feu , une partie des pièces continue le tir, pendant que les autres se portent à une certaine distance vers la nouvelle position; cdles-cl font feu pendant que les premières exécutent le même mouvement , qui exige au moins 30" par 100 mètres et i' pour remettre et ôter Tavant-train et pour faire les demi-tours.
Ui^, Si les troupes se forment en un carré, les caissons se placent au milieu et Jes pièces aux angles ; cette dispositioa doit être prise avant le moment de l'attaque que l'on redoute, pour ne pas causer du désordre; lorsque plusieurs carrés forment une ligne et se flanquent réciproquement , les batteries peuvent se placer dans les angles morts des carrés, sur le prolongement des diagonales.
On n^abondoimc ses pièces qu'à la dernière extrémité ,
SERVtCE EN GABB»AGNE. 385
el encore dass ce cas on cherche à les reniÂte imttiles à reauemî en les endousaât , en emmenant ou eh brûlant les munkîoBS , en mettant hors dé service les roues des afiuts j et en emportant les principaux armeme^.
Les batteries peuvent être traversées par des charges de cavalerie , sans être perdues pour cela. Les canonniers se serrent entré les flasques el les roues et s'y défendent ; les canonniers conducteurs mettent pied à terre et se placent entra leurs dievaux. Les Canonniers à cheval cherchent à i^emonter à cheval et à se rtfUîer pour débarrasser les chevaux et les conducteurs,, et reprendre leurs pièces.
426. Si Ton vpuliiît pouvoir partir inamédiateknent après le fhu, on ferait mettre à la prolonge et monter les hommes , aussitôt après qu^ils auraient rempli leurs fonctions ; on pourrait ainsi &ire feu jusqu^à ce que Tennemi fût à trèspetite distance y si le terrain ne présentait pas d'obstacles et qu'on put se retirer par un mouvement rapide.
427. Aussitôt qu'un caisson est vide> on le renvoie à la réserve sous la conduite d'un sous- officiel? ou d'un brigadier qui en ramène ua chargé y et pour ne pas être dépourvu de munitions à la batterie pendant le temps de cet échange , on n'ouvre qu'un caisson par section. On peut envoyer de la réserve des avant^trains s^uls potùr remplacer à- la batterie les avant-tt^aiûis vides. Quand on doit exécuter un passage de défilé, on passe d^abord' avec les pièces seulement , le ooffire de l'avant-train suffit pour commencer le feu ; les caissons viennent ensuite.
428*. Les munitions des troupes d'infanterie et dé cavalerie ne sont délivrées , pour la régularité des distributions, que sur l'ordre du lieutenant général commandant k division; mais pendant le combat, elles peuvent Pétre sur l'ordre du chef qui commande les ttt)upes.